Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

Affichage des articles dont le libellé est médecine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est médecine. Afficher tous les articles

vendredi 10 janvier 2020

❤️❤️❤️ "Les mains du miracle" de Joseph Kessel




Mais comment cela se fait-il que je n'ai pas lu ce livre avant ?!!
Comment cela se fait-il que ce livre ne soit pas lu à l'école ?!

Félix Kersten, dont les origines familiales ont traversé toute l'Europe, vit en Hollande et a un passeport finnois.
Après quelques tergiversations en tant que jeune homme il a fini par trouver sa voie dans la médecine et en particulier dans le massage thérapeutique.
Ses mains sont des fées magiciennes qui soignent et soulagent, et très vite leur réputation dépasse les frontières de la Hollande où il s'est installé.
Alors un très bon ami lui demande de soigner Himmler, le second de Hitler, qui représente tout ce qu'il exècre.
Ne pouvant refuser, Kersten soigne Himmler, et le soigne si bien que ce dernier en fait son médecin personnel.
Ce qui pour l'homme aux mains miraculeuses est au départ un évènement terrible devient petit à petit une opportunité magnifique de faire le bien en manipulant (dans tous les sens du terme), le petit homme sec et nerveux, ce monstrueux criminel.

En effet, au fur et à mesure des soins, Kersten prend un ascendant énorme sur Himmler et parvient à lui faire accepter de libérer des hommes, d'en épargner d'autres, de ne pas organiser la déportation de 3 millions de hollandais.... il devient un des hommes les plus influents en négociant avec Himmler et les suédois pour sauver le plus grand nombre, et notamment à la fin de la guerre.

Sous la plume magnifique de Kessel on voit naitre cette relation si étrange, on prend peur pour le docteur qui prend des risques, on est écoeuré de l'attitude de ce fou qu'était Himmler qui de son bureau ordonnait les atrocités les plus abjectes dans le seul but de plaire et d'obéir à son dieu (Hitler...).

Un roman passionnant, puissant, à découvrir absolument, pour l'histoire dans l'Histoire, mais aussi parce que finalement même au pire du pire il y a toujours des hommes courageux, forts, déterminés, valeureux, prêts à se sacrifier pour sauver le plus grand nombre simplement parce qu'ils sont bons.
Un roman dans lequel on découvre le pire comme le meilleur de l'espèce humaine.

Au début du livre Kessel nous explique comment on lui a parlé de Félix Kersten, la difficulté au départ pour lui de croire à cette histoire, en effet inconcevable, et finalement sa rencontre avec le docteur qui avait conservé tout un tas de documents prouvant ces actes.
Cet homme est un héros dont je n'avais jamais entendu parler, c'est bien triste que l'on ne retienne pas aussi son nom.
Mais je suis heureuse maintenant d'avoir lu ce livre et découvert son histoire !

Folio, 400 pages. 1960

mardi 8 octobre 2019

"Les simples" de Yannick Grannec







Au bord de la Loup dans le pays de Vence, au bout du chemin du chef de Dalmas, en haut de la colline, se trouve le monastère de Notre-Dame du Loup où vivent des moniales.
Ces soeurs sont notamment connues pour leur hôpital et l'utilisation et la connaissance qu'elles ont des simples - les plantes médicinales.
Pour quelques heures de lecture on pénètre à l'intérieur de ce couvent pourtant fermé au public, et on y fait la connaissance de tout un système, une organisation très précise.
Il y a les Soeurs de choeur qui sont les moniales vouées à la prière, issues de familles riches qui ont pu leur donner une dot - aussi appelées les Marie, et les converses en générale d'origine modeste et qui assurent les travaux domestiques - qu'on appelle les Marthe.
Au-delà de cette hiérarchie simple une autre plus complexe est établie avec à sa tête la mère abbesse, ici Mère Marie-Vérane, puis la prieure et les soeurs discrètes dont la chancelière, la tourière et la cellérière, chacune ayant un rôle bien défini. Il y a aussi la circateure, la réglementaire, la chancelière, la préchantre, l'intendante.....
Dans ce monastère logent aussi des jeunes filles pensionnaires, de jeunes apprenties, de futures moniales.
À hôpital les soeurs ont pour habitude de prendre soin de la population locale, mais uniquement des femmes et des enfants ; elles vendent aussi quelques produits "pharmaceutiques" de leur fabrication ce qui leur permet un petit revenu, ces privilèges qu'elles ont obtenu après avoir soigné François 1er font des envieux et des jaloux et notamment en la personne de Jean de la Soline l'évêque local qui aimerait bien mettre la main sur les petits bénéfices des louventines.
Il envoie donc son jeune vicaire Léon de la Sine accompagné du vieux Dambier pour inspecter ce monastère et tenter de trouver une faille pour les faire plier.
L'arrivée du jeune Léon va provoquer une série d'évènements où la nature humaine ne se manifestera pas sous sa meilleure forme - et en particulier pour un milieu religieux...
Des querelles vont naitre et les jalousies longtemps cachées et tues seront exposées au grand jour.
Nous sommes en 1584, l'hérésie et la sorcellerie encourent une mort certaine souvent précédée de torture.

J'ai retrouvé avec un immense plaisir la plume de Yannick Grannec qui a un vrai talent pour dépeindre et décrire une ambiance, une époque.
J'ai été transporté au XVIème siècle dans cette campagne et cette abbaye, je me suis attachée à certaines nonnes tandis que d'autres m'ont révoltée.
Mais c'est affaire de relations humaines et dans humain il y a faille et faiblesse.

J'ai trouvé très intéressant de découvrir le fonctionnement du monastère, son fonctionnement interne mais aussi ses relations avec les hommes extérieurs et les autres hommes de dieu....
Une époque où la religion avait main-mise sur beaucoup de choses de la vie, une époque où la femme n'était pas grand chose.

Une fiction qui emporte et qui transporte, un vrai plaisir !
"Aux grands, la charge ; aux petits, le devoir"

Éditions Anne Carrière, 442 pages. Août 2019

samedi 19 janvier 2019

"Le lecteur de cadavres" de Antonio Garrido



Le roman commence en 1206 en Chine Orientale.
Notre héros se prénomme Ci, il a une vingtaine d'années, il vit avec ses parents, son frère Lu et sa soeur Troisième. Elle est ainsi nommée car c'est la troisième soeur née malade, les deux premières étant décédées.
La famille Song est revenue vivre dans son village d'origine après la mort du grand-père alors qu'ils étaient installés dans la grande ville de Lin'an où le père travaillait pour un juge et où Ci pouvait étudier.
Le retour à la campagne est particulièrement difficile pour Ci qui adorait s'instruire et voulait lui aussi devenir juge. Son frère ainé est très dur avec lui et le bat souvent.

Mais tout change le jour où Ci retrouve le cadavre de Shang dans le champ de son frère où il travaille.  -Shang de qui il devait épouser la fille.
Les évènements s'enchainent rapidement et Ci se retrouve obligé de fuir son village avec sa soeur Troisième. Il part donc pour Lin'an où il espère pouvoir retourner faire ses études.

Et ainsi nous suivons les péripéties de Ci dans une ville dangereuse où il faut se méfier de tout et tout le monde. Il va pourtant réussir à retourner étudier, et même mettre un pied dans le palais de l'Empereur, mais je n'en dirai pas plus...

Ci est une personnalité qui a réellement existé et son oeuvre est arrivée jusqu'à nous avec son "traité légiste", il est le précurseur si ce n'est le père de la médecine légale.

Antonio Garrido s'est très bien documenté sur lui mais aussi sur la culture chinoise et les traditions de l'époque, ce qui fait que ce roman est à la fois historique, policier mais surtout passionnant !!

Le livre de poche, 719 pages.

dimanche 21 janvier 2018

"Frappe-toi le coeur" de Amélie Nothomb

"Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie." Alfred de Musset

C'est l'histoire de Diane.
Diane qui était belle et intelligente.
Diane que sa mère n'aimait pas.
Diane qui voulait devenir médecin.

Une première partie narre la naissance et l'enfance de Diane dans une famille un peu spéciale où tout le monde a conscience du manque d'amour maternel envers cette petite fille et que tout le monde essaie plus ou moins de combler.

Puis une seconde partie s'attache à ses années d'étude pour devenir médecin, à son mentor, Olivia avec qui elle va vivre une amitié très forte.

Comme d'habitude avec Amélie Nothomb, roman très court qui va droit au but, mais du coup je n'ai pas eu le temps de m'attacher ou de ressentir de l'empathie ; les caractères sont trop "gros" ce qui m'a empêcher d'y croire.
En fait le thème de l'enfant mal aimé par sa mère me paraissait intéressant et j'ai été déçu par la rapidité et la manière de le traiter.

Pourtant quelques jolis passages et réflexions. Bref, pour un Nothomb as usual...

"Marie eût-elle pu se conduire autrement ? Diane pensait que non. Sa mère n'avait pas assez d'intelligence, il lui était impossible de prendre du recul. À quoi cela rimerait-il d'adresser des reproches à une personne incapable de s'analyser, à plus forte raison avec tant d'années de retard ?"
Albin Michel, 169 pages.

mardi 31 octobre 2017

❤️❤️ "La disparition de Josef Mengele" de Olivier Guez


PRIX RENAUDOT 2017

Un roman, mais aussi un récit documenté sur la fuite de Josef Mengele en Amérique du Sud après la fin de la seconde guerre mondiale.

Josef Mengele était "l'Ange de la Mort", le médecin du camp de Auschwitz. Il fit de nombreuses expériences et expérimentations sur les déportés vivants et morts. Il était celui qui décidait à l'arrivée des trains de la mort d'envoyer tel ou tel directement dans les chambres à gaz ou dans son hôpital.
Il était sans pitié, sans émotion et croyait dur comme fer à l'importance de son "travail".
Quelques pages décrivent avec plus ou moins de détails ce qu'il a pu faire ou ordonner, c'est assez difficile à imaginer ; comment un être humain est capable de faire toutes ces choses à un autre être humain.

Josef Mengele serait arrivé en Argentine et y aurait vécu sous un pseudonyme pendant quelques années, il y aurait vécu de belles années avec sa nouvelle femme ; puis toujours traqué il aurait fui au Brésil et aurait eu une vie "de rat" à se terrer, se cacher. On suit sa fuite, ses peurs, ses angoisses mais aucune pitié pour un tel homme qui a tout de même réussir à vivre 30 ans après la fin de la guerre sans jamais être jugé pour ses actes.
Alors certes cette vie décrite par Olivier Guez ne fait pas envie, et visiblement il aurait "souffert" mais il a malgré tout "vécu", il a eu cette chance, sans être jamais rattrapé. Protégé par toute une intelligentsia nazi présente en Amérique du Sud et aussi et surtout grâce à sa famille très riche, qui a toujours tout fait pour le protéger et le cacher. Seul son fils, qui ne l'a que très peu connu, semble être révolté parce que son père a fait, il tentera une ultime visite pour essayer d'obtenir les regrets de son père qui jamais ne doutera du bien fondé du nazisme, de l'eugénisme et de l'expérimentation humaine.

Le roman est vraiment très bien mené, à priori très bien documenté. Certains nazis ont été très bien protégés, y compris par certains gouvernements sud américain et parfois ont eu beaucoup de "chance"... Probablement que si le Mossad n'avait pas été obligé d'interrompre ses recherches ils auraient fini par retrouver le médecin de la mort et lui faire payer, à leur façon, ses crimes.
Pas de pitié pour le sujet, juste une description froide de ce que fut sa vie.

J'ai aimé ce livre bien que le sujet soit difficile, je l'ai lu presque plus comme un document/essai, capital pour le souvenir. Nous ne pouvons pas oublier, à quel point l'homme, et en particulier "en groupe", peut être déviant, à quel point on peut être incapable de se remettre en question.

Grasset, 240 pages.

vendredi 6 octobre 2017

"Sciences de la vie" de Joy Sorman



"La jeune Ninon Moise est l'héroïne et la dernière-née de cette famille qui s'est méthodiquement déglinguée à travers les siècles, l'héritière d'un imposant matériel génétique, et peut-être, qui sait, l'ultime maillon de cette chaîne, l'achèvement de la funeste lignée."
C'est une véritable malédiction qui frappe depuis des siècles la famille de Ninon et de sa mère Esther.
Tout a commencé au Moyen-Âge avec Marie Lacaze en 1518, elle fut la première touchée par une maladie inconnue et surprenante et après elle toutes les filles aînées, aucune n'y a échappé. À chaque génération sa maladie, sa tare, plus ou moins contraignante, plus ou moins douloureuse, à chaque fois différente.
Ninon, 17 ans, vit seule avec sa mère, et toute son enfance a été bercée par les histoires qu'elle lui contait, les histoires de leurs ancêtres. Il faut dire qu'Esther a fait beaucoup de recherches et connait chaque épisode de chacune de ses aïeules. Ninon rigole, parfois a peur mais toujours est passionnée et écoute attentivement sa maman.
Esther en tant que fille aînée n'est pas passée au travers de cette fatalité, elle souffre d'achromatopsie, c'est à dire d'une absence de vision des couleurs, elle voit la vie en noir et blanc ! Elle ne ressent pas de douleur et s'est plutôt bien accommodée de ce handicap particulier en devenant projectionniste de films d'art et d'essai ; elle vit la nuit et le jour se cache derrière des lunettes à l'abri de la lumière.
Pour toutes les deux il est évident qu'un jour Ninon aura elle aussi SON mal, elle ne peut pas échapper à cet héritage biologique.
Et en effet un matin de janvier Ninon se réveille avec une douleur insoutenable dans les bras ; du poignet jusqu'à l'épaule dès que sa peau entre en contact avec quelque chose c'est une brûlure intense et atroce. "Une souffrance inexplicable et disproportionnée [...]"
Débute pour Ninon une longue quête afin de découvrir ce qu'elle a, donner un nom à ce mal qui la ronge et lorsqu'enfin elle peut mettre un nom sur ce qu'elle éprouve (allodynie tactile dynamique) tout recommence pour trouver une solution et guérir. Rdv, entretiens, rencontres avec différents thérapeutes de toutes sortes, hospitalisations, cures, tout y passe, même les chamanes et voyants...
Peu à peu Ninon se renferme sur elle, dans sa chambre qu'elle ne quitte plus, elle s'éloigne de sa mère qu'elle tient pour "responsable" de son malheur.
Elle veut guérir à tout prix, elle veut rompre cette chaîne héréditaire, elle est plus que déterminée à sortir de ce destin soi-disant écrit pour elle.

Je découvre Joy Sorman pour la première fois et j'avoue je suis très surprise par ce roman. Sans pouvoir dire que j'ai adoré je ne l'ai pourtant pas lâché jusqu'à la fin. Il est très prenant, surprenant, mordant.
Écrit sur un rythme rapide, saccadé, on est presque essoufflé de la vitesse. La description de la vie de Ninon est froide, clinique, on va à l'essentiel, on ne perd pas de temps, un peu comme Ninon qui ne vit plus que par et pour sa douleur sans temps ni espace pour le reste.

J'ai aimé l'évolution de la pensée de Ninon, son obstination malgré son jeune âge, la distance qu'elle prend avec sa mère pour se débrouiller seule mais aussi pour tordre le cou à sa destinée.

Et je dois dire que j'ai énormément aimé la fin que choisi Joy Sorman pour son héroïne, j'adhère totalement à l'idée et au concept mais je n'en dirai pas plus il vous faudra lire le livre !!

"Bien sûr il arrive que des anomalies héréditaires restent latentes, ignorées à vie de leur porteur, comme des dispositions du corps non activées, mais cela n'a jamais été le cas dans cette famille, les dispositions se sont toutes déclarées, peut-être, chaque fois, à la faveur aléatoire d'un évènement, d'une rencontre, d'un affrontement avec les difficultés de l'existence, mais qui peut le certifier ?"
"Pourtant Ninon a aussi l'étrange impression d'être plus vive, plus affûtée depuis ces quelques jours, depuis que sa peau la fait souffrir en continu, comme si l'expérience de la douleur physique vivifiait sa pensée, comme si cette nouvelle configuration du corps avait induit une nouvelle configuration de l'esprit, une accélération de ses  facultés intellectuelles, la sensation tout simplement d'être devenue plus intelligente, peut-être de cette intelligence épaissie, ramifiée, complexifiée par le temps, l'âge, la vie, comme si son cerveau s'était embrasé en même temps que sa peau."
"[...] alors les amis s'éloignent, elle les tient à distance, sans tristesse car anesthésiée, flux émotionnel interrompu, coupure générale des sentiments, tout est éteint sauf ses bras hypersensibles."
"L'interne avait posé un diagnostic : conversion d'une émotion sur le plan somatique, Ninon avait entendu sans accrocher l'information, la laissant dériver et s'échouer à l'arrière de la tête, puis ça lui était revenu d'un coup, la phrase s'était faufilée au-devant de la conscience, éclairant ce qu'elle savait sans le formuler, sans l'articuler - quelque chose clochait dans sa vie qui s'exprimait à travers cette douleur allodynique. L'interne avait ajouté : toutes les maladies sont biopsychiques."
"[...] qu'Esther a consignées sans répit, reproduisant avec minutie son arbre généalogique aux innombrables branches malades et tordues dans un cahier relié de cuir qu'elle entend bien léguer à sa fille - cahier lourd comme un grimoire, héritage aussi écrasant que cinq siècles de parenté, histoire sédimentée dans la roche du temps."
"[...] - pas l'innocence cependant car guérir ce n'est pas tout effacer, revenir à un état initial, guérir ce n'est pas reprendre les choses au début, identiques et préservées, entre-temps tout à bougé."
"Ninon a tué en elle l'animal rampant de l'hérédité, réduit à l'état de dépouille suspendue dans un coin sombre et poussiéreux de sa mémoire, elle a sauté hors du rang des maudits, des tarés, des dégénérés, et se jure de ne jamais avoir d'enfants." 
Le Seuil, 272 pages.