"Car la lecture est un singulier dialogue qui ne rêve que de pluriel, celui du désir incandescent d'échanger, de partager et de confronter ses impressions de lecture, de les dire aux autres et au monde, un désir puissant de faire circuler les oeuvres et de donner aux mots aimés l'écho le plus long et le plus lointain possible" Manuel Hirbec pour "Page"
Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.
Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?
La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...
Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !
Au plaisir de (vous) lire.
vendredi 25 janvier 2019
"Les mots entre mes mains" de Guinevere Glasfurd
1634, Helena Jans van der Strom entre au service de Mr Sergeant, un libraire anglais installé à Amsterdam. Helena n'est pas une servante comme les autres car elle est capable de lire et d'écrire bien qu'à cette époque les petites filles n'étaient pas instruites.
Elle est plutôt satisfaite de sa vie chez le libraire ; peu à peu elle devient ami avec la servante de la maison d'à côté, elle trouve des solutions pour écrire et réussit même à former son amie à la lecture et à l'écriture.
Mais un jour un invité très spécial vient s'installer chez Mr Sergeant, il s'agit de René Descartes, philosophe, mathématicien, physicien, biologiste .... Cet homme étrange va se rapprocher peu à peu d'Helena qui va se sentir "considéré", il est comme un féministe avant l'heure et encourage le fait que les femmes puissent s'instruire. Peu à peu le lien entre eux va se renforcer, se transformer... Descartes est en pleine écriture de son fameux "Discours de la méthode", il est occupé à observer, disséquer, écrire ; Helena est présente, participe, aide.
Ensemble ils auront une fille dont Descartes sera très proche mais pourtant il n'épousera jamais Helena, elle est servante et beaucoup plus jeune que lui, c'est le 17ème siècle, encore très religieux. Alors il les garde près d'elle et les cache, avec l'aide de son valet, Limousin, qui lui n'est pas très fan de l'idée... peut être un peu jaloux...
C'est un premier roman très réussi qui se base sur l'Histoire, celle de Descartes en particulier, de la Hollande et des découvertes scientifiques, mais c'est aussi une magnifique histoire d'amour romancée, l'histoire d'une femme qui sait ce qu'elle veut et qui se bat, une femme forte et sensible.
Je me suis beaucoup attachée à Helena, son environnement, son caractère, sa force et j'ai découvert René Descartes dont finalement je ne savais pas grand chose.
Merci à Sophie qui m'a fait découvrir ce roman, vous pouvez lire sa très belle critique ICI.
Préludes, 435 pages, traduit par Claire Desserrey.
dimanche 29 janvier 2017
❤️❤️ "La baleine thébaïde" de Pierre Raufast
Pierre Raufast avec son style très particulier et son imagination débordante m'avait déjà conquise avec ses deux premiers romans ("la fractale des raviolis" et "la variante chilienne") ; ce troisième roman dans la même veine que les deux premiers n'est en rien décevant.
thébaïde : lieu isolé et sauvage, où l'on mène une vie austère, calme et solitaire.
Richeville est un jeune homme tout juste diplômé d'une école de commerce qui cherche sa voie. Dans un journal il trouve une annonce à laquelle il postule et c'est ainsi qu'il se retrouve sur un baleinier à la recherche de la baleine 52 surnommée ainsi en rapport avec sa fréquence d'émission....
Richeville va se retrouver embarqué dans une aventure à laquelle il ne s'attendait pas.
Où l'on va notamment croiser un chercheur fou qui crée une matière grasse génétiquement modifiée, comestible et qui, une fois absorbée, s'accumulerait dans la poitrine des femmes et non sur leurs hanches et leurs fesses !! 😆
C'est un texte drôle, enlevé, rythmé, parfois cynique et très très imaginatif qui n'est pas sans rappeler le style de Jean Echenoz.
C'est frais tout en étant corrosif, beaucoup d'humour parfois grinçant.
On adhère ou pas, moi j'adore !!
Et si on a lu ses deux premiers romans on rit et sourit des petits rappels qu'il fait sur certaines histoires (l'explication d'une pluie diluvienne de plusieurs années dans un petit village français, une mort par empoisonnement, un certain jeu de carte, un ramasseur/collectionneur de cailloux...)
Bref un petit plaisir qui fait du bien et qui change !
"On veut faire le bien mais parfois ça tourne mal. Personne n'y peut rien. Ne jamais oublier qu'un aimant, même le plus fin possible, a toujours deux faces : la positive et la négative..."Alma Editeur, 218 pages.

