Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

Affichage des articles dont le libellé est meurtre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est meurtre. Afficher tous les articles

jeudi 11 mars 2021

"Jolies filles" de Robert Bryndza

 


Le corps d’une jeune et jolie femme est retrouvé très salement blessé dans une poubelle.

Erika Foster, qui ne travaille plus aux homicides, se trouvait avec son amant appelé sur la scène du crime, et bien entendu elle ne peut s’empêcher de vouloir à tout prix travailler sur cette enquête.

Rapidement elle réussit à faire le lien avec le corps d’une autre jeune femme retrouvé plusieurs mois auparavant, lui aussi dans une poubelle et lacéré.

À chaque fois les jeunes femmes ont disparu plusieurs jours avant d’être retrouvées, où étaient-elles tous ces jours, que leur est-il arrivé ? Pourquoi ces traces de coups et ces coupures partout. 

Un mode opératoire se dessine peu à peu sur la manière dont elles ont été enlevées…

 

 

Plaisir de retrouver Erika, notre détective chouchou, plaisir de se plonger dans un roman policier qui fait bien son job, pour moi en tout cas, détente et délice de lecture. 

Ces romans sont toujours une parenthèse récréative entre d’autres lectures parfois plus exigeantes.

 

 

On est rapidement pris dans l’enquête, les détails, les indices, et bien sur les erreurs du tortionnaire. Même si une petite facilité m’a fait sourciller au cours de l’enquête, ça ne me dérange pas plus que ça, on est dans un roman et je ne recherche que le plaisir de l’enchainement des actions et pensées, et parfois un peu de chance ne fait pas de mal à nos enquêteurs. 😉

Bref je valide !!


Belfond, 408 pages. 2021

dimanche 26 juillet 2020

"En attendant le jour" de Michael Connelly




Quel bonheur de faire la connaissance de Renée Ballard la nouvelle héroïne de Michael Connelly, digne successeur de mon détective chouchou Harry Bosch. 

 

 

Renée commence très fort dans ce premier opus. 
Elle est affectée au quart de nuit après une sombre affaire de harcèlement sexuel avec un lieutenant de la brigade des vols et crimes. 
Bien entendu on tombe dans le cliché de la flic qui vit un peu n’importe comment, qui a eu une enfance un peu compliquée avec le décès de son père et l’abandon de sa mère, mais ce n’est pas grave il faut bien que nos flics soient un peu « abimés » pour pouvoir faire ce sacré foutu job !  Parce que soyons honnête ça n’a pas l’air facile tous les jours. 

 

 

Bref, notre Renée est sur plusieurs fronts car lors de la première nuit où nous l’accompagnons elle doit gérer avec son binôme un vol de carte de crédit, une prostituée retrouvée à moitié morte sur un parking et une fusillade dans un dancing….

 

 

Renée comme Harry a son petit caractère et ne laisse pas les choses facilement tomber, elle est têtue et veut aller au bout de ses enquêtes, même si ce ne sont pas vraiment les siennes 🙄  la coquine !

 

 

Évidemment j’ai adoré, je retrouve tout ce que j’aime dans les enquêtes de HB, le procédé des enquêtes, tous les petits détails, l’avancement qui se fait doucement et logiquement, on commence et on ne peut plus poser le livre jusqu’à résolution de l’enquête, et pour courronner le tout Michael arrive encore à me surprendre, il faut dire que je me laisse emmener sans aucune difficulté !

 

 

Avis aux amateurs ! 😉



Calmann-Levy Noir, 430 pages. 
Traduction de Robert Pépin. 

mardi 7 avril 2020

"Petits secrets, grands mensonges" de Liane Moriarty




Dans la petite ville côtière de Pirriwee c’est la fin de l’année et les enfants de 5 ans se préparent à faire leur rentrée de Janvier en classe de maternelle.
Lors de la matinée d’accueil un petit incident entre eux va mettre le feu aux poudres dans les relations des adultes.

Parmi les personnages principaux que l’on suit, il y a la belle, magnifique, Céleste, épouse du richissime et non moins splendide Perry - souvent absent pour son travail -,  et mère des jumeaux Max et Josh.


Madeline est divorcée de Nathan avec qui elle a eu Abigaël, et heureusement mariée à Ed qui lui a donné deux enfants, Fred et Chloé.


Jane, plus jeune, vient d’emménager dans la ville, seule, avec son petit garçon Ziggy et semble cacher un lourd passé. 


Dès le début on comprend qu'un terrible drame est arrivé, qu'il y a un mort, mais nous ne découvrions qu'à la fin de qui il s'agit et ce qu’il s’est passé ; tout le roman nous plonge dans les intrigues de cette petite communauté jusqu’au dénouement finale.


Il est question de violences conjugales, d’abandon, de divorce, d’infidélité, de jalousie, bref tout ce qu’il faut pour avoir son lot de drames.
On se croirait presque revenu dans Wisteria Lane. 

Soyons clair ce n’est pas de la grande littérature, mais un très bon roman qui nous prend et qui nous fait tourner les pages, vite, vite, vite.
Un bon moment de détente en particulier en confinement sous la pluie !



Le livre de poche, 572 pages. Septembre 2016
Traduction de Béatrice Taupeau.

mercredi 16 octobre 2019

"Liquide inflammable" de Robert Bryndza




Alors que la détective en chef Erika Foster fait draguer le fond d'une ancienne carrière inondée à la recherche d'une mallette remplie de drogue, les plongeurs remontent aussi un sac en plastique dans lequel se trouvent les ossements de ce qui était apparemment une toute jeune fille.
Très vite les ils se révèleront être ceux de Jessica Collins une enfant de 7 ans disparu il y a plus de 25 ans.
Erika va se battre pour récupérer cette enquête et tout faire pour retrouver le meurtrier de la jeune fille.
Pour la famille c'est un choc d'apprendre cette terrible nouvelle.
La mère vit toujours dans l'ancienne maison familiale, seule, avec le fantôme de sa petit fille. Le père, lui, a refait sa vie et a eu deux autres enfants. Il y a aussi la soeur et le frère ainés de Jessica qui ont du grandir dans l'ombre de leur petite soeur disparue.

Un bon policier qui nous emmène dans les tréfonds de l'âme humaine, dans les secrets des familles, avec des rebondissements, et juste ce qu'il faut de passion romantique et de blessures profondes.
C'est le troisième roman qui met en scène la DCI Erika Foster, une excellente détective, qui voit dans cet épisode sa soeur débarquer avec ses 3 enfants. Elle doit aussi faire avec l'ancienne détective qui avait mené l'enquête à l'époque de la disparition et qui ne s'est jamais vraiment remise.

Je me suis plongée dedans pour n'en sortir qu'une fois la dernière page tournée.
C'est simple, ça tient la route, et surtout ça détend !!

Editions Belford noir, 416 pages. Septembre 2019.
Traduction Chloé Royer

lundi 7 octobre 2019

"La cage dorée" de Camilla Läckberg




Fay est mariée à Jack avec qui elle a une petite fille, Julienne.
Jack est riche, beau brillant, tout lui réussi.... et il délaisse sa femme qui se sent seule, moche, grosse, abandonnée, faible.
Jusqu'au jour où Jack annonce à Fay qu'il la quitte et qu'elle se retrouve seule, vraiment, sans le sou...
Alors Fay va mettre au point sa vengeance, et rien ne l'arrêtera jusqu'à ce qu'elle y arrive.
Elle est soutenue par sa meilleure amie Chris et par Kirsten une femme elle-aussi maltraitée par son mari et qui recueille Fay.

Nous sommes loin des enquêtes d'Erika et Patrick, que j'aime énormément.

Nous suivons Fay dans sa quête de vengeance tout en faisant quelques aller-retour dans son passé pour essayer de mieux la connaître.
Je reconnais avoir dévoré ce roman parce que l'écriture de Camilla Läckberg est très prenante et je me suis laissée prendre dans l'histoire. En revanche, il est vrai qu'il faut rester large d'esprit parce qu' il y a quelques facilités dans l'histoire.
Fay qui est une femme brillante réussit à monter une entreprise en moins de 3 ans et à se faire beaucoup beaucoup d'argent... les personnes qui l'aident sont très généreuses et prêtes à tout pour l'aider.
Bon clairement il y a des choses qui ne sont pas crédibles, mais si on veut juste passer un bon moment de lecture facile sans prise de tête et ben c'est parfait.

Attention, ici les hommes sont méchants, violents, menteurs, ils trompent leur femmes, les frappent....
Un roman soi-disant féministe, mais je ne trouve pas le personnage de Fay très complaisant, elle est elle-même pas toujours jolie, jolie dans ses actes et hormis accepter qu'elle a vécu une enfance très difficile on a tout de même du mal à croire à la réalité de son personnage.
Mais voilà parfois on a besoin d'un bon roman à l'eau-de-rose, ou d'un thriller/policier "facile".
Donc pour conclure si vous avez quelques heures à passer calé dans un bon fauteuil, sous la couette, ou sur la plage, sans vouloir vous prendre la tête ce roman est parfait !!

Actes Sud, 343 pages. Avril 2019

jeudi 18 avril 2019

"L'empreinte" de Alexandria Marzano-Lesnevich



Alexandria fait des études de droit car elle veut devenir avocate, comme ses parents.
Depuis toujours elle est contre la peine de mort et c'est pourquoi elle choisit de faire un stage dans un cabinet d'avocats en Louisiane spécialisée dans la défense des condamnés à mort.

Le premier cas auquel elle se trouve confronté va changer sa vie, c'est celui de Ricky Langley qui a assassiné le 7 février 1992 le petit Jeremy Guillory âgé de 6 ans.
Ricky Langley n'a pas encore trente ans mais a déjà été arrêté pour pédophilie.
Pour Alexandria c'est un choc qui la renvoie à sa propre histoire.

Ce récit est une alternance entre un compte-rendu journalistique/enquête sur l'histoire de Ricky Langley, comment il est arrivé à l'assassinat de Jeremy, ses trois procès, et l'autobiographie de l'auteur, sa rencontre avec un pédophile, dans sa famille.
Elle manie parfaitement ce va-et-vient entre les deux récits et les rapprochements qu'elle peut faire entre les deux.

C'est un texte troublant, d'une très grande intelligence.
On y découvre les failles de deux familles (je ne peux m'empêcher de noter qu'il n'y a qu'une lettre de différence entre ses deux mots), le poids du secret, des non-dits, l'absence de reconnaissance de la vérité.
Mais aussi les faiblesses de tout un système, de notre société.
Peut-être que les différentes prises en charge ont évolué aujourd'hui, j'ai envie d'y croire, mais malheureusement on découvre tous les jours que le silence est encore très lourd.

Mais ce livre n'est pas noire -pas totalement- car Alexandria voit la possibilité d'une résilience, d'un retour à la vie, ce qui ne veut pas dire oublier ou cacher, au contraire, dire, parler, informer .

Un livre dérangeant mais nécessaire ; une écriture simple, direct.

Éditions Sonatine, 471 pages, Traduction de Heloïse Esquié.

dimanche 30 septembre 2018

"Babylone" de Yasmina Reza


Elisabeth, la soixantaine, organise chez elle une petite fête de printemps où elle invite ses amis, sa soeur et ses voisins du dessus.
Yasmina Reza tire de cette rencontre une petite satire de la société et en profite pour se moquer des marottes des uns et des autres. Chaque personnage étant une caricature de ce qu'il représente.
La soirée se termine, Elisabeth et son mari vont se coucher, mais voilà que leur voisin du dessus revient, il a commis l'irréparable et sollicite leur aide.
Il s'en suit toute une aventure entre Elisabeth et son voisin, Jean-Lino.

L'auteur en profite pour nous raconter des souvenirs sans intérêts de l'héroïne, elle nous parle de personnage dont on ne comprend pas vraiment la raison d'être.

Bref, je n'ai pas aimé ce roman qui n'a ni queue ni tête et est totalement insignifiant pour moi. Je n'ai éprouvé aucune sympathie pour les personnages ni pour ce qu'il se passe. Ce fut une lecture laborieuse car je n'avais pas l'envie d'avancer.
Ce qui sauve ce livre c'est l'écriture qui est bien travaillée, mais honnêtement j'ai du mal à comprendre le prix Renaudot de ce roman

Je ne comprends pas non plus le titre.... Il est fait référence une fois à Babylone dans le texte, est ce que cela en justifie le titre, je me pose la question. Mais peut-être suis-je tout simplement inculte ?!
"Dans un couple, a-t-elle dit, chacun doit s'efforcer de faire honneur à l'autre. Ce qu'on donne à voir de soi rejaillit sur ce que les gens vont penser de l'autre."
"N'avoir personne c'est n'avoir même pas soi-même. Quelqu'un qui vous aime vous délivre un certificat d'existence (ou de consistance). Quand on se sent seule on ne peut pas exister sans une petite fable sociale." 
Folio, 219 pages.

mardi 29 mai 2018

"Le secret du mari" de Liane Moriarty



À Sydney, Cécilia est l'épouse et la mère parfaite ! Présente et active dans sa maison, elle est aussi parent volontaire dans l'école catholique de ses trois filles tout en étant organisatrice de réunion Tupperware. Sa vie est bien remplie, elle est admirée et admirable.

À Melbourne, Tess travaille avec son mari Will sa cousine Felicity. Tous les trois ensemble ils ont monté une entreprise qui fonctionne bien. Liam son petit garçon de 6 ans rencontre quelques problèmes  à l'école avec un autre enfant, mais au-delà de ça leurs vies tournent bien.

Rachel travaille à mi-temps comme secrétaire dans l'école des filles de Cécilia, elle est veuve et grand-mère et sa vie tourne autour de son petit-fils adoré Jacob.

Mais voilà, la vie de Cécilia va basculer lorsqu'elle va découvrir le secret de son mari. Celle de Tess va l'amener à Sydney et toutes les trois, avec Rachel, vont sans le vouloir se trouver liées.

Un super roman de plage à suspens plutôt bien organisé, un vrai page-turner (comme on dit), on se prend au jeu et on ne lâche plus le bouquin jusqu'au moment de tourner la dernière page.

Alors c'est sur que ce n'est pas de la grande littérature mais un très bon livre pour passer un bon moment sans se prendre la tête !

Attention pour les quelques messieurs qui liraient cet article je pense que c'est plutôt un livre "de fille" 😋😋😋😋

Le Livre de Poche, 498 pages.

mercredi 6 décembre 2017

"Ils vont tuer Robert Kennedy" de Marc Dugain


Mark O'Dugain est professeur d'histoire à l'université de Vancouver, spécialiste des frères Kennedy et notamment de toutes les conspirations qui tournent autour de leurs assassinats.
Ce thème est devenu une véritable obsession pour lui, et après en avoir fait sa thèse, il a décidé de mener une enquête sur la mort de chacun de ses parents décédés de manière violente et brutale à une année d'intervalle lorsqu'il était adolescent. Décès qu'il pense être liés au meurtre de Robert Kennedy.

Beaucoup de théorie complotiste, de mégalomanie derrière ce professeur en recherche permanente de ses origines, de l'amour de ses parents et dans la peur et la fuite de l'abandon.

L'histoire débute avec l'assassinat de "Jack", et à partir de là on déroule le fil qui amènera son petit frère Bobby à se présenter au poste suprême en 1968, tout ceci entrelacé avec la recherche du professeur sur le passé de ses parents et notamment de son père ancien résistant français, thérapeute hypnotiseur et très vraisemblablement lié à des services secrets...

On y retrouve mêlés le FBI, la CIA - avec le professeur Godlove et son travail sur la manipulation psychologique - Hoover, Bush père, la mafia, les syndicats, etc.

Au départ j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, à y "croire", puis, finalement, à la moitié du bouquin j'ai été embarquée, happée et me suis laissée prendre au piège du complot et de la manipulation.

Toutes ces théories sont glaçantes et pourtant probablement avérées pour la plupart d'entre elles,  l'image des chefs d'État américain n'en ressort pas tellement glorifiée même si nous n'avions pas vraiment besoin de ce livre pour nous en apercevoir...

Lecture très intéressante d'un point de vue historique, petit rafraîchissement sur la guerre froide et toute cette période post seconde guerre mondiale un peu trouble.

Marc Dugain ne mâche pas ses mots et ses idées, n'a-t-il pas peur de finir avec une balle dans la tête ?! 😉
"De longs mois et de nombreux entretiens avec des chercheurs travaillant sur la question m'ont été nécessaires pour comprendre que Timothy Leary était sous la discrète influence de la CIA. Je l'ai dit précédemment, la CIA et Leary travaillaient, chacun de leur côté, sur le même produit, le LSD, avec des objectifs contradictoires, du moins en apparence, Leary voulait libérer l'humanité. La CIA, de sont côté, avait offert une manne considérable à des universitaires et à des chercheurs en psychiatrie pour prendre le contrôle des individus sans violence, sans intervention militaire."
"Cette femme autoritaire avait opéré son propre diagnostic. Pour elle, son fils souffrait probablement d'un déficit hormonal et d'un déséquilibre psychique qu'elle me proposait de soigner moyennant une somme considérable. J'ai refusé en lui expliquant sans prononcer le mot honni que son fils ne souffrait d'aucune névrose mais qu'il appartenait seulement à une communauté d'individus dont l'objet sexuel n'est pas obligatoirement le sexe opposé. Je lui expliquai aussi que les souffrances auxquelles elle se référait ne tenaient pas à son état mais à la perception de celui-ci par la société et à l'image profondément blessante que celle-ci lui renvoyait." 
"Cet ennemi commun doit ensuite permettre de justifier la démence des moyens alloués pour le détruire. Il doit être assez menaçant pour qu'on puisse envisager d'aller jusqu'au coup d'État pour l'anéantir. Je remarque que cet ennemi est toujours défini au regard des risques qu'il fait penser sur la liberté, prétexte, pour lutter contre lui, à anéantir cette liberté."
"[...], l'inoubliable pourfendeur du mal, George W. Bush, le fils prodigue à qui il a manqué certainement un quart d'heure de cuisson à la naissance et dont le seul héritage est le cancer islamiste." 😂😂
Gallimard, 399 pages.

samedi 18 novembre 2017

❤️ "La sorcière" de Camilla Lackberg


Dixième tome de la série avec Erica Falck et Patrick Hedstrom de la romancière suédoise Camilla Lackberg dans lequel nous retrouvons les protagonistes habituels, Patrick et Erica mais aussi tous ceux qui les entourent avec leurs caractères et leurs petites histoires.

Toujours sur le même modèle il y a l'histoire actuelle et une autre histoire en parallèle qui se passe 300 ans plus tôt et dont le lien ne sera découvert qu'à la toute fin.

Nea, 4 ans a disparu de la ferme de ses parents ; 30 ans plus tôt une autre petite fille, Stella, aussi 4 ans, avait également disparu de cette ferme et avait été retrouvé morte dans la forêt. Existe-t-il un lien entre ses deux affaires ?
À l'époque deux adolescentes de 13 ans, Helen et Marie, avaient été reconnues coupables du meurtre; aujourd'hui Helen vit toujours dans le coin et Marie vient de revenir dans le village...

L'auteur colle de plus en plus à l'actualité en insérant dans son histoire un camp de réfugiés syriens, des adolescents en perdition, pour certain c'est "trop", pour moi je trouve que son récit n'en est que plus riche, c'est bien ce à quoi Camilla Lackberg nous avait habitué mais en plus abouti.

J'ai trouvé l'intrigue très bien menée, les personnages sont plus nombreux et forts ; je me suis bien laissée prendre par l'histoire et emmenée jusqu'au bout.

Un bon roman policier, pas de déception, on retrouve Camilla Lackberg dans son style, avec un peu plus de force.

Actes Sud, 704 pages.

jeudi 16 novembre 2017

❤️❤️❤️ "La serpe" de Philippe Jaenada


PRIX FEMINA 2017

Octobre 1941, c'est le matin et Henri Girard sort du château d'Escoire en appelant au secours, il vient de découvrir, sauvagement assassiné à la serpe son père, Georges, sa tante, Amélie et la bonne, Louise. Les premiers sur les lieux sont les gardiens du château, les Doulet. Très vite les gendarmes sont là, les premières constations, les premiers relevés... et les soupçons se portent tout de suite sur Henri, seul rescapé pourtant présent dans le château au moment des faits.
Mystère et boule de gomme, bah non pas tellement finalement puisque très très vite Henri est arrêté, toute l'enquête se fera à sa charge et après plusieurs mois d'attente viendra son procès et contre toute attente, en un temps historiquement record (moins de 15 minutes) il est innocenté !!!
Bon d'accord mais c'est quoi donc ! Mais oui mais oui...

Philippe Jaenada reprend donc l'enquête, en quelque sorte.
Tout d'abord il nous fait la bio de Henri Girard (devenu Georges Arnaud, célèbre auteur du "Salaire de la peur" !), puis il revient sur le procès et un rapide exposé des faits et enfin il mène sa propre enquête pour arriver à SA conclusion de l'affaire.

J'avoue je ne suis pas du tout objective parce que totalement "in love" avec Philippe Jaenada (je parle de l'auteur bien sûr). J'aime son style, son humour, sa curiosité.
Je suis assise au coin du feu, bien enfoncée dans un fauteuil moelleux, il est près de moi, un verre de whisky à la main, une cigarette allumée et il me raconte une histoire, je suis toute ouïe, fascinée, j'écoute - alors qu'en réalité je suis empêtrée avec un gros livre bien lourd dans les mains - mais il me fait cet effet là.

Voilà, donc ! Philippe (j'ai envie d'être un peu familière) enfile son imperméable de Columbo - et les verres de whisky (!!) - et part à Périgueux trouver de nouveaux indices et surtout se plonger dans les archives de l'Affaire.
Ainsi on avance pas à pas dans l'enquête, au milieu des digressions que l'on aime (que l'on attend ?), un peu de sa vie privée (très auto-critique et sans compassion avec lui-même), un peu de ses deux précédents romans ("Sulak" (qu'il va vraiment falloir que je lise) et "la petite femelle" (quoi vous ne l'avez pas encore lu ??!!)), toujours autant d'humour, beaucoup de recherches et de travail et une écriture passionnante. Un vrai polar mais dans la vraie vie !

Soyons sérieux.
On découvre une justice un peu étrange, tout d'abord dans l'énoncé des faits où il apparaît très clairement qu'Henri Girard ne peut qu'être coupable, et finalement en quelques minutes de délibération le jury l'acquitte. C'est très étrange. Et bien qu'il ait eu un des meilleurs avocats pour le défendre (Maurice Garçon) cela reste très troublant. Que s'est-il réellement passé ? Clairement le président du tribunal est en faveur de la défense, mais pourquoi ?? Qu'Henri Girard ait été coupable ou pas, cela laisse penser qu'il y a eu plus d'une erreur judiciaire.
Puis lorsque l'on découvre les arcanes de l'enquête cela laisse d'autant plus rêveur... soit Philippe est un héros, ultra-intelligent, qui voit tout et sait tout, soit (et désolée Philippe mais c'est plus probable (en revanche je reconnais l'ENORME travail qui a été fait)) il y a eu un sérieux laisser-aller au cours de l'enquête. On voit ce qu'on veut, on garde ce qui nous arrange et on fait sa petite tambouille avec tout ça. Nous ne saurons probablement jamais le fin mot de l'histoire, mais je reconnais que Philippe m'a plutôt convaincu dans son interprétation des évènements (ok ok je sais, aucune objectivité...).

Bref, ce livre est passionnant, drôle, savoureux... mais très lourd.
Évidemment je recommande plus que plus, et en profite pour vous (re)conseiller de lire "La petite femelle" que j'avais aussi adoré !!

"Voilà, j'aime bien les faits divers, le sordide ne me dérange pas à priori, mais en réalité, honnêtement, ça dépend : quand on a le sentiment de connaître quelqu'un, même si ce n'est pas vrai, quand on s'est attaché d'une façon ou d'une autre, ce n'est plus la même histoire. Ça désole, ça blesse, le sordide dégoûte."
"Enfin, à son ennemi le plus buté, Joseph Martigny : «Je fais bonne figure mais je sens chaque jour se perdre ma confiance dans la vie, toute ma jeunesse d'âme.»" 


Julliard, 648 pages.