Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

Affichage des articles dont le libellé est coma. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est coma. Afficher tous les articles

lundi 4 mai 2020

"Et les vivants autour" de Barbara Abel




Quatre ans que Jeanne dort, quatre ans que sa mère vient la voir tous les jours à l’hôpital, quatre ans que Jérôme son mari ne vit plus, quatre ans qu’une famille est déchirée par cette absence si lourde et douloureuse.

Jeanne est dans le coma suite à un accident, et lorsque son médecin convoque à nouveau ses parents et son époux ils s’attendent à ce qu’une fois encore il leur parle d’acharnement thérapeutique et d’arrêt des soins. Ils ne s’attendaient certainement pas à la bombe que leur balance le médecin et qui va bouleverser leur vie, ainsi que celle de Charlotte sa sœur ainée. 

Un roman construit comme un thriller, qui se dévore page après page, les secrets se dévoilent ainsi que les caractères ; la tension monte, elle est poussée à l’extrême. Il faut avancer pour savoir.

Un thriller mais aussi un roman qui pose beaucoup de questions sur l’acharnement thérapeutique, le coma, le droit à la dignité des malades. Comment poursuivre sa vie lorsqu’un être aimé est là sans être vraiment là…
L’espoir fait vivre, mais tout de même. 

Et puis je trouve ça flippant d’imaginer se réveiller après plusieurs mois ou années de coma, tout ce qu’on a raté, l’évolution du monde et de l’entourage.
Je ne suis pas sure que j’aimerais qu’on garde mon corps en vie ainsi.

Difficile dilemme pour les familles


Belfond, 448 pages. Mars 2020.

jeudi 14 novembre 2019

❤️ "Baïkonour" de Odile d'Oultremont



En Bretagne, Anka, une jeune femme qui travaille dans un salon de coiffure, vient de perdre son père, marin-pêcheur, disparu alors qu'il était seul à bord de son bateau, le Baïkonour.
Bateau dont Anka a toujours rêvé de devenir un jour le capitaine.
Depuis qu'elle est toute petite elle aime la mer, la pêche, le bateau, et rêve d'accompagner son père lors de ses sorties. Elle aussi veut devenir marin-pêcheur mais ses parents ne sont pas de cet avis là, c'est bien trop dangereux...

Marcus est un homme libre, indépendant.
Ayant été "abandonné" par sa mère enfant, il a vécu seul avec son père, un fainéant de première classe qui n'a jamais rien fait de sa vie.
Mais Marcus est volontaire, actif et ne veut se reposer que sur lui-même. Il est grutier, et là-haut, au sommet de sa grue il se sent encore plus libre, seul, mais libre, il n'a besoin de personne...

Les chemins de ces deux êtres plein d'émotions vont se croiser, de haut, de loin... puis peut-être un peu plus près.
Chacun d'eux a son univers pour se sentir vivant, la mer bleue et immense, la hauteur et le silence.

Des personnages particulièrement attachants qui nous emmènent par la main, avec délicatesse, dans leur solitude, dans leur obsession, dans la beauté de leur liberté.
Un roman remarquablement bien écrit qui sait toucher notre sensibilité à l'endroit juste.
Juste, pour voir la beauté des douleurs de ces êtres blessés, la beauté de leur liberté, de leur désinvolture face aux aléas de la vie qui les poussent à continuer comme ils le veulent eux, dans leur esprit.

Cette liberté, l'expression de cette liberté et de cette indépendance m'ont marqué. J'ai aime, tellement, leur vision de leur propre vie, cette facilité pour eux à se laisser toucher par la simplicité.

Je découvre Odile d'Oultremont avec ce roman et suis impatiente de pouvoir lire son premier roman qui, si il est du même acabit, me plaira nécessairement 😊


Les éditions de l'Observatoire, 219 pages. Juin 2019

lundi 29 janvier 2018

❤️ "Parmi les miens" de Charlotte Pons



Manon est l'aînée d'une fratrie de 3, Gabriel est juste derrière elle, deux ans plus jeune, et plus loin, vient Adèle, 12 ans plus jeune.
Ils sont adultes, ne se fréquentent plus tellement, chacun a sa vie, ses regrets, ses rancoeurs.

Mais voilà, leur mère, Elsa, a un accident de la route, elle est dans le coma puis dans un état semi-végétatif.

Les deux soeurs et le frère se retrouvent, avec le père, autour de cette maman qui n'en ait plus vraiment une. Chacun réagit à sa façon, selon son vécu, son ressenti, son émotion. Chacun est différent, et surtout chacun avait sa propre relation à sa mère, une relation personnelle, individuelle qui n'est pas celle des autres. Ceci est valable pour tous, et pas toujours facile à gérer en "temps normal", alors en cas de crise cela devient assez compliqué. Et de vieux ressentiments réapparaissent, les non-dits ressortent, on se blesse, on se heurt, on se fait mal.

C'est Manon qui nous raconte l'histoire, c'est elle l'aînée, celle qui ne pleure pas, celle qui est assez radical, qui "rentre dans le lard", dit ce qu'elle pense sans prendre de pincette.
"...Je sens qu'elle est sur ses gardes depuis que j'ai si crûment exprimé le fond de ma pensée, et je prends soin de ne pas entrer dans son jeu. Je réponds visite, ménage, courses et repas pour papa ; elle réplique que ça ne remplit pas une journée. Je réponds que c'est ce qu'on attend de moi, l'aînée ; elle me dit que c'est insupportable cette façon que j'ai de tout vouloir porter."
"Toujours cette méfiance dans sa voix. Mais qu'ai-je bien pu lui faire pour qu'elle me considère ainsi, comme une ennemie ? Qu'est-ce qu'elle trimballe que j'ignore ? Et quand cela a-t-il débuté ?" 
Et puis petit à petit, les semaines et les mois passant, la situation ne s'améliore guère, et certains secrets font surface, et chamboulent encore une fois les relations des uns et des autres.

Premier roman pour moi plutôt réussi, très bien écrit et très bien mené. L'histoire est assez "dur" et je me suis pas mal identifiée à Manon sur beaucoup de perspective, de façon d'agir/réagir/interagir.... parfois ce fut très troublant.
Ce livre a eu des résonances très particulières qui ont probablement fait qu'il m'a touché, qu'il m'a ému, qu'il m'a eu.

L'incipit nous jette directement dans le bain, de l'histoire et du style :
"Il y a peu de choses que je n'acceptais pas venant de maman. La voir mourir en faisait partie."
Je trouve cette première phrase très belle, en tout cas elle a beaucoup d'écho chez moi, et elle me trouble beaucoup.

Le traitement du rapport au corps, du vieillissement, de la perte d'autonomie, de la dépendance est vraiment intéressant. Ce dégoût de la peau flasque, de ce corps qui n'est plus celui de l'être aimé ou si peu. Beaucoup de questions naissent, d'interrogations sur ce que l'on ferait soi-même dans cette situation, des choix que l'on prendrait, ce que l'on ressentirait....
Mes petits bémols sont que j'aurais peut-être aimé que les personnages soient un peu plus fouillés, notamment le père, j'aurais voulu en savoir plus sur lui et son ressenti. C'est Manon qui nous raconte, c'est surtout elle que l'on découvre mais c'est vrai que son frère et sa soeur sont importants et particuliers et quelques éléments nous manquent sur leurs relations.

Flammarion, 191 pages.