Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mardi 7 avril 2020

"Petits secrets, grands mensonges" de Liane Moriarty




Dans la petite ville côtière de Pirriwee c’est la fin de l’année et les enfants de 5 ans se préparent à faire leur rentrée de Janvier en classe de maternelle.
Lors de la matinée d’accueil un petit incident entre eux va mettre le feu aux poudres dans les relations des adultes.

Parmi les personnages principaux que l’on suit, il y a la belle, magnifique, Céleste, épouse du richissime et non moins splendide Perry - souvent absent pour son travail -,  et mère des jumeaux Max et Josh.


Madeline est divorcée de Nathan avec qui elle a eu Abigaël, et heureusement mariée à Ed qui lui a donné deux enfants, Fred et Chloé.


Jane, plus jeune, vient d’emménager dans la ville, seule, avec son petit garçon Ziggy et semble cacher un lourd passé. 


Dès le début on comprend qu'un terrible drame est arrivé, qu'il y a un mort, mais nous ne découvrions qu'à la fin de qui il s'agit et ce qu’il s’est passé ; tout le roman nous plonge dans les intrigues de cette petite communauté jusqu’au dénouement finale.


Il est question de violences conjugales, d’abandon, de divorce, d’infidélité, de jalousie, bref tout ce qu’il faut pour avoir son lot de drames.
On se croirait presque revenu dans Wisteria Lane. 

Soyons clair ce n’est pas de la grande littérature, mais un très bon roman qui nous prend et qui nous fait tourner les pages, vite, vite, vite.
Un bon moment de détente en particulier en confinement sous la pluie !



Le livre de poche, 572 pages. Septembre 2016
Traduction de Béatrice Taupeau.

vendredi 20 décembre 2019

"Les Indifférents" de Julien Dufresne Lamy




Après la lecture de "Jolis, jolis monstres" qui m'avait bouleversée, j'ai décidé de continuer à découvrir Julien Dufresne Lamy. Il y a eu "Boom" il n'y a pas longtemps et voici maintenant le troisième.

Justine est une ado de 13 ans lorsque sa mère la sort de son internat pour l'emmener vivre dans le bassin d'Arcachon, elle doit quitter son Alsace natale, son père, toute sa vie.
Arrivée dans le Sud-Ouest elle fait rapidement la connaissance de Théo, pour le père de qui sa mère travaille. Théo l'intègre au groupe qu'il forme avec ses amis d'enfance Léonard et Daisy, les Indifférents.
Justine va grandir et s'épanouir auprès de ses nouveaux amis, elle va découvrir une nouvelle vie, une vie de petits bourgeois dans une ville où tout le monde se connait et respecte les plus forts.

Dès le début du roman on comprend qu'un drame va se produire, c'est là, sous nos yeux, on devine sans savoir, on est fébrile, on a peur.
Peur car ils sont jeunes, fou(gueux), carnassiers, amoureux ; peur car on s'attache à ce petit groupe, peur car on ne veut pas que cela arrive.

Entre les chapitres où Justine se raconte, de très courts chapitres s'insinuent, lentement, sûrement, et nous distillent à petites doses les détails sur le drame vers lequel l'histoire tend.

C'est un roman à la fois tendre et cruel sur l'adolescence, l'amitié et l'amour. Les relations entre les garçons et les filles sont très bien rendues, on sent la tension, une ambiance presque toujours comme sur un fil de rasoir permanent, tout peut basculer à tout moment dans un sens ou un autre.
L'adolescence a ce côté franc et violent, sans concession et pourtant si fragile aussi. Et pour ne pas souffrir il faut une (bonne) carapace ou faire souffrir en premier.

C'est aussi une critique de la petite bourgeoisie locale, des privilèges accordés aux riches, des petits arrangements entre "amis", que ce soit les riches entrepreneurs, l'administration, la justice...
Il y a le poids des secrets, des non-dits, le mensonge et la veulerie pour le côté "adulte".

Malgré le soleil, les vacances et la plage Julien Dufresne Lamy ne nous montre pas une jolie face de l'être humain mais ses penchants les plus vils.
Encore un très bon moment de lecture grâce à cet auteur dont je ne doute plus, on est tenu en haleine jusqu'au bout.

Belfond, 346 pages. Février 2018

lundi 10 juin 2019

"Station eleven" de Emily St John Mandel


Un soir à Toronto dans une salle de théâtre se joue "Le Roi Lear", l'acteur principal fait un malaise et meurt sur scène.
C'est le début de la fin de l'ancien monde, une pandémie se propage à une vitesse vertigineuse et bientôt le nombre de morts devient totalement surréaliste.

Vingt ans plus tard une troupe de musiciens et d'acteurs sillonne le pays et se produit en concert ou pièce de théâtre devant des petites communautés qui survivent tant bien que mal.

Alors franchement rien qu'avec la quatrième de couverture je me dis que ce livre n'est absolument pas fait pour moi, les romans d'anticipation de fin du monde ultra-anxiogène pas vraiment ma tasse de thé...
Mais les nombreuses critiques littéraires que j'ai lu et entendu ont éveillé ma curiosité et je me suis jetée à l'eau.

Je dois donc avouer que j'ai beaucoup aimé ce livre qui bien qu'étant apocalyptique n'était pas si anxiogène que ça.

On passe du monde d'avant, juste avant la pandémie, à vingt ans plus tard ; on suit des personnages et notamment des personnages qui gravitent autour de ce célèbre acteur qui meurt au tout début du roman.
On découvre que lorsque plus de 90% de la population a disparu, plus rien ne fonctionne puisqu'il n'y a plus assez de personne pour effectuer toutes les tâches qui nous permettent d'avoir l'électricité, l'eau, internet... bref tous les moyens de communication, de transport sont à l'arrêt, c'est un rude retour en arrière, très en arrière.
Alors comment les survivants font-ils pour vivre ensemble ? Pour se faire confiance ? Pour s'entraider ?
Car même si chacun a peur de l'autre, chacun a besoin de l'autre pour survivre, continuer, avancer.

Un point de vue très intéressant sur la nature humaine et les capacités d'adaptation, de mise à l'épreuve en fonction de l'âge de chacun au moment de la disparition de l'ancien monde et pour les "nouveaux" nés après et qui n'ont connu que ce monde là, présent.
Un livre qui fait un peu réfléchir sur nos conditions de vie, peut-être aussi sur les relations que nous entretenons les uns avec les autres et comment nous prenons tout ce que nous avons comme un dû.
Une belle découverte !


Rivages, 475 pages.
Traduit de l'anglais par Gérard de Chergé