Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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jeudi 24 juin 2021

❤️❤️ "L'isle ou la mémoire du sable" de Jean-Marie Quéré

 

 


Je dois tout de suite avouer que ce livre est un gros coup de cœur, tant pour l’histoire que l’écriture. Il m’a touchée au cœur car c’est un livre rempli d’amour. On y parle d’enfance, de souvenirs, de mémoire, de transmission. 

 

 

 

C’est l’histoire d’une famille qui, tous les étés, part s’installer pour camper dans un pré à Belle-île-en-mer ; toute l’année est rythmée par l’attente de ce grand départ, l’émoi et l’excitation montent au fil du temps qui passe et des petits indices qui indiquent que ce jour approche. 

 

 

C’est l’histoire d’un petit garçon qui aime cette île, sa beauté, sa nature ; ce petit garçon qui le temps de l’été vit au rythme de la marée, du soleil et des averses. C’est une ode à cette île tant aimée, une ode aux souvenirs familiaux. 

 

 

Ce texte court, très poétique, nous emmène tendrement dans les souvenirs de cet enfant devenu grand, dans ce qu’il a gardé de son lien sauvage et brut à la nature, ce lien qui le ramène au lien familial, à la transmission transgénérationnelle. 

La transmission voulue et choisie mais aussi la transmission qui se passe de mot, la transmission des émotions juste par une présence ; ce lien discret, ténu mais puissant qui se tisse de génération en génération. 

La fin est particulièrement belle, à la fois mélancolique et pleine d’espoir ; la vie passe mais l’amour lui reste et se transmet d’une main à une autre…

 

 

 

J'ai aimé plonger dans la simplicité des années 1960-70, la description des voyages, de la préparation avec les petits détails comme la grande boîte qui apparait dans la cuisine et à laquelle on se cogne tout le temps mais qui signifie que bientôt on va la remplir pour partir. 

J'ai aimé la façon dont cette famille découvre ce pré et s'y installe.

J'ai aimé ce petit garçon qui apprécie, déguste, jouit de chaque instant, chaque moment. 

J'ai aimé son enthousiasme lorsque sa grand-mère vient enfin leur rendre visite sur leur île.

Tout est beau, fait rêver, donne envie. 

Ce genre de lecture toute simple qui réchauffe le coeur et fait sourire.


Les Découvertes de la Luciole, 157 pages. 2021

lundi 4 juin 2018

"La maison à droite de celle de ma grand-mère" de Michaël Uras



Giacomo, d'origine sarde, vit à Marseille où il est traducteur.
Il a beaucoup de travail et notamment depuis que son éditeur lui a demandé une traduction d'une nouvelle version de la très célèbre histoire de Moby Dick. Mais son oncle l'appelle depuis son village natale pour l'informer que sa grand-mère très malade est hospitalisée et n'en a plus pour très longtemps.
Aussitôt Giacomo prend le bateau pour rejoindre son île et replonge dans son enfance, dans son village coloré aux personnages étranges.
Il nous permet de découvrir un petit peu de Sardaigne, de ses habitants.
Et peu à peu il nous emmène dans sa propre histoire et ses secrets.

Alors soyons franc, je n'ai pas du tout accroché avec les personnages qui ne m'ont absolument pas touché. J'ai trouvé l'histoire assez insipide et je me suis forcée à aller au bout pensant qu'il y aurait peut-être une surprise intéressante, mais non.
Alors certes c'est coloré, comme les murs du village ou les chemises des hommes mais pour moi ça s'arrête là, je n'ai trouvé aucun intérêt et surtout aucun plaisir à la lecture de ce livre.
Dommage j'ai perdu un peu de temps à vouloir aller au bout...
Suivant !

PRELUDES, 314 pages.

mardi 19 décembre 2017

❤️❤️ "Neverland" de Timothée de Fombelle


Une petite douceur, un petit bonbon sucré qui se dévore en quelques heures, et on se lèche les doigts pendant un petit moment de tout le sucre qui reste !

Timothée de Fombelle est l'auteur connu et reconnu de roman-jeunesse (Tobie Lolness, Vango...), pour la première fois ici il s'adresse aux adultes.

Il est difficile de "raconter" ce livre.
C'est un récit sur une tentative de retour en enfance, il y a des souvenirs mais pas seulement, il y a aussi ce petit quelque chose qui est plus de l'ordre du ressenti que de la mémoire, quelque chose qui vit dans notre chair et dans notre corps.
Timothée de Fombelle regarde le petit garçon qu'il a été, il se laisse conter son enfance, ce pays perdu dans lequel on se propulse grâce à une odeur, une image, une voix...

C'est beau et tendre, plein de poésie et de douceur.
On comprend finalement très bien pourquoi il écrit des romans pour les "enfants", cet enfant en lui qu'il a du mal à quitter, à laisser pour se tourner vers le monde des adultes.
Une jolie petite histoire qui fait du bien.
"Et quand, en découvrant un hiver une lettre de fiancé qu'il lui avait écrite au retour de captivité, je lus ces mots : « Je vous ai dit que toute ma vie serait consacrée à assurer votre bonheur et que je serais très difficile en cette matière, je ne veux pas pour vous d'un petit bonheur médiocre, à quatre sous, je veux un bonheur total, rayonnant, incommensurable. Je veux que vous viviez dans la gaité, dans la confiance, je veux que vous n'en croyiez pas vos yeux », quand j'ouvris, alors qu'ils avaient déjà tous les deux disparu depuis longtemps, cette lettre écrite à vingt ans, je ressentis le tremblement de terre que provoque en nous la parole tenue toute une vie."
"L'enfant est une île. Il ne sait et ne possède rien. Il devine des forces immenses sous les bandelettes qui serrent son corps. Pour lui, le lendemain n'existe pas. Le passé a déjà disparu. L'enfant commence par être cet instant suspendu, désarmé, qui jaillit comme un bouchon au milieu de la mer et regarde autour de lui." " - Oui. J'étais dans les rochers. Ils m'avaient l'air plus grands l'année dernière. Elle sourit sans me regarder.  -  C'est toi qui grandis. Aujourd'hui je me souviens exactement de ces mots. Et c'est vrai qu'en grimpant sur mon rocher, je me suis senti soudain différent. Une autre ligne à ajouter peut-être dans le cahier des jours où l'enfance m'a quitté."
"Mais au début, il n'y a que la sensation. Le monde vient cogner contre lui et l'enfant le laisse entrer."
"Je n'ai pratiquement pas de mémoire, et pourtant il y a un endroit où tout cela reste vivant. L'enfance n'habite pas la mémoire. Elle habite notre chair et nos os. [...] Elle est tout ce qui reste à ceux dont on dit qu'ils n'en ont pas eu. Je sens encore bouger en moi le corps de l'enfant."
 Il est des souvenirs que parfois on partage d'une certaine manière, et celui qui vient en particulier pour moi, j'ai la chance de pouvoir toujours en parler avec ma grand-mère. J'ai pu lui expliquer l'importance de ce vieux meuble en bois qu'elle a relégué ailleurs dans la maison mais qui pour toujours, pour moi, sera "le meuble à cadeaux" !
"Mais alors que la magie du tiroir sud reposait sur des objets tous anciens, périmés ou dépareillés, le tiroir supérieur, lui, encore plus large et plus fragile, n'était plein  que d'objets extraordinairement neufs. Une paire de chaussons dans son sachet, une valisette écossaise sous film transparent, une souris mécanique dans sa boîte. Le ravitaillement se fait sûrement par une trappe au fond du tiroir à l'aide de minuscules fourgons postaux tirés par des hannetons."
L'ICONOCLASTE, 117 pages.