Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mardi 14 janvier 2020

"L'Art du meurtre" de Chrystel Duchamp


Audrey, flic, la trentaine, est appelée sur une scène de crime assez étrange.
Un homme nu, assis à sa table - mise comme pour un banquet -, face à un crâne de squelette... une bien étrange mise en scène.
Alors qu'elle démarre l'enquête pour retrouver qui a assassiné cet avocat sadomasochiste, un deuxième meurtre est perpétré.

Notre enquêtrice est bien sur bourrée de problèmes, de remords, de défauts....
Heureusement elle a aussi étudié les beaux-arts avant de devenir flic comme son papa, ce qui l'aide beaucoup sur cette enquête.

Même si l'idée de départ est plutôt originale et sympa pour un polar, pour moi beaucoup trop d'évidences, de facilités, d'usage de "code" du roman policier. La trame est trop lisible et manque de finesse.

Et même si l'intrigue m'a un peu intéressée j'ai trouvé la fin assez décevante et cousu de fil blanc.

Bref je ne suis pas hyper emballée par ce premier roman qui bien qu'il ait beaucoup de bonnes choses me laisse un arrière-goût un peu amer quant aux finitions.

Voilà ça ne peut pas fonctionner à chaque fois.

L'Archipel, 272 pages. Janvier 2020

lundi 2 décembre 2019

"Vie de David Hockney" de Catherine Cusset




Je dois reconnaitre qu'avant de commencer ce livre je ne connaissais pas du tout David Hockney.
Catherine Cusset m'a ouvert la porte de sa vie, de la naissance d'un peintre, d'un artiste dans notre monde contemporain, un artiste toujours là, un artiste qui a connu la célébrité et la renommée de son vivant.
C'est un livre court mais que j'ai lu assez lentement finalement, car à tout moment j'avais besoin d'aller voir les oeuvres citées, décrites, racontées. J'avais besoin de regarder ces formes et ses couleurs.

Je suis donc partie à la rencontre de cet artiste, de cet homme, amoureux, passionné, vivant.
Un homme qui est passé entre les mailles du filet de la mort depuis tant d'années. Un homme qui a beaucoup perdu, traversé les années sida. Un homme vivant dans le milieu artistique homosexuel. Un homme touchant.

Une très jolie découverte servie par la très belle plume de Catherine Cusset qui sait raconter avec douceur une vie entière, belle et triste à la fois.

La lecture c'est aussi aller dans des milieux que l'on ne connait pas, la lecture nous pousse encore une fois à nous ouvrir, à découvrir, apprendre, la lecture est un voyage dont je ne me lasse jamais.

Gallimard, 181 pages. Janvier 2018

samedi 19 octobre 2019

"Rien n'est noir" de Claire Berest


Qui ne connait pas Frida Kahlo ? Ne serait-ce que de nom ?
Je reconnais que je n'en savais pas grand chose avant d'entamer la lecture de ce livre, en dehors des grands lignes bien sûr.

Frida donc, cette jeune fille pleine de vie, heureuse, amoureuse et qui à 18 ans à peine est percutée par un tramway alors qu'elle est dans un bus avec son amoureux.
Son corps est brisé ainsi que sa vie. Elle faisait partie des premières filles à étudier à la preparatoria, elle voulait devenir médecin.... mais après l'accident tout change. Elle passe des mois allongée, d'abord à l'hôpital puis chez elle dans son grand lit à baldaquin.
Alors elle commence à peindre, parce qu'elle souffre, elle peint.

Et puis lorsque enfin elle se remet debout elle va à la rencontre du grand peintre Diego Rivera, un célèbre muraliste, le peintre le plus célèbre du Mexique, un homme gigantesque, éléphantesque, son crapaud monstrueux, un homme à femmess jamais rassasié.
Elle est folle amoureuse de cet homme, elle réussit à s'en faire aimer et à l'épouser.
Leur vie commune sera très mouvementée, souvent douloureuse, surtout pour Frida, qui ne vit et respire que pour son homme.
Et puis sont corps se rappelle trop souvent à elle, elle si jeune et pleine de vie mais elle est freinée dans ses élans pourtant passionnés.
Elle est tellement vivante, colorée, brutale, forte...

Ce texte de Claire Berest est lumineux.
On sent tout l'amour que l'auteur a pour Frida Kahlo, sa jubilation de nous parler de l'artiste, son enthousiasme.
Il y a un rythme qui nous entraine et nous fait tourner les pages, on sent la vie qui avance vite, trop vite, on sent le sourire et l'éclat de l'auteur (que l'on retrouve effectivement dans les interviews).

Un livre exaltant mais sombre et pourtant "rien n'est jamais noir" !!
"Moi je ne me bats pas, Diego ? Je passe la moitié de ma vie à l'hôpital à me faire charcuter comme si j'étais un bout de viande sur l'étal d'un boucher ! Je ne suis pas malade, je suis brisée ! À Paris, j'ai cru que j'allais mourir. J'ai mal partout, j'ai mal tout le temps. Je ne parviens pas à imaginer ce que c'est que de ne pas ressentir de douleurs dans le dos, dans les mains, dans les jambes, dans le ventre. Je n'ai pas de pieds, j'ai des sabots, on m'a déjà enlevé des orteils, je boite ; dans les cabarets, je ne peux plus que regarder les autres danser. Je ne compte plus mes fausses couches. Quatre, cinq, six ? Et tu me dis que je ne me bats pas ? Je vis avec toi depuis dix ans, et tu oses dire que je ne me bats pas !"
Stock, 282 pages. Août 2019

samedi 9 février 2019

❤️❤️❤️ "Manifesto" de Léonor de Récondo


"Pour mourir libre, il faut vivre libre."

Léonor et sa mère Cécile traversent la nuit du 24 au 25 mars 2015 en veillant Félix, leur père et époux, qui s'apprête à laisser échapper son dernier souffle.

Les voix se mêlent et s'emmêlent, entre Léonor, qui nous livre cette nuit et quelques souvenirs, et l'esprit de Félix qui a retrouvé Ernesto (Hemingway) avec qui il discute, ils se racontent leurs souvenirs, notamment d'Espagne.

Félix est né au pays basque espagnol mais a fui en 1936 avec sa famille le régime de Franco et s'est installé en France. Il est artiste, peintre et sculpteur. 
Il a fabriqué le premier violon de sa fille Léonor, façonné avec ses mains et surtout beaucoup d'amour.
Malheureusement, à la fin de sa vie, Félix était très malade, touché par Alzheimer.

Léonor nous confie les blessures de son adolescence qui furent les déchirures de son père.

Un récit auto-biographique d'une grande pudeur, à la fois triste et lumineux. 
Dans les mots qu'elle utilise, dans sa façon de jouer avec les phrases Léonor de Récondo nous emmène dans un monde de douceur, de beauté pure, simple, sobre.

Un texte tout simplement magnifique, à lire et à relire.

Une auteur que je suis depuis le début, qui ne m'a jamais déçue. 
Elle renoue ici avec son histoire comme son premier texte "Rêves oubliés" qui racontait l'exil de son père et de sa famille, un texte que je relis donc avec plaisir.

Sabine Wespieser Éditeur, 179 pages.

samedi 26 janvier 2019

"Zao" de Richard Texier


Dans un court récit Richard Texier rend un hommage vibrant à son ami peintre franco-chinois, Zao Wou-ki.
C'est un texte très touchant sur l'histoire d'une amitié, amitié partagée autour d'une passion commune, la peinture.
J'ai aimé le ton du livre, cette chaleur dans l'amitié, ce grand respect d'un artiste pour un autre, j'ai aimé entendre le rire de Wou-ki dans les mots de Richard.
C'est un livre d'une grande tendresse et d'une douceur infinie.

Je ne suis pas très érudite en terme d'art mais cela m'a permis d'aller rechercher un peu plus d'informations sur Zao mais aussi sur Richard Texier, sur leurs oeuvres respectives.

Dans ce livre Richard parle aussi d'images qu'il a faites de Zao et notamment d'images vidéo, il m'a donné envie d'entendre le rire et la voix de l'artiste, de le sentir vivre et vibrer.

Alors curieuse je suis allée sur internet et j'ai trouvé le petit film dont il est question dans le livre et que Richard Texier a filmé avec son téléphone, vous trouverez le lien ICI .
"J'ai commencé ce jour-là une collection d'oeuvres de Zao Wou-ki. Elle me console aujourd'hui du manque de sa présence amicale et me remet en mémoire nos échanges d'artistes. Je revois sa main qui dansait  dans l'espace pour terminer les phrases quand les mots lui manquaient. Il tentait d'exprimer l'indicible en mimant dans l'air le geste du peintre qui parvient à capter le vol de l'esprit."
"L'affection s'accommode bien du silence. Il ne gêne que les étrangers. La présence bienveillante d'un ami suffit largement au bonheur partagé, toute parole est alors superflue."
"Il y avait de l'enfance dans cet homme-là." 
Gallimard, 153 pages.