Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mardi 21 juillet 2020

Frangines de Adèle Bréau





Les frangines ce sont Mathilde, Violette et Louise qui se retrouvent pour quelques semaines à Saint Rémy de Provence dans la maison familiale. 

Mais cet été est un peu particulier car un an auparavant un événement a marqué les vacances et transformé la vie de la famille Carpentier. 

 

Mathilde, l’aînée, est mariée à Raphaël, fait du yoga et est l’heureuse maman de Pia et Paul ;
Violette la cadette est séparée de Michel avec qui elle a eu Clarisse une jeune adolescente très bien dans ses baskets, elle a quitté son job pour devenir potière,
et Louise la « petite dernière » s’est installée dans la région comme infirmière à domicile, ainsi elle reste proche de Jeanne, leur mère, qui vit seule à ‹La Garrigue› la demeure familiale.

 

Adèle Bréau nous plonge dans une vie de famille finalement assez banale et classique avec les histoires, les secrets, les disputes, les jalousies et l’amour. 
Mais elle sait rendre cette histoire attachante, touchante, émouvante, car je crois que tout le monde peut s’y retrouver, tout le monde peut découvrir un peu de sa vie et de sa vérité et apprendre, comprendre. 

 

Ce roman m’a passionnée, le portrait de chaque personnage est très juste, on retrouve toute l’ambiguïté possible d’une même personne et surtout des relations, en particulier en famille. Tout cet amour qui existe mais qui n’empêche pas les non-dits, les colères, les incompréhensions. 

Elle décrit parfaitement la famille, sa complexité, ses imperfections, le besoin que l’on peut avoir de s’y retrouver tout en ayant aussitôt envie de la fuir. 

Cette famille sur laquelle on se construit, mais qui nous construit aussi, cette famille qui nous donne un rôle dont on ne veut pas forcément, cette famille au sein de laquelle on peut se comporter si différemment que lorsque nous sommes avec nos amis, 

Cette famille qui peut être notre pire cauchemar mais qui est toujours notre refuge.

 

Les sujets abordés sont variés, assez complets, je ne veux pas trop en parler ici car il me faudrait dévoiler beaucoup trop du livre, et je ne veux pas vous gâcher ce plaisir. 

J’ai retrouvé tellement de moi, de ma famille, de ma vie, c’est fou ! 
Adèle Bréau dans une interview nous dit qu’en effet elle a eu beaucoup de retour de ce genre, comme quoi toutes les familles sont différentes et se ressemblent 😊

 

 

️ SPOILER

La fin peut paraître un peu « facile » où tout va bien dans le meilleur des mondes, mais moi cette fin m’a plu énormément, j’avais besoin de celle-là à ce moment de ma vie, et surtout la vie qui est souvent une bitch est parfois sympa aussi, donc tout à fait crédible et même nécessaire. 

Un roman proche du coup de cœur, parce qu’il a parlé à mon cœur !


JC Lattès, 350 pages. Juin 2020



"Aujourd'hui elle est en paix. Sans savoir pourquoi, Jeanne a la certitude que malgré son âge, et ce pan de vie qui est derrière elle, il lui reste des bonheurs. Pas seulement ceux d'être heureuse en famille, en bonne santé, aimée des siens - ce qui est déjà une chance immense. Non, elle a le sentiment que son histoire n'est pas complètement finie, que le destin lui a gardé un ou deux rebondissements à venir. Est-ce qu'elle se fait des idées ? Est-ce son incorrigible optimisme qui l'en persuade ? Mais après tout, qu'est-ce que cela change ? L'important, c'est qu'elle y croie. Car elle a décidé de faire confiance au destin. "


lundi 10 octobre 2016

❤️❤️❤️ "Petit pays" de Gaël Faye



"Petit pays" est l'histoire de Gabriel, et avec lui celle du Burundi et du Rwanda.
Gabriel est né au Burundi d'un papa français et d'une maman réfugiée rwandaise, il vit à Bujumbura au Burundi et a 11 ans, lorsqu'en 1993, éclate la guerre au Rwanda avec le génocide des Tutsis.

Gaël Faye m'a totalement envouté par son écriture, son récit.
Il nous décrit une Afrique magnifique où l'on a envie de se précipiter pour siroter des fanta à l'ombre des magnolias ou des manguiers, tout en écoutant la musique des oiseaux et des insectes. Malheureusement petit à petit ces douces chansons sont remplacés par les bruits de kalachnikovs et des coups de machette.
Avec Gabriel on découvre un enfant qui ne veut pas quitter son monde pour entrer dans celui violent des adultes, un enfant qui voudrait fermer les yeux et ne pas voir, vivre l'horreur humaine. Un enfant qui voit s'effondrer sa famille, sa mère partie à la recherche d'éventuels survivants.
Et la guerre les rattrape, et il faut fuir le Burundi.
Le petit Gabriel devenu adulte revient en arrière au pays de son enfance, de l'innocence.

J'ai énormément aimé ce livre, son histoire, son style. L'auteur nous emporte dans son monde de poésie, de jolies mots et de belles phrases malgré un sujet difficile et douloureux.

Je recommande vivement !

"Tu causes, tu causes, mais je connais l'envers du décor, ici - quand tu vois la douceur des collines, je sais la misère de ceux qui les peuplent. Quand tu t'émerveilles de la beauté des lacs, je respire déjà le méthane qui dort sous les eaux. Tu as fui la quiétude de ta France pour trouver l'aventure en Afrique. Grand bien te fasse ! Moi je cherche la sécurité que je n'ai jamais eue, le confort d'élever mes enfants dans un pays où l'on ne craint pas de mourir parce qu'on est ..."

"A l'OCAF, les voisins étaient surtout des Rwandais qui avaient quitté leur pays pour échapper aux tueries, massacres, guerres, pogroms, épurations, destructions, incendies, mouches tsé-tsé, pillages, apartheids, viols, meurtres, règlements de comptes et que sais-je encore. Comme maman et sa famille, ils avaient fui ces problèmes et en avaient rencontré de nouveaux au Burundi - pauvreté, exclusion, quotas, xénophobie, rejets, boucs émissaires, dépression, mal du pays, nostalgie. Des problèmes de réfugiés."

"Et quand il riait, Alphonse, la joie repeignait les murs du petit salon de Mamie."

"Il était comme nous, comme moi, un simple enfant qui faisait comme il pouvait dans un monde qui ne lui donnait pas le choix."

"J'ai fini par accepter son état, par ne plus chercher en elle la mère que j'avais eu. Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s'y sont pas noyés sont mazoutés à vie." 
Grasset, 216 pages.