Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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jeudi 20 août 2020

❤️❤️ "Rosa" de Marcel Sel

 



  

Un coup de cœur pour Maurice ! 

 

 

Maurice, un trentenaire qui se cherche, enfin qui voudrait devenir écrivain ; depuis tout petit.

Il écrivait des poèmes qu’il déposait délicatement sur le bureau de son père dans l’espoir d’être lu et enfin reconnu…

Albert Palombieri, le Père, propose un contrat à son fils ; à raison de 30 euros par page il lui demande d’écrire un roman. 

Et pour se venger de ce père avec qui les relations sont compliquées et basées sur des malentendus, Maurice décide d’écrire ce roman, il va retracer l’histoire de sa grand-mère Rosa, la mère d’Albert. 

Cette mère qui est partie, dont on n’a jamais parlé au petit Albert.

Giorgio - dit Nonno, le grand-père avait, au cours de l’adolescence de Maurice, raconté toute cette histoire que l’apprenti écrivain avait noté dans ses carnets, et aujourd’hui Maurice décide de les ressortir pour tout révéler et tout écrire. 

 

 

J’ai aimé la construction du roman où l’on suit Maurice dans sa vie et dans sa relation avec son père, et lorsqu’il envoie un nouveau chapitre de son roman on le lit et ainsi on découvre la vie de Rosa, cette jeune femme pétillante, nait sous le fascisme de Mussolini et disparue pendant la seconde guerre mondiale. 

 

 

J’ai aimé me promener en Italie, découvrir les paysages des montagnes, la cuisine, mais aussi cette période que je connais si mal d’entre-deux guerres. 

Je me suis attachée à Rosa, à Giorgio, à leur rencontre, leur amour, mais aussi une certaine commode bleue, une sauce tomate particulière…

 

 

Lorsque Maurice veut écrire une scène de séparation sur un quai de gare, il va passer quelques heures à la gare de Bruxelles pour voir des amoureux se séparer, se dire au revoir, j’ai tellement aimé cette façon de faire, d’observer, pour ensuite retranscrire les émotions, les gestes. 

 

 

C’est une écriture délicate, qui prend aux tripes et nous embarque. 

Un roman que j’ai aimé, infiniment ; un auteur que je veux lire encore (commande déjà passée 😊)


"- Et Dieu ? s'insurgea la jeune rousse qui les aurait bien mariés dans l'heure. 
- Tu m'as déjà vue aller à l'église ? Faire un signe de croix ? rétorqua la Genovese. Tu veux me juger ? 
Rosa baissa les yeux. Elle fit non de la tête. Giorgio, lui, était charmé. Ces deux-là vivaient leur histoire, vraiment. Pour eux, rien n'était jamais sûr. Pas de contrat. Pas de serment. Ils étaient liés par leur seule confiance mutuelle, par leurs seuls sentiments. Il leur dit qu'il trouvait ça beau."

ONLIT éditions, 301 pages. Février 2017 



mardi 6 février 2018

❤️ "L'enfant perdue" de Elena Ferrante


Et voilà le quatrième et dernier tome de la très célèbre saga napolitaine où l'on retrouve, non sans plaisir, les familles de Lila, Elena ainsi que tous leurs amis/ennemis/connaissances depuis l'enfance.

Nous avions laissé Lila s'installer avec Enzo de retour dans leur quartier natal et créant une entreprise d'informatique; pendant que notre narratrice (re)tombait dans les bras de son amour de jeunesse, Nino au détriment de son mariage et de sa vie de famille.

Tout en continuant sa carrière d'écrivain, Elena vit sa vie amoureuse passionnément, elle voyage énormément et passe de moins en moins de temps auprès de ses filles. Elle se pose beaucoup de questions sur les priorités qu'elle doit se donner, sur ce qu'elle veut/doit faire.
Les relations avec sa famille vont beaucoup pâtir de ses décisions.

Pendant ce temps Lila développe son entreprise tout en étant toujours à couteaux tirés avec la famille Solara.

Les relations des uns et des autres continuent d'évoluer avec le temps, l'âge, les enfants qui grandissent, mais aussi l'Italie, le monde, la politique.

Je ne peux évidemment pas trop en dire et ne peux pas résumer ce dernier volume, je ne voudrais surtout pas gâcher le plaisir de lecture des uns et des autres.
Simplement nos deux héroïnes vieillissent, et à la fin nous revenons au début du premier roman, là où tout a commencé, lorsque Rino le fils de Lila appelle Elena pour lui dire que sa mère a disparu, et c'est à ce moment qu'elle décide de raconter leur histoire.

J'aime évidemment, je l'ai dévoré.
J'aime m'attacher à ces deux femmes si différentes et en même temps si humaines, ses deux amies qui s'aiment et pourtant se jalousent, s'envient, jusqu'à se faire du mal, parfois, et pourtant toujours là l'une pour l'autre.
J'aime cette vie de quartier, une époque bien particulière, ces femmes qui viennent de si loin et font tout jusqu'au bout.
Nous ne ferions pas tous les mêmes choix, ou ne prendrions pas les mêmes décisions mais c'est ce qui rend nos personnages si vrais, si touchants.

Bref je ne peux que recommander la lecture de la fin de cette sage, une page se tourne, je suis triste de quitter mes amies napolitaines mais heureuse de les avoir connues 😊

Gallimard, 550 pages.

lundi 6 novembre 2017

"Bakhita" de Véronique Olmi

PRIX DU ROMAN FNAC 2017

Elle a sept ans lorsque ses ravisseurs l'enlèvent à sa famille,à son village,à son Darfour natal, elle va traverser le Soudan en marchant, enchaînée ; elle en oubliera son nom et celui de son village.
Ses nouveaux maitres l'appellent Bakhita ; elle sera battue, violentée, maltraitée, telle les esclaves de son époque.
Et puis la chance et le destin lui souriront, elle sera rachetée par un consul italien qui cédant à ses supplications la ramènera finalement en Italie où après de nouvelles péripéties elle entrera dans les ordres, et sera canonisée plus tard par Jean-Paul II.

L'histoire de cette femme est assez incroyable.
C'est une vie de soumission sans renoncement, d'un espoir qui reste vaillant tout au long de son existence. C'est une femme au destin incroyable et qui a su prendre des décisions importantes, et donc prendre sa vie en main au moment où il le fallait. Pour cela elle a été clairvoyante, elle a su déceler dans sa destinée ces tournants qu'il ne fallait pas rater, et sur lesquels il ne fallait pas céder.
Bakhita, qui n'a plus de langue à elle tellement elle a été ballotée, vit dans ses souvenirs, dans les sensations de son enfance, le contact, le souffle. Elle aura toujours un lien très particulier avec les enfants qu'elle aime et comprend.
En Italie même si elle n'est plus physiquement maltraitée, sa vie ne sera pas de tout repos. Tout d'abord sa négritude fait peur, y compris chez les soeurs, et à la fin elle sera encore malmené par ses consoeurs sous prétexte de faire connaître son histoire.
J'avoue avoir été beaucoup plus touché par la fin du livre et les dernières tribulations de Bakhita à un âge avancé, j'ai été choqué par le manque de considération dont elle a été victime, ne serait ce qu'en tant que vieille femme.

Maintenant j'ai tout de même un bémol sur la manière dont le récit est mené. J'avoue avoir été assez déçue par le choix de l'auteur.
J'avais déjà lu plusieurs romans de Véronique Olmi qui m'avaient tous touché et pris aux tripes.
Là, malheureusement je suis restée assez "indifférente", le ton du livre ne m'a pas plu et j'ai trouvé que l'auteur ne s'engageait pas tellement dans cette histoire, je me suis retrouvée simplement observatrice d'une histoire hors du commun qui aurait dû me donner des papillons dans le ventre.
Dans l'ensemble j'ai l'impression d'être passé à côté de ce livre.

Que cela ne vous empêche pas de lire ce livre qui est en revanche très facile, car autour de moi il a plutôt été largement apprécié.

Albin Michel, 455 pages.