Lorsqu’elle découvre une tâche brune dans le cou de ce dernier, elle réalise qu’il est en train de devenir noir et croit qu’elle n’aime plus son enfant. Tout va chavirer.
Flammarion, 270 pages. Mars 2020
"Car la lecture est un singulier dialogue qui ne rêve que de pluriel, celui du désir incandescent d'échanger, de partager et de confronter ses impressions de lecture, de les dire aux autres et au monde, un désir puissant de faire circuler les oeuvres et de donner aux mots aimés l'écho le plus long et le plus lointain possible" Manuel Hirbec pour "Page"
Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.
Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?
La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...
Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !
Au plaisir de (vous) lire.
"D'attendre que le livre sorte, que la procédure avance, de retrouver un peu de fric, de revoir mon fils. D'attendre que ça se calme, que l'univers s'habitue, cicatrise, se recompose. L'univers autour de moi. Je ne reviendrai pas en arrière, je ne reprendrai pas ma peau d'avant."
"Qu'elle n'est pas vraiment une mère puisqu'elle n'est pas vraiment une femme puisqu'elle n'aime pas vraiment les hommes. Que le droit est toujours du côté du plus fort et que la liberté n'est qu'une farce. Pour rester pure, je fais mon signe de croix au lubrifiant, je récite mon credo en jockstrap et mon confiteor en pinces à sein. La justice est porno, l'amour est porno, la famille est porno, il n'y a que le sexe qui ne l'est jamais. Puisqu'on se tait pour une fois, puisqu'on arrête de mentir."
"Quand j'ai les cheveux très courts, les quelques jours après le coiffeur, je passe ma main de la nuque au front, à rebrousse-poil pour sentir le crâne, les os, le squelette. Et puis ça repousse et je passe un peu moins la main. J'aimerais me raser la tête. J'y pense tous les jours. Mais peut-être qu'après il ne restera plus rien à faire. Peut-être qu'après je n'aurai plus d'idée. Plus aucun désir. C'est pour ça que je ne le fais pas."
Flammarion, 188 pages. Janvier 2020
"Dans l'esprit de Philippe Toussaint, tout était simple : j'étais une fille perdue qu'il avait ramassée en boîte de nuit et il me faisait travailler en échange du gîte et du couvert. En plus, j'étais jeune et jolie, pas contrariante, de bonne composition, plutôt courageuse et il adorait me posséder physiquement. Et dans une sous-couche plus perverse de son esprit, il avait pigé que j'avais une peur bleue de l'abandon, donc que je ne partirais pas. Et avec un enfant de lui, il savait qu'il m'avais immobilisée là, à portée de sa main."
"Je n'ai gardé de cette petite aucune image, rien qu'un vide immense. Irréparable et désespérant. Je pourrais douter que ce moment a vraiment existé. La seule chose qui m'est restée, c'est la violence."
"Petit garçon, lorsque Lina me disait : «Tu es né à Nice, je comprenais que j'étais né anis.»
"Pourtant, sans le savoir, ma mère et mes pères, adoptif ou naturel, portaient en eux les germes de toutes les haines qui avaient ensanglanté le mois de juillet : les séquelles de la colonisation, l'intolérance religieuse, l'antisémitisme français, le rejet des basanés." (Lorsque notre héros arrive à Nice c'est le mois de décembre, cinq mois après les attentats du 14 juillet...)
"Les secrets trop bien gardés sont comme des cartouches dans un stylo d'enfant. Quand ils éclatent, une encre sombre s'écoule et ça ressemble à du sang."
"Tu ne m'aimais jamais assez puisque je t'aimais toujours trop."Gallimard, 263 pages.
"Car toujours les mères courent, courent et s'inquiètent, de tout, d'un front chaud, d'un toussotement, d'une pâleur, d'une chute, d'un sommeil agité, d'une fatigue, d'une plainte, d'un chagrin. Elles s'inquiètent dans leur coeur pendant qu'elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient, présentes à tout, à tous, tandis qu'une voix intérieure qu'elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l'enfant sorti un jour de leur flanc."
" Lorsque tu reviendras, mon fils, mon fils parti voyager sur la peau du monde, mon fils coureur de mer, ce sera une fête."Les Editions Noir Sur Blanc, 190 pages.