Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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jeudi 11 mars 2021

"Jolies filles" de Robert Bryndza

 


Le corps d’une jeune et jolie femme est retrouvé très salement blessé dans une poubelle.

Erika Foster, qui ne travaille plus aux homicides, se trouvait avec son amant appelé sur la scène du crime, et bien entendu elle ne peut s’empêcher de vouloir à tout prix travailler sur cette enquête.

Rapidement elle réussit à faire le lien avec le corps d’une autre jeune femme retrouvé plusieurs mois auparavant, lui aussi dans une poubelle et lacéré.

À chaque fois les jeunes femmes ont disparu plusieurs jours avant d’être retrouvées, où étaient-elles tous ces jours, que leur est-il arrivé ? Pourquoi ces traces de coups et ces coupures partout. 

Un mode opératoire se dessine peu à peu sur la manière dont elles ont été enlevées…

 

 

Plaisir de retrouver Erika, notre détective chouchou, plaisir de se plonger dans un roman policier qui fait bien son job, pour moi en tout cas, détente et délice de lecture. 

Ces romans sont toujours une parenthèse récréative entre d’autres lectures parfois plus exigeantes.

 

 

On est rapidement pris dans l’enquête, les détails, les indices, et bien sur les erreurs du tortionnaire. Même si une petite facilité m’a fait sourciller au cours de l’enquête, ça ne me dérange pas plus que ça, on est dans un roman et je ne recherche que le plaisir de l’enchainement des actions et pensées, et parfois un peu de chance ne fait pas de mal à nos enquêteurs. 😉

Bref je valide !!


Belfond, 408 pages. 2021

mardi 3 novembre 2020

❤️❤️ "Histoires de la nuit" de Laurent Mauvignier

 


Ce petit hameau, qui se nomme « les trois filles seules », abrite trois maisons, l’une est vide, Patrick vit dans la deuxième avec Marion son épouse et leur fille de dix ans Ida, dans la troisième on trouve Christine, peintre, femme de la ville installée ici après son divorce.

 

 

Patrick est fermier, il vit ici depuis toujours ; Marion travaille dans une imprimerie, c’est une forte tête ; leur relation de couple est terne, triste.

Christine reçoit de mystérieuses lettres de menace, elle a un chien Radjah, elle aussi a du caractère, et n’apprécie pas franchement Marion. 

 

 

Dans ce hameau perdu, a 50 km de la ville, on se prépare à une petite soirée festive, c’est l’anniversaire de Marion, elle a 40 ans.

Voilà le décor est planté, et ce qui débute comme un roman social, une chronique familiale va se transformer petit à petit car des visiteurs surprises, pas vraiment bienvenus, vont s’inviter à la fête.

 

 

Je n’en dis pas plus pour ne rien dévoiler. 

Sachez seulement que même si le démarrage peut sembler un peu lent ensuite on ne peut plus poser le livre et les 630 pages se dévorent avec tension.

L’histoire en elle-même est originale sans être incroyable, ce qui l’est en revanche c’est la prouesse d’écriture, la construction narrative. 

Entre le début et la fin du livre il se passe à peine 24 heures, mais Laurent Mauvignier réussit le tour de force de nous faire languir en décomposant chaque scène, c’est comme un film en slow motion, on a tous les détails, on arrête de respirer et on regarde l’image. Même les temps de silence et de calme sont dépecés, c’est une peinture en éternel mouvement. Chaque image est épluchée, chaque émotion, chaque mouvement. 

C’est terriblement bien fait, le suspense est amené graduellement, l’air s’épaissit pour devenir tout à fait irrespirable. 

On s’attache à cette forme d’écriture, à cette lenteur haletante qui nous prend à la gorge. 

 

 

Bref un livre qui ne vous lâchera pas et que vous ne lâcherez pas !


Les Éditions de Minuit, 635 pages. Septembre 2020


lundi 4 mai 2020

"Et les vivants autour" de Barbara Abel




Quatre ans que Jeanne dort, quatre ans que sa mère vient la voir tous les jours à l’hôpital, quatre ans que Jérôme son mari ne vit plus, quatre ans qu’une famille est déchirée par cette absence si lourde et douloureuse.

Jeanne est dans le coma suite à un accident, et lorsque son médecin convoque à nouveau ses parents et son époux ils s’attendent à ce qu’une fois encore il leur parle d’acharnement thérapeutique et d’arrêt des soins. Ils ne s’attendaient certainement pas à la bombe que leur balance le médecin et qui va bouleverser leur vie, ainsi que celle de Charlotte sa sœur ainée. 

Un roman construit comme un thriller, qui se dévore page après page, les secrets se dévoilent ainsi que les caractères ; la tension monte, elle est poussée à l’extrême. Il faut avancer pour savoir.

Un thriller mais aussi un roman qui pose beaucoup de questions sur l’acharnement thérapeutique, le coma, le droit à la dignité des malades. Comment poursuivre sa vie lorsqu’un être aimé est là sans être vraiment là…
L’espoir fait vivre, mais tout de même. 

Et puis je trouve ça flippant d’imaginer se réveiller après plusieurs mois ou années de coma, tout ce qu’on a raté, l’évolution du monde et de l’entourage.
Je ne suis pas sure que j’aimerais qu’on garde mon corps en vie ainsi.

Difficile dilemme pour les familles


Belfond, 448 pages. Mars 2020.

lundi 6 janvier 2020

"Disparaitre" de Mathieu Menegaux



À Paris une jeune femme tombe du 6ème étage de son immeuble et meurt instantanément sous les yeux des passants ébahis et bouleversés.
À Saint-Jean-Cap-Ferrat un joggeur retrouve sur la plage un cadavre, un homme sans poil, dont le bout des doigts est brûlé, impossible de l'identifier, mais très rapidement l'enquête arrivera à la conclusion d'un suicide.
Grondin, en charge de l'enquête, veut savoir, comprendre comment et pourquoi on peut se suicider de cette façon, pourquoi on voudrait totalement disparaitre.

Alors on suit l'histoire d'Esther Goetz une jeune femme brillante qui réussit à se faire embaucher dans la très fameuse banque Richter & Co, et Etienne Sorbier, cinquantenaire, bourreau de travail,  qui en est le Manager Director.

Un roman très court qui se lit en une seule fois, le suspens n'est pas énorme, on comprend vite l'issue. Pour en fait un excellent roman policier il aurait peut-être fallu approfondir la psychologie des personnages et la durée de l'enquête, car la brièveté fait aussi que l'on oublie rapidement cette lecture.
Plusieurs sujets sont traités et auraient chacun mérité un traitement plus complet.

Grasset, 216 pages. Janvier 2020

samedi 30 novembre 2019

"Ce que tu as fait de moi" de Karine Giebel

Avec ce roman je découvre Karine Giebel que je ne connaissais pas mais que je vais certainement continuer à découvrir.
Ce thriller psychologique nous emmène dans les bas-fond de l'âme humaine, dans les pires distorsions des relations amoureuses, et même plutôt passionnelles.
Il y a de la perversité, de la dépendance, de l'obsession, de la manipulation.

Je ne peux pas trop en dire,  mais tout démarre à la Direction Départementale de la Sécurité Publique, dans deux salles d'interrogatoire.
Dans la première se trouve Richard Ménainville le commandant de la brigade des Stups et dans la seconde Laëtitia Graminsky lieutenant dans cette même brigade ; tout au long de la nuit chacun raconte sa version des faits dans une synchronie parfaite et troublante.

C'est un roman fracassant qui m'a beaucoup perturbée, j'ai trouvé la psychologie des personnages très bien faite et très bien travaillée, on voit et on sent monter le drame, petit à petit, sans que rien ne puisse se faire pour l'empêcher.
On voit l'enlisement comme dans des sables mouvants, il n'y a aucune porte de sortie, en tout cas il ne semble pas.

Un livre sous tension, qu'on ne lâche pas, et en même temps oppressant.
Attention âme sensible s'abstenir, il y a de la violence, de la perfidie, de la dépravation...

J'ai cependant deux petits bémols, il y a un mécanisme de répétition très bien fait entre les deux personnages principaux qui va peut-être un peu trop loin à mon avis pour rester crédible, et je n'ai pas hyper adhéré à la fin et au dernier développement psychologique.... peut-être que c'était trop pour mon petit coeur vulnérable.
Mais ceci n'a aucunement gâché mon plaisir de lecture, et maintenant que j'ai découvert Karine Giebel j'y retournerai ! Ça reste un livre impressionnant !!

Belford, 552 pages. Novembre 2019.

mercredi 16 octobre 2019

"Liquide inflammable" de Robert Bryndza




Alors que la détective en chef Erika Foster fait draguer le fond d'une ancienne carrière inondée à la recherche d'une mallette remplie de drogue, les plongeurs remontent aussi un sac en plastique dans lequel se trouvent les ossements de ce qui était apparemment une toute jeune fille.
Très vite les ils se révèleront être ceux de Jessica Collins une enfant de 7 ans disparu il y a plus de 25 ans.
Erika va se battre pour récupérer cette enquête et tout faire pour retrouver le meurtrier de la jeune fille.
Pour la famille c'est un choc d'apprendre cette terrible nouvelle.
La mère vit toujours dans l'ancienne maison familiale, seule, avec le fantôme de sa petit fille. Le père, lui, a refait sa vie et a eu deux autres enfants. Il y a aussi la soeur et le frère ainés de Jessica qui ont du grandir dans l'ombre de leur petite soeur disparue.

Un bon policier qui nous emmène dans les tréfonds de l'âme humaine, dans les secrets des familles, avec des rebondissements, et juste ce qu'il faut de passion romantique et de blessures profondes.
C'est le troisième roman qui met en scène la DCI Erika Foster, une excellente détective, qui voit dans cet épisode sa soeur débarquer avec ses 3 enfants. Elle doit aussi faire avec l'ancienne détective qui avait mené l'enquête à l'époque de la disparition et qui ne s'est jamais vraiment remise.

Je me suis plongée dedans pour n'en sortir qu'une fois la dernière page tournée.
C'est simple, ça tient la route, et surtout ça détend !!

Editions Belford noir, 416 pages. Septembre 2019.
Traduction Chloé Royer

lundi 7 octobre 2019

"La cage dorée" de Camilla Läckberg




Fay est mariée à Jack avec qui elle a une petite fille, Julienne.
Jack est riche, beau brillant, tout lui réussi.... et il délaisse sa femme qui se sent seule, moche, grosse, abandonnée, faible.
Jusqu'au jour où Jack annonce à Fay qu'il la quitte et qu'elle se retrouve seule, vraiment, sans le sou...
Alors Fay va mettre au point sa vengeance, et rien ne l'arrêtera jusqu'à ce qu'elle y arrive.
Elle est soutenue par sa meilleure amie Chris et par Kirsten une femme elle-aussi maltraitée par son mari et qui recueille Fay.

Nous sommes loin des enquêtes d'Erika et Patrick, que j'aime énormément.

Nous suivons Fay dans sa quête de vengeance tout en faisant quelques aller-retour dans son passé pour essayer de mieux la connaître.
Je reconnais avoir dévoré ce roman parce que l'écriture de Camilla Läckberg est très prenante et je me suis laissée prendre dans l'histoire. En revanche, il est vrai qu'il faut rester large d'esprit parce qu' il y a quelques facilités dans l'histoire.
Fay qui est une femme brillante réussit à monter une entreprise en moins de 3 ans et à se faire beaucoup beaucoup d'argent... les personnes qui l'aident sont très généreuses et prêtes à tout pour l'aider.
Bon clairement il y a des choses qui ne sont pas crédibles, mais si on veut juste passer un bon moment de lecture facile sans prise de tête et ben c'est parfait.

Attention, ici les hommes sont méchants, violents, menteurs, ils trompent leur femmes, les frappent....
Un roman soi-disant féministe, mais je ne trouve pas le personnage de Fay très complaisant, elle est elle-même pas toujours jolie, jolie dans ses actes et hormis accepter qu'elle a vécu une enfance très difficile on a tout de même du mal à croire à la réalité de son personnage.
Mais voilà parfois on a besoin d'un bon roman à l'eau-de-rose, ou d'un thriller/policier "facile".
Donc pour conclure si vous avez quelques heures à passer calé dans un bon fauteuil, sous la couette, ou sur la plage, sans vouloir vous prendre la tête ce roman est parfait !!

Actes Sud, 343 pages. Avril 2019

mercredi 10 juillet 2019

"Un petit coup de jeune" de Thierry Bizot



Le 24 septembre 2001 Éric Sadge emmène son fils Nicolas, 7 ans, à une compétition de judo.
Il a 35 ans, est chroniqueur à la télé dans l'émission "Culture ? Vous avez dit Culture !", est marié à Catherine, la femme de sa vie dont il est follement amoureux.

Le lendemain il se réveille à l'hôpital, victime d'un accident de la route.
Le seul problème c'est que nous sommes maintenant en mai 2017 et Éric Sadge a oublié les 16 dernières années de sa vie.

Il va devoir (ré)apprendre qui il est aujourd'hui, ce qu'il est devenu ; apprendre à vivre avec 16 années de souvenirs en moins.

Il a 51 ans - son corps a 51 ans (!) - mais dans sa tête il n'a que 35 ans ...
Il découvre son petit garçon de 7 ans qui en fait a 23 ans, difficile de reconnaitre dans ce jeune adulte son petit Nicolas si gentil et si vif ; Catherine n'est plus son épouse alors qu'il se sent toujours tellement amoureux d'elle, et Vanessa, cette jeune femme inconnue est maintenant sa femme ; et surtout il est devenu un animateur vedette, connu et reconnu, riche, et autoritaire dans son entreprise dans laquelle il travaille avec son ancien patron Gilles Versini.

Comment reprendre sa vie, se réinventer, lorsque la vie que l'on menait jusque-là nous est tellement inconnue ?
Mais quelle sensation de grand vide lorsqu'on se met à la place de notre héros, c'est déroutant et déstabilisant d'imaginer ce que cela doit être, un peu comme monter dans une machine à remonter le temps.

Une histoire qu'on lit comme un roman policier en suivant notre héros qui part à la recherche de sa vie, de sa mémoire. Il faut comprendre ce que sa famille est devenue, découvrir les secrets...
Un véritable thriller psychologique qui nous mène sur la découverte de soi-même. On est pris dans la vie d'Éric Sadge et la curiosité nous fait tourner les pages les unes après les autres !

J'ai aimé le questionnement que cela nous apporte sur qui nous sommes et qui nous devenons, sur ce que nos souvenirs et notre mémoire font de nous, comment on peut changer, évoluer en fonction des chemins pris.
Finalement c'est un peu comme vivre une deuxième chance, une deuxième vie !

Seuil, 416 pages.
Lu avec NetGalley France.

mardi 26 mars 2019

"Tokyo" de Mo Hayder



Lorsque Grey débarque à Tokyo, elle n'a qu'une idée en tête et pas un sous en poche.
Elle vient tenter de récupérer le seul et unique film qui existerait sur le massacre de Nankin de 1937 perpétré par les Japonais lors de l'invasion de la ville, film dont elle a apparemment un besoin vital pour pouvoir se remettre de ce qui lui est arrivé dans sa jeune adolescence.

Elle pense qu'un certain Shi Chongming est en possession de ce film. C'est un éminent professeur de l'université, chinois et présent à Nankin pendant le massacre. Nous allons d'ailleurs lire son journal écrit au cours des mois qui précédèrent le massacre et jusqu'à celui-ci.

Grey est "recueillie" par un américain, Jason, qui lui offre le logis et un boulot. Logis dans un taudis avec des jumelles russes et lui-même, job d'hôtesse dans un bar.
Bar dans lequel elle rencontrera un des plus célèbre yakuza qui bien sur détient la clé d'un mystère que souhaiterait résoudre Shi Chongming et qui fera donc un chantage à Grey pour récupérer le film....

Bref, un thriller que j'ai trouvé assez décevant.... ce ne sont plus des ficelles mais de grosses grosses cordes, des invraisemblances tout le long du bouquin, je suis allée au bout en me disant que je serais peut-être surprise mais non, ce que l'on comprend très rapidement n'évolue pas.... Il y a des passages entiers totalement incompréhensibles et improbables voire totalement absurdes.

C'est plus que rare que je sois déçue par un polar/thriller parce que même si ce n'est jamais de la grande littérature en général je passe un bon moment de lecture et de détente, mais pas cette fois...

Vraiment pas certaine de retenter ma chance avec cette auteur, surtout en sachant que ce serait son meilleur bouquin....

Pocket, 480 pages.

samedi 19 janvier 2019

"Le lecteur de cadavres" de Antonio Garrido



Le roman commence en 1206 en Chine Orientale.
Notre héros se prénomme Ci, il a une vingtaine d'années, il vit avec ses parents, son frère Lu et sa soeur Troisième. Elle est ainsi nommée car c'est la troisième soeur née malade, les deux premières étant décédées.
La famille Song est revenue vivre dans son village d'origine après la mort du grand-père alors qu'ils étaient installés dans la grande ville de Lin'an où le père travaillait pour un juge et où Ci pouvait étudier.
Le retour à la campagne est particulièrement difficile pour Ci qui adorait s'instruire et voulait lui aussi devenir juge. Son frère ainé est très dur avec lui et le bat souvent.

Mais tout change le jour où Ci retrouve le cadavre de Shang dans le champ de son frère où il travaille.  -Shang de qui il devait épouser la fille.
Les évènements s'enchainent rapidement et Ci se retrouve obligé de fuir son village avec sa soeur Troisième. Il part donc pour Lin'an où il espère pouvoir retourner faire ses études.

Et ainsi nous suivons les péripéties de Ci dans une ville dangereuse où il faut se méfier de tout et tout le monde. Il va pourtant réussir à retourner étudier, et même mettre un pied dans le palais de l'Empereur, mais je n'en dirai pas plus...

Ci est une personnalité qui a réellement existé et son oeuvre est arrivée jusqu'à nous avec son "traité légiste", il est le précurseur si ce n'est le père de la médecine légale.

Antonio Garrido s'est très bien documenté sur lui mais aussi sur la culture chinoise et les traditions de l'époque, ce qui fait que ce roman est à la fois historique, policier mais surtout passionnant !!

Le livre de poche, 719 pages.

dimanche 4 novembre 2018

"My absolute darling" de Gabriel Tallent


Nous sommes en Californie, au bord de la mer, en lisière de forêt. Julia, surnommée Turtle, a 14 ans, elle vit seule avec son père Martin. Son grand-père paternel habite près de chez eux.
Turtle va à l'école, tous les matins elle prend le bus pour s'y rendre. Elle n'a pas d'amis et rencontre apparemment de grandes difficultés dans son apprentissage.
Une de ses enseignante, Anna, tente de l'aider, mais Turtle est sauvage et solitaire et n'en fait qu'à sa tête.
Dans cette maison où elle vit avec son père, plus rien n'est entretenu, la nature a repris ses droits, mais cela n'a pas l'air de gêner ses occupants.
Il y a des armes, des cibles partout dans la maison et dans la cave il y a de quoi s'auto-suffire pendant plusieurs années. Turtle ne connait peut-être pas correctement son vocabulaire mais elle sait manipuler toutes sortes d'armes à feu, les nettoyer, les démonter et remonter. Elle en connait aussi un rayon sur la nature qui l'entoure, elle n'a peur de rien.
Elle aime son papa et aussi son papy, mais elle n'a visiblement pas encore conscience que toutes les relations qu'elle connait/vit sont tordues. La relation avec son père est très ambiguë. Il lui répète sans cesse qu'il l'aime et qu'il a besoin d'elle pour se lever tous les matins, mais il lui fait vivre un enfer en étant manipulateur, violent. On perçoit que c'est un homme d'une grande intelligence tout en étant extrêmement torturé.
Mais Turtle grandit et à 14 ans elle entre pleinement dans l'adolescence, elle va aussi faire une rencontre qui va chambouler sa vision du monde et de sa vie et de fait chambouler la vie de son père...

C'est un livre absolument époustouflant dans la manière dont le récit est conduit.
L'auteur nous prend dans ses filets dès le départ, il installe la situation, et petit à petit nous dévoile ses personnages, et plus on avance plus on est estomaqué. Il pose le décor et puis doucement, tranquillement il fait évoluer l'histoire et met ses personnages à nu.
La description psychologique des protagonistes ainsi que leur progression est magistralement menée.
Je me suis attachée à cette jeune fille tout en étant bouleversée par sa manière de vivre son histoire, de réagir. J'ai haï le père mais j'ai compris comment elle n'arrivait pas à se détacher de son influence, comment elle a continué à l'aimer malgré tout et petit à petit on la voit ouvrir les yeux.

C'est dur, c'est violent, c'est extrême et puissant.
La fin du livre se lit d'une traite, on est happé et on ne peut plus s'arrêter de tourner les pages tout en ayant les mains qui tremblent, le coeur qui bat la chamade, le souffle coupé.

Quelques notions sont clairement bien exposées notamment sur les armes à feux, sur la nature et le monde dans lequel on vit et ce que l'on en fait.

On comprend aisément pourquoi il aura fallu 8 ans à Gabriel Tallent pour écrire ce premier roman. Il nous offre un moment de lecture incroyable et intense.
J'ai énormément aimé ce livre mais ne peux malgré tout pas le mettre en coup de coeur, impossible de mettre un joli coeur rouge à côté de ce texte d'une violence physique et psychologique parfois intolérable.

A lire absolument, mais attention tout de même, âme sensible s'abstenir !
"... Si tu n'es pas convaincu que le monde va mal, papa, c'est que tu ne regardes pas autour de toi. Les cerfs, les grizzlys, les loups ont disparu. Les saumons aussi, presque. Les séquoias, c'est terminé. Des pins morts, on en trouve par bosquets entiers sur des kilomètres carrés. Tes abeilles sont mortes. Comment on a pu faire naître Julia dans un monde aussi merdique ? Dans cette dépouille putride de ce qui aurait dû être, dans ces restes à l'agonie, violés ? Comment tu veux élever une enfant en compagnie de tous ces connards égocentriques qui ont détruit et gâché le monde dans lequel elle aurait dû grandir ? ..."
Gallmeister, 454 pages.

mardi 8 mai 2018

"L'affaire Mayerling" de Bernard Quiriny



"Les villes se droguent à la construction. Les grues innombrables sont des seringues ; le béton, une drogue. Plus la ville se pique, mieux elle se sent. Et pourtant, c'est par là qu'elle meurt."
Un nouvel ensemble immobilier se construit à Rouvières, le Mayerling, résidence cossue dans parc ombragé. Très vite tous les logements sont vendus/loués ; mais voilà très vite aussi d'étranges choses vont se produire et chaque occupant aura son petit (gros) lot d'ennuis.
Bientôt tout s'emballe et quelques propriétaires décident d'entrer en guerre contre l'immeuble qui les malmène.

Ce livre est mené comme un enquête policière pour tenter de découvrir ce qui a bien pu se passer dans cet immeuble.
Il se présente sous forme de courts petits articles, chacun avec une thématique particulière, et qui nous conduit petit à petit à comprendre l'évolution de la situation.

Nous sommes bien sûr dans l'absurde - plus que dans la science-fiction - mais c'est un moyen (ironique) de nous sensibiliser à la surexpansion immobilière.

L'auteur démarre son récit par une analyse des publicités pour les nouveaux programmes immobiliers, j'avais l'impression qu'il était dans ma tête tellement il écrit tout ce que je ressens à chaque fois que j'en regarde une, il y a toujours du soleil, des fleurs, des arbres magnifiques dans le jardin, une jolie maman blonde avec une poussette et un enfant qui sourit, des gens qui parlent devant l'entrée dans une entente qui semble tout à fait cordiale, oui en effet ça fait rêver !!
Puis il continue avec les noms de ces ensembles immobiliers, on a envie de rire, bien sûr ! Le clos de..., les Terrasses de ..., Jardins de..., Villa.... des noms de rêve, enfin qui vendent du rêve et ça s'arrête là !
Vient ensuite les noms des compagnies, toutes avec des acronymes pas possible.... et tout cela est tellement vrai...
Je connais un tout petit peu ce milieu de la construction immobilière et je trouve que l'auteur tombe très juste, y compris lorsque tout part à vau-l'eau et même si il est volontairement dans l'exagération la plus totale il est parfaitement crédible.

Bien entendu il y a un message et il est très clair, on bétonne les villes à tout va, on construit dans les villes, dans les campagnes, jusqu'où ? quelle est la limite ?
C'est assez surprenant d'avoir lu ce livre juste après celui de Éric Faye et Christian Garcin (Dans les pas d'Alexandra David-Néel) où eux-aussi s'alarmaient de l'hyperconstruction dans les villes chinoises et les campagnes.

Un livre original, bien construit 😂 (sans mauvais jeu de mots), un sujet actuel et qui nous concerne tous.
Un auteur belge que je ne connaissais pas, mais que je trouve assez intéressant.

Rivages, 271 pages.