Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mardi 23 juin 2020

"Le cerbère blanc" de Pierre Raufast



Voici le cinquième livre de Pierre Raufast que je lis. J’ai toujours énormément aimé son style et surtout son imagination débordante qui m’a emmenée comme un enfant dans un monde imaginaire merveilleux. 
Pour être honnête tout de suite, je n’ai pas aimé ce dernier livre. 

 

 

C’est une histoire qui se déroule très vite, de la naissance des deux protagonistes jusqu’au delà de leur 40 ans. 
Mathieu et Amandine se connaissent depuis toujours, ont passé leur enfance ensemble, puis leur adolescence, ils découvriront tout ensemble, seront amoureux, amants… jusqu’à ce que la vie les sépare.

 

 

Je n’ai pas aimé la fulgurance de la réussite de Mathieu, ni les coups durs que subissent les uns et les autres, trop c’est trop…

 

 Les thèmes abordés sont plutôt intéressants car il s'agit de la jeunesse éternelle, du vieillissement, de la mort (beaucoup).... mais la façon n'a pas fonctionné pour moi...


Je suis tout à fait ouverte à partir dans un imaginaire un peu fou, dans l’absurde et le burlesque, j’aime ça, mais ici impossible d’adhérer à cette histoire pour moi. 

J’ai trouvé les personnages énervants, leurs réactions n’ont pas de sens même dans le non-sens !

Impossible pour moi de tirer quoi que ce soit de ce livre, hormis que même un auteur que l’on aime peut décevoir. 

 


Stock Arpège, 283 pages. Mars 2020

dimanche 11 août 2019

"Adolphe" de Benjamin Constant



Adolphe est un jeune homme oisif, qui s'ennuie, il observe ses compagnons avoir de jolies histoires d'amour et pour s'occuper - se mettre un défi -, il décide de séduire Ellénore qui est la maitresse officielle de Monsieur P. et la mère de ses deux enfants.
Après lui avoir fait la cour Adolphe fini par obtenir les faveurs d'Ellénore qui décide de tout abandonner, amant et enfants, pour partir avec lui.
Cependant Adolphe n'est pas réellement amoureux d'Ellénore et très rapidement la vie à deux est pour lui une réelle contrainte. Ellénore lui repproche son manque d'amour... et lui veut sans cesse la quitter mais ne passe pas à l'action car il est en même temps lâche et se sent coupable.

Que va donc faire Adolphe ? Doit-il abandonner Ellénore pour être heureux et se donner la chance d'être amoureux, doit-il rester près d'elle coûte que coûte pour honorer ses promesses ?

J'ai bien aimé ce court roman classique que je n'aurais jamais découvert sans les recommandations du podcast des bibliomaniacs.
En revanche je n'ai peut être pas tout à fait le même ressenti que la majorité des lecteurs. Adolphe est un jeune homme un peu fat et ennuyeux, sa jeunesse ne lui rend pas vraiment service mais malgré cela il reste ou revient toujours vers Ellénore, est ce de la pitié, est ce un manque de courage, un jeu ? On a parfois l'impression que c'est lui la "victime".
D'un autre côté j'ai le sentiment que c'est Ellénore qui est inconséquente, c'est elle qui a l'expérience, elle a une bonne "place" dans la société, son amant la lui a donné, elle est bien entourée et heureuse. Cependant elle se laisse séduire et surtout elle quitte tout pour ensuite être beaucoup dans la plainte, la lamentation et le reproche.
Un texte vraiment intéressant, encore très moderne bien qu'écrit au début du 19ème siècle, on suit cet affrontement de couple sans savoir comment les deux protagonistes finiront pas sortir de leur propre piège.
C'est Adolphe qui nous parle et nous raconte son histoire, est-il absolument sincère ?
«…mais du reste, toutes les femmes, aussi longtemps qu’il ne s’agissait pas de les épouser, lui paraissaient pouvoir, sans inconvénient, être prises, puis être quittées ; et je l’avais vu sourire avec une sorte d’approbation à cette parodie d’un mot connu : « Cela leur fait si peu de mal, et à nous tant de plaisir ! »

« Quiconque aurait lu dans mon cœur, en son absence, m’aurait pris pour un séducteur froid et peu sensible ; quiconque m’eût aperçu à ses côtés eût cru reconnaître en moi un amant novice, interdit et passionné. L’on se serait également trompé dans ces deux jugements : il n’y a point d’unité complète dans l’homme, et presque jamais personne n’est tout à fait sincère ni tout à fait de mauvaise foi.»





mercredi 24 octobre 2018

❤️ "Ça raconte Sarah" de Pauline Delabroy-Allard

Chanson, toi qui ne veux rien dire, toi qui me parles d'elle, et toi qui me dis tout." Indian Song, Jeanne Moreau

Ça raconte une passion amoureuse fulgurante et dévorante entre deux femmes.

La narratrice est une jeune femme sage, professeur dans un lycée, mère d'une enfant de 6 ans, sa vie est plutôt monotone et tranquille ; à l'occasion d'une soirée de nouvel an elle rencontre la pétillante et extravagante Sarah, violoncelliste. Les deux jeunes femmes vont très vite se lier d'amitié, se voir tout le temps, de plus en plus souvent, jusqu'à réaliser qu'elles sont très amoureuses.

Vient alors les brûler le feu de la passion, l'exaltation, l'ivresse de l'amour tous les jours renouvelée.

C'est un roman court mais très intense, en deux parties distinctes. 
Dans la première partie, la narratrice nous raconte Sarah, leur rencontre, leur amour, la découverte, la folie de la passion. 
Ce sont des chapitres courts qui donne un rythme au livre comme une partition de musique, il y a des langueurs, des accélérations, des crescendos... On se trouve parfois sans souffle, haletant, pantelant, exsangue, tellement tout va vite, très vite. 
La tête tourne.
La deuxième partie est plus calme, mais aussi plus mélancolique, plus triste. La narratrice est seule, partie pour un voyage en Italie, mais Sarah est malgré tout toujours là, tel un fantôme, une ombre, une présence.

Il y a des mots, des morceaux de phrase qui reviennent dans le texte, un peu comme une obsession, un leitmotiv. Cela donne une narration très vivante, dynamique, rapide.

C'est un premier roman franchement réussi et tout à fait surprenant, plein de poésie.
"Ça raconte ça, le silence tonitruant et les jours cotonneux dans lesquels on flotte, quand on offre la vérité."
"Ça raconte ça : le souffle, le soufre, la tempête."
"Ça raconte ça, qu'on ne peut pas aimer, boire et chanter en paix, que pour vivre heureuses, il faut vivre cachées."
"Elle ne comprend pas que je suis à bout de forces de cette vie qu'elle me propose, de cette vie qui va trop vite et dans laquelle elle ne veut pas s'engouffrer tout à fait, de son instabilité, de son incertitude, de ses abandons et de ses caprices, de ses toquades de princesse."
"Ça raconte Sarah, imprévisible, ondoyante, déroutante, versatile, terrifiante comme un papillon de nuit."  
Les Éditions de Minuit, 189 pages.

lundi 26 mars 2018

Un peu de Darrieussecq

Afin de préparer la venue de Marie Darrieussecq je me suis (re)plongée dans 3 de ses nombreux romans. Ayant lu "Truisme" deux fois je n'ai pas eu le courage de le lire une 3ème fois, surtout que je n'avais pas particulièrement aimé et notamment à la deuxième lecture.


J'ai donc commencé avec "Clèves", que j'avais déjà lu. L'histoire de Solange, une jeune fille adolescente qui devient femme (en ayant ses règles !) et qui découvrent la sexualité. Solange a des copines qui "l'ont fait", d'autres qui en parlent beaucoup et visiblement toute la vie de ces jeunes filles tournent autour de ça !! Le choix narratif ne m'a pas du tout plu, j'ai trouvé ce texte trop trash (pourtant je ne suis pas bégueule), je ne me suis pas du tout reconnu dans ces jeunes filles, j'ai été assez dérangée. Alors peut-être était-ce délibéré d'exagérer, de surjouer, d'utiliser un vocabulaire cru (comme les ados ?), en tout cas ça n'a pas fonctionné sur moi. Heureusement le livre est court et se lit très vite. Mais bien que ce soit une deuxième lecture je me suis rendue compte qu'il ne m'était pas resté grand chose de la première... et après cette deuxième lecture je ne vois toujours pas ce qu'il m'apporte. Peut-être une manière de montrer les amours (d')adolescents difficiles, féroces...


 Deux ans plus tard, Marie Darrieussecq retrouve l'héroïne de "Clèves" ; Solange a la trentaine, elle vit aux États-Unis où elle est actrice. Elle rencontre Kouhouesso un autre acteur, d'origine camerounaise, avec qui elle va vivre une aventure et dont elle va tomber amoureuse. Lui veut réaliser un film en Afrique, projet qui lui prend beaucoup de temps. Ensemble ils vont partir en France puis en Afrique car Solange a réussi à décrocher un rôle dans le film de son amant. On voit bien Solange tomber amoureuse, s'accrocher, devenir dépendante de cet homme, de cette relation ; alors que lui-même ne semble pas du tout être sur le même registre bien qu'attaché à elle. On la voit observer sa relation et presque deviner ce qu'il va en advenir.                                                                       J'ai beaucoup plus aimé ce roman là que j'ai trouvé plus "calme", reposé. Je me suis même demandé si c'était la même personne qui avait écrit ce livre (ayant lu les deux l'un derrière l'autre). J'ai aimé suivre Solange dans l'évolution de ces sentiments, son attachement, l'attente entre deux rencontres, puis la lente déliquescence de cette relation. J'ai senti beaucoup de solitude malgré un amour fort, un besoin de se fondre dans l'ordre, presque de disparaitre.



Apparemment ce livre là a été écrit après la naissance de son premier enfant. L'auteur nous parle de sa découverte d'être maman, la rencontre avec son bébé au fur et à mesure que le bébé grandit, et elle écrit, elle, sur ce qu'elle vit avec lui. Bon franchement ok on peut dire que c'est un joli texte à la gloire d'être maman, ou de son fils, je ne sais pas trop. Mais j'avoue que je me suis un peu ennuyée, j'ai trouvé ça un peu gnangnan, dégoulinant d'hormones maternels... Et pourtant j'aime les bébés, j'aime la naissance... bref un livre sur lequel je suis passée assez vite, dont il ne restera pas grand chose, j'en suis bien désolée.





Après avoir écrit ses articles j'ai rencontré Marie Darrieussecq, j'ai donc pu l'écouter parler de ses livres, de sa manière d'écrire, comment elle envisage un roman et comment elle lui donne vie.
Forcément rencontrer un auteur (en général) nous donne un avis plus "humain" sur lui, on comprend plus de chose et on ne veut pas être dur. Cependant, mon avis sur les livres lus n'a pas changé je n'ai donc pas touché à mes articles.
En revanche je pensais en avoir fini avec elle mais elle a réussi à me convaincre de lire 2 autres romans. On verra donc si ces futures lectures seront différentes.
Quoi qu'il en soit c'était une rencontre très riche, très intimiste (nous étions loin de la conférence publique), j'ai beaucoup aimé l'écouter, elle était très intéressante, convaincante.
A suivre...

lundi 18 décembre 2017

"Repose-toi sur moi" de Serge Joncour


PRIX INTERALLIÉ 2016


Aurore est styliste et possède, avec Fabian son meilleur ami, une entreprise de création de mode. Son mari est franco-américain, un vrai businessman à qui tout réussit. Ensemble ils ont des jumeaux, un garçon et une fille.
Mais depuis quelques mois plus rien ne va dans la vie d'Aurore, elle se pose beaucoup de questions, et puis il y a ces deux corbeaux qui se sont installés dans la cour de son immeuble, ils la terrorisent, la tétanisent.

Dans le même immeuble parisien où vivent Aurore et sa famille, de l'autre côté de la cour, dans l'escalier C, vit Ludovic, un géant, célibataire, à Paris depuis seulement 3 ans.
Il vient de la campagne, c'est un ancien agriculteur, mais il a tout lâché pour venir faire sa vie ici, il travaille pour une entreprise de recouvrement de dettes. Il n'en est pas toujours fier mais c'est son travail. 
Régulièrement il retourne chez lui, dans la ferme de ses parents, que sa soeur et son beau-frère ont reprise. Il ne s'y sent plus tout à fait "comme à la maison", une gêne s'est installée, et puis il a du mal à supporter de voir sa mère dans son fauteuil, assise à ne rien faire, à oublier, à tenter de se souvenir.

Bien entendu Aurore et Ludovic vont se croiser, dans le local des boîtes aux lettres, dans la cour...
Tout les oppose, et pourtant une relation va naître. Petit à petit ces deux êtres blessés vont s'amadouer, se connaître, se reconnaître, jusqu'à ne plus pouvoir se passer l'un de l'autre.

Une histoire qui commence je dirais de façon tout à fait banale et puis petit à petit on rentre dans un scénario plutôt inattendu, on a parfois envie de dire -stop- mais où va-t-on ?, cependant ce couple improbable continue d'avancer, de manière surprenante.

J'ai plutôt bien aimé cette lecture, assez facile dans l'ensemble, on se laisse prendre par l'histoire - même si parfois il y a pour moi un poil d'exagération - et on suit, une jolie histoire d'amour. Peut être un peu de caricature ? Un bon livre de détente, où l'on voit une femme se battre pour sa société, pour son indépendance mais aussi pour son amour, un homme seul essayer de se reconstruire. 
Toutefois mon petit bémol est que la fin m'a semblé un peu négligée, comme si l'auteur ne savait plus trop quoi faire de ces héros, et les personnages secondaires sont finalement très peu existants bien qu'assez nombreux.
"Cette femme, il ne savait plus s'il avait vraiment voulu l'aider ou simplement la défier. Ce dont il était certain par contre, c'est qu'il prenait le risque de déstabiliser son couple, alors qu'ils étaient mille fois plus armés que lui, mille fois plus solides. [...] Alors il fixa cet appartement qu'il le dominait dans la nuit, avec ses fenêtres clignotantes, on aurait dit qu'il venait vers lui, il avait eu tort de s'approcher de ce couple, en se frottant à eux il avait tout à perdre, ce milieu n'était pas le sien, il n'aurait jamais dû s'approcher d'eux, ils finiraient par le broyer."
J'AI LU, 503 pages.

vendredi 9 décembre 2016

❤️❤️ "Tout dort paisiblement, sauf l'amour" Claude Pujade-Renaud



Régine Olsen fut la fiancée de Soren Kiekergaard mais il rompit leurs fiançailles sans que vraiment elle ne comprit pourquoi; 15 ans plus tard Régine est l'épouse de Frederik Schlegel gouverneur aux antilles danoises, nous sommes en 1855 et elle apprend la mort de son ancien fiancé.
Cette annonce la trouble énormément et lui fait se poser beaucoup de questions sur cet homme qu'elle a tant aimé. De quoi avait-il peur ? Quel était ce secret de famille qui semblait beaucoup le perturber ? Y avait-il une malédiction sur sa famille ? Cet homme devenu un écrivain et philosophe reconnu mais pas toujours apprécié dans son pays prend beaucoup de place dans sa vie, elle va essayer de le comprendre, renouer avec sa famille, ses neveux et nièces.

Claude Pujade-Renaud, une fois de plus, nous emporte dans la vie d'un homme célèbre de manière douce et délicate, au travers des yeux d'une femme qu'il a aimé et à la voix de laquelle se rajoute celle de son époux, d'un neveu et d'une nièce.
Avec son écriture juste et belle l'auteur sait nous emmener dans son histoire, dans l'Histoire.

Elle m'avait déjà emportée dans "L'ombre de la lumière" (histoire de Saint Augustin au travers de la vie de celle qui fut sa femme, je recommande vivement...) et là encore ça fonctionne très bien, j'adore !

Kiekergaard : "avoir la patience de supporter l'impatience de la compassion" ...
Actes Sud,  297 pages.