Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mardi 14 janvier 2020

"L'Art du meurtre" de Chrystel Duchamp


Audrey, flic, la trentaine, est appelée sur une scène de crime assez étrange.
Un homme nu, assis à sa table - mise comme pour un banquet -, face à un crâne de squelette... une bien étrange mise en scène.
Alors qu'elle démarre l'enquête pour retrouver qui a assassiné cet avocat sadomasochiste, un deuxième meurtre est perpétré.

Notre enquêtrice est bien sur bourrée de problèmes, de remords, de défauts....
Heureusement elle a aussi étudié les beaux-arts avant de devenir flic comme son papa, ce qui l'aide beaucoup sur cette enquête.

Même si l'idée de départ est plutôt originale et sympa pour un polar, pour moi beaucoup trop d'évidences, de facilités, d'usage de "code" du roman policier. La trame est trop lisible et manque de finesse.

Et même si l'intrigue m'a un peu intéressée j'ai trouvé la fin assez décevante et cousu de fil blanc.

Bref je ne suis pas hyper emballée par ce premier roman qui bien qu'il ait beaucoup de bonnes choses me laisse un arrière-goût un peu amer quant aux finitions.

Voilà ça ne peut pas fonctionner à chaque fois.

L'Archipel, 272 pages. Janvier 2020

samedi 19 octobre 2019

"Rien n'est noir" de Claire Berest


Qui ne connait pas Frida Kahlo ? Ne serait-ce que de nom ?
Je reconnais que je n'en savais pas grand chose avant d'entamer la lecture de ce livre, en dehors des grands lignes bien sûr.

Frida donc, cette jeune fille pleine de vie, heureuse, amoureuse et qui à 18 ans à peine est percutée par un tramway alors qu'elle est dans un bus avec son amoureux.
Son corps est brisé ainsi que sa vie. Elle faisait partie des premières filles à étudier à la preparatoria, elle voulait devenir médecin.... mais après l'accident tout change. Elle passe des mois allongée, d'abord à l'hôpital puis chez elle dans son grand lit à baldaquin.
Alors elle commence à peindre, parce qu'elle souffre, elle peint.

Et puis lorsque enfin elle se remet debout elle va à la rencontre du grand peintre Diego Rivera, un célèbre muraliste, le peintre le plus célèbre du Mexique, un homme gigantesque, éléphantesque, son crapaud monstrueux, un homme à femmess jamais rassasié.
Elle est folle amoureuse de cet homme, elle réussit à s'en faire aimer et à l'épouser.
Leur vie commune sera très mouvementée, souvent douloureuse, surtout pour Frida, qui ne vit et respire que pour son homme.
Et puis sont corps se rappelle trop souvent à elle, elle si jeune et pleine de vie mais elle est freinée dans ses élans pourtant passionnés.
Elle est tellement vivante, colorée, brutale, forte...

Ce texte de Claire Berest est lumineux.
On sent tout l'amour que l'auteur a pour Frida Kahlo, sa jubilation de nous parler de l'artiste, son enthousiasme.
Il y a un rythme qui nous entraine et nous fait tourner les pages, on sent la vie qui avance vite, trop vite, on sent le sourire et l'éclat de l'auteur (que l'on retrouve effectivement dans les interviews).

Un livre exaltant mais sombre et pourtant "rien n'est jamais noir" !!
"Moi je ne me bats pas, Diego ? Je passe la moitié de ma vie à l'hôpital à me faire charcuter comme si j'étais un bout de viande sur l'étal d'un boucher ! Je ne suis pas malade, je suis brisée ! À Paris, j'ai cru que j'allais mourir. J'ai mal partout, j'ai mal tout le temps. Je ne parviens pas à imaginer ce que c'est que de ne pas ressentir de douleurs dans le dos, dans les mains, dans les jambes, dans le ventre. Je n'ai pas de pieds, j'ai des sabots, on m'a déjà enlevé des orteils, je boite ; dans les cabarets, je ne peux plus que regarder les autres danser. Je ne compte plus mes fausses couches. Quatre, cinq, six ? Et tu me dis que je ne me bats pas ? Je vis avec toi depuis dix ans, et tu oses dire que je ne me bats pas !"
Stock, 282 pages. Août 2019

samedi 9 février 2019

❤️❤️❤️ "Manifesto" de Léonor de Récondo


"Pour mourir libre, il faut vivre libre."

Léonor et sa mère Cécile traversent la nuit du 24 au 25 mars 2015 en veillant Félix, leur père et époux, qui s'apprête à laisser échapper son dernier souffle.

Les voix se mêlent et s'emmêlent, entre Léonor, qui nous livre cette nuit et quelques souvenirs, et l'esprit de Félix qui a retrouvé Ernesto (Hemingway) avec qui il discute, ils se racontent leurs souvenirs, notamment d'Espagne.

Félix est né au pays basque espagnol mais a fui en 1936 avec sa famille le régime de Franco et s'est installé en France. Il est artiste, peintre et sculpteur. 
Il a fabriqué le premier violon de sa fille Léonor, façonné avec ses mains et surtout beaucoup d'amour.
Malheureusement, à la fin de sa vie, Félix était très malade, touché par Alzheimer.

Léonor nous confie les blessures de son adolescence qui furent les déchirures de son père.

Un récit auto-biographique d'une grande pudeur, à la fois triste et lumineux. 
Dans les mots qu'elle utilise, dans sa façon de jouer avec les phrases Léonor de Récondo nous emmène dans un monde de douceur, de beauté pure, simple, sobre.

Un texte tout simplement magnifique, à lire et à relire.

Une auteur que je suis depuis le début, qui ne m'a jamais déçue. 
Elle renoue ici avec son histoire comme son premier texte "Rêves oubliés" qui racontait l'exil de son père et de sa famille, un texte que je relis donc avec plaisir.

Sabine Wespieser Éditeur, 179 pages.

jeudi 20 décembre 2018

"La beauté des jours" de Claudie Gallay


Jeanne a tout pour être heureuse, un travail à la poste qui lui plait, un mari aimant et travailleur, deux filles étudiantes et épanouies, une maison, un jardin, une très bonne amie.... Elle aime son train-train quotidien, sa routine, cela la rassure et la rend heureuse, à priori.
Elle aime aussi passionnément l'artiste-performeuse Marina Abramović à qui elle écrit des lettres qu'elle n'envoie jamais.
Et pour mettre un peu de piment dans sa vie elle suit des inconnus dans la rue pendant sa pause déjeuner, jusqu'au jour où elle se retrouve à suivre un ancien amoureux du temps de son adolescence.

Une jolie histoire, facile et agréable à lire mais qui personnellement ne m'a pas apporté grand chose hormis un bon moment de lecture et tout de même la découverte de Marina Abramović !

Malheureusement après quelques jours il ne m'en reste pas grand chose.
Un peu comme la vie de Jeanne, c'est calme, à la limite de l'ennuie, charmant et puis ... ça passe.

Il manque un petit quelque chose pour en faire un roman inoubliable et pétillant.

Actes Sud, 404 pages.

lundi 14 novembre 2016

❤️❤️ "Le bal mécanique" de Yannick Grannec



Le challenge est de vous donner envie de lire ce livre sans pour autant trop vous en dévoiler....

L'histoire est en deux parties ; la première se déroule aujourd'hui : Josh est producteur d'une émission de télé-réalité avec son épouse Vikkie, il tente de "raccommoder" des familles, son père, peintre et ancien alcoolique, vit en France à Saint-Paul-de-Vence.
La deuxième se passe au début du XXème siècle, principalement entre l'Allemagne et la Suisse ; Théo aime l'Art, la peinture, il évolue dans ce milieu entouré de ses amis peintres. Et il y a sa fille Magda, qui dessine et aime les couleurs et souhaiterait elle-aussi devenir quelqu'un.

Comment tous ses personnages sont-ils liés ? Et pourquoi ? À vous de le découvrir....

Après les mathématiques avec Kurt Gödel ("La déesse des petites victoires", que je recommande vivement), Yannick Grannec nous emmène dans le milieu artistique d'avant-guerre, on y croise Klee, Kadinsky, Lux et tant d'autres....
Une fois de plus avec sa belle plume de conteuse elle sait nous intéresser, nous happer et nous emmener dans son voyage.

J'ai énormément aimé ce livre, cette histoire. J'aime le style, le rythme, les personnages, et en particulier toute cette deuxième partie des années 20.
Une saga familiale où l'on découvre les "clés" petit à petit.
Une petite idée de la généalogie, de l'hérédité, celle qu'on ne soupçonne pas, qu'on ne connait pas.

Il y a aussi un court, très beau et fort passage sur la guerre - en Corée - en peu de mots elle nous fait vivre toute l'horreur de la guerre.

"Monter, attendre, tirer, survivre, attendre, descendre, attendre, remonter. Un ressac d'hommes charriant cadavres et ferrailles, violant jour après jour cette terre qui n'a plus rien de terrestre."
"Toi, dans ton trou, tu t'emmerdes tellement que tu pries pour qu'il se passe quelque chose, au moins quelque chose, même un truc terrifiant pour ne plus être ce sac de viande inutile. Qu'on en finisse, vite. Alors, tu t'occupes. Tu ne sais plus si tu trompes ta peur ou ton ennui. Tu comptes les nuages. Tu dessines les herbes dans ta tête. Tu ne penses pas à ce que tu étais avant. Surtout pas à ce que tu seras après. Après n'existe peut-être pas. N'existent qu'ici et maintenant et cette touffe d'herbe devant toi. Cette touffe d'herbe est tout ce qui subsiste de la beauté du monde. Tant que tu la regardes, tu es encore là."

Mon seul petit bémol tout de même est que dans la première partie il faut s'accrocher un tout petit peu, certains passages sont un poil trop longs, trop approfondis, ou peut-être juste ce qui m'intéresse moins.

Anne Carrière, 539 pages.