Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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dimanche 27 juin 2021

"Les suppliciées du Rhône" de Coline Gatel

 



Un bon petit polar pour se détendre, j’ai toujours aimé ça !

 

 

Lyon 1897, les corps livides de très jeunes filles sont retrouvés dans les rues de Lyon ; elles sont atrocement mutilées après avoir subi un avortement par césarienne. 

 

Félicien Perrier et Bernard Lecuyer deux étudiants du célèbre médecin Alexandre Lacassagne, sont nommés pour constituer une équipe d’experts ; c’est le début de la médecine légale. Accompagnés de l’intrigante Irina, journaliste polonaise, ils vont mener l’enquête qui les mènera dans les bas-fond de la ville des soyeux. 

D’un bouge d’opiomanes, à l’hôpital d’indigents, des faiseuses d’anges à la bourgeoisie montante, des pentes de la Croix-Rousse aux quais brumeux où se trouve la morgue flottante, cette drôle équipée va aller de surprise en surprise. 

 

 

Chacun de nos protagonistes a ses démons cachés ; petit à petit ils vont se dévoiler à nous et livrer leurs secrets.

Une plongée historique dans la ville et dans l’histoire de la criminologie.

Un polar prenant qui nous tient jusqu’au dénouement effrayant et inattendu. 

Le Livres de Poche, 416 pages. 

jeudi 20 mai 2021

"Ritournelle" de Dimitri Rouchon-Borie

 

RITOURNELLE


Pour ce deuxième roman de Dimitri Rouchon-Borie, la maison d'édition Le Tripode a repris un texte déjà publié en 2018, inspiré d’un fait divers. 

 

 

En assistant à leur procès, nous découvrons l’engrenage infernal qui a amené trois hommes 

à commettre l’irréparable.

 

 

Mais plus que ça c’est la bêtise et le désœuvrement qui se mettent en scène devant nous, impuissants témoins de l’absurdité de ce drame. 

 

 

Trois hommes se retrouvent dans un bar, l’ennui, l’alcool, leur vie (de merde) qui n’en est pas une, la famille protectrice qui n’existe pas, la violence quotidienne, permanente et c’est l’engloutissement, le dérapage, le piège qui se referme sur une barbarie sans nom.

 

 

Le style est totalement différent du roman précédent, ici les phrases sont courtes, on est dans le rythme du procès, des interrogatoires menés par le juge, c’est comme une pièce de théâtre, une tragédie.

C’est poisseux, gluant, il n’y a pas d’excuse, ni explication, juste la folie du mécanisme de la spirale diabolique. 

 

 

Je suis contente d’avoir aimé ce texte car j’avais été bouleversé par le démon de la colline aux loups et j’avais peur de la déception ; malgré la différence de style l’écriture est toujours là. Et même si le sujet est difficile, il est un témoignage d’une certaine réalité.



Le Tripode, 155 pages. Mai 2021

dimanche 26 juillet 2020

"En attendant le jour" de Michael Connelly




Quel bonheur de faire la connaissance de Renée Ballard la nouvelle héroïne de Michael Connelly, digne successeur de mon détective chouchou Harry Bosch. 

 

 

Renée commence très fort dans ce premier opus. 
Elle est affectée au quart de nuit après une sombre affaire de harcèlement sexuel avec un lieutenant de la brigade des vols et crimes. 
Bien entendu on tombe dans le cliché de la flic qui vit un peu n’importe comment, qui a eu une enfance un peu compliquée avec le décès de son père et l’abandon de sa mère, mais ce n’est pas grave il faut bien que nos flics soient un peu « abimés » pour pouvoir faire ce sacré foutu job !  Parce que soyons honnête ça n’a pas l’air facile tous les jours. 

 

 

Bref, notre Renée est sur plusieurs fronts car lors de la première nuit où nous l’accompagnons elle doit gérer avec son binôme un vol de carte de crédit, une prostituée retrouvée à moitié morte sur un parking et une fusillade dans un dancing….

 

 

Renée comme Harry a son petit caractère et ne laisse pas les choses facilement tomber, elle est têtue et veut aller au bout de ses enquêtes, même si ce ne sont pas vraiment les siennes 🙄  la coquine !

 

 

Évidemment j’ai adoré, je retrouve tout ce que j’aime dans les enquêtes de HB, le procédé des enquêtes, tous les petits détails, l’avancement qui se fait doucement et logiquement, on commence et on ne peut plus poser le livre jusqu’à résolution de l’enquête, et pour courronner le tout Michael arrive encore à me surprendre, il faut dire que je me laisse emmener sans aucune difficulté !

 

 

Avis aux amateurs ! 😉



Calmann-Levy Noir, 430 pages. 
Traduction de Robert Pépin. 

samedi 19 janvier 2019

"Le lecteur de cadavres" de Antonio Garrido



Le roman commence en 1206 en Chine Orientale.
Notre héros se prénomme Ci, il a une vingtaine d'années, il vit avec ses parents, son frère Lu et sa soeur Troisième. Elle est ainsi nommée car c'est la troisième soeur née malade, les deux premières étant décédées.
La famille Song est revenue vivre dans son village d'origine après la mort du grand-père alors qu'ils étaient installés dans la grande ville de Lin'an où le père travaillait pour un juge et où Ci pouvait étudier.
Le retour à la campagne est particulièrement difficile pour Ci qui adorait s'instruire et voulait lui aussi devenir juge. Son frère ainé est très dur avec lui et le bat souvent.

Mais tout change le jour où Ci retrouve le cadavre de Shang dans le champ de son frère où il travaille.  -Shang de qui il devait épouser la fille.
Les évènements s'enchainent rapidement et Ci se retrouve obligé de fuir son village avec sa soeur Troisième. Il part donc pour Lin'an où il espère pouvoir retourner faire ses études.

Et ainsi nous suivons les péripéties de Ci dans une ville dangereuse où il faut se méfier de tout et tout le monde. Il va pourtant réussir à retourner étudier, et même mettre un pied dans le palais de l'Empereur, mais je n'en dirai pas plus...

Ci est une personnalité qui a réellement existé et son oeuvre est arrivée jusqu'à nous avec son "traité légiste", il est le précurseur si ce n'est le père de la médecine légale.

Antonio Garrido s'est très bien documenté sur lui mais aussi sur la culture chinoise et les traditions de l'époque, ce qui fait que ce roman est à la fois historique, policier mais surtout passionnant !!

Le livre de poche, 719 pages.

jeudi 16 novembre 2017

❤️❤️❤️ "La serpe" de Philippe Jaenada


PRIX FEMINA 2017

Octobre 1941, c'est le matin et Henri Girard sort du château d'Escoire en appelant au secours, il vient de découvrir, sauvagement assassiné à la serpe son père, Georges, sa tante, Amélie et la bonne, Louise. Les premiers sur les lieux sont les gardiens du château, les Doulet. Très vite les gendarmes sont là, les premières constations, les premiers relevés... et les soupçons se portent tout de suite sur Henri, seul rescapé pourtant présent dans le château au moment des faits.
Mystère et boule de gomme, bah non pas tellement finalement puisque très très vite Henri est arrêté, toute l'enquête se fera à sa charge et après plusieurs mois d'attente viendra son procès et contre toute attente, en un temps historiquement record (moins de 15 minutes) il est innocenté !!!
Bon d'accord mais c'est quoi donc ! Mais oui mais oui...

Philippe Jaenada reprend donc l'enquête, en quelque sorte.
Tout d'abord il nous fait la bio de Henri Girard (devenu Georges Arnaud, célèbre auteur du "Salaire de la peur" !), puis il revient sur le procès et un rapide exposé des faits et enfin il mène sa propre enquête pour arriver à SA conclusion de l'affaire.

J'avoue je ne suis pas du tout objective parce que totalement "in love" avec Philippe Jaenada (je parle de l'auteur bien sûr). J'aime son style, son humour, sa curiosité.
Je suis assise au coin du feu, bien enfoncée dans un fauteuil moelleux, il est près de moi, un verre de whisky à la main, une cigarette allumée et il me raconte une histoire, je suis toute ouïe, fascinée, j'écoute - alors qu'en réalité je suis empêtrée avec un gros livre bien lourd dans les mains - mais il me fait cet effet là.

Voilà, donc ! Philippe (j'ai envie d'être un peu familière) enfile son imperméable de Columbo - et les verres de whisky (!!) - et part à Périgueux trouver de nouveaux indices et surtout se plonger dans les archives de l'Affaire.
Ainsi on avance pas à pas dans l'enquête, au milieu des digressions que l'on aime (que l'on attend ?), un peu de sa vie privée (très auto-critique et sans compassion avec lui-même), un peu de ses deux précédents romans ("Sulak" (qu'il va vraiment falloir que je lise) et "la petite femelle" (quoi vous ne l'avez pas encore lu ??!!)), toujours autant d'humour, beaucoup de recherches et de travail et une écriture passionnante. Un vrai polar mais dans la vraie vie !

Soyons sérieux.
On découvre une justice un peu étrange, tout d'abord dans l'énoncé des faits où il apparaît très clairement qu'Henri Girard ne peut qu'être coupable, et finalement en quelques minutes de délibération le jury l'acquitte. C'est très étrange. Et bien qu'il ait eu un des meilleurs avocats pour le défendre (Maurice Garçon) cela reste très troublant. Que s'est-il réellement passé ? Clairement le président du tribunal est en faveur de la défense, mais pourquoi ?? Qu'Henri Girard ait été coupable ou pas, cela laisse penser qu'il y a eu plus d'une erreur judiciaire.
Puis lorsque l'on découvre les arcanes de l'enquête cela laisse d'autant plus rêveur... soit Philippe est un héros, ultra-intelligent, qui voit tout et sait tout, soit (et désolée Philippe mais c'est plus probable (en revanche je reconnais l'ENORME travail qui a été fait)) il y a eu un sérieux laisser-aller au cours de l'enquête. On voit ce qu'on veut, on garde ce qui nous arrange et on fait sa petite tambouille avec tout ça. Nous ne saurons probablement jamais le fin mot de l'histoire, mais je reconnais que Philippe m'a plutôt convaincu dans son interprétation des évènements (ok ok je sais, aucune objectivité...).

Bref, ce livre est passionnant, drôle, savoureux... mais très lourd.
Évidemment je recommande plus que plus, et en profite pour vous (re)conseiller de lire "La petite femelle" que j'avais aussi adoré !!

"Voilà, j'aime bien les faits divers, le sordide ne me dérange pas à priori, mais en réalité, honnêtement, ça dépend : quand on a le sentiment de connaître quelqu'un, même si ce n'est pas vrai, quand on s'est attaché d'une façon ou d'une autre, ce n'est plus la même histoire. Ça désole, ça blesse, le sordide dégoûte."
"Enfin, à son ennemi le plus buté, Joseph Martigny : «Je fais bonne figure mais je sens chaque jour se perdre ma confiance dans la vie, toute ma jeunesse d'âme.»" 


Julliard, 648 pages.