Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mardi 22 septembre 2020

"Vladivostok Circus" de Elisa Shua Dusapin

 



Nathalie, jeune costumière, part travailler à Vladivostok avec un trio qui pratique la barre russe. 

Deux hommes portent et soutiennent une barre souple et d’une grande élasticité sur laquelle une jeune femme saute et rebondit tout en faisant des figures.

 

 

Ce trio, composé d’Anna, Nino et Anton, se prépare à participer à un concours à Oulon-Onde, ils ont 6 semaines pour définir la chorégraphie, choisir la musique et les costumes. 

 

 

C’est l’occasion de découvrir un peu le milieu du cirque, en particulier en Russie, découvrir aussi un peu plus la vie des personnages qui accompagnent Nathalie.

 

 

Si l’écriture d’Elisa Shua Dusapin est toujours aussi belle et douce je n’ai malheureusement pas accroché ni avec l’histoire ni avec les personnages. Je dois reconnaître que je me suis un peu ennuyée. 

Bon ca ne peut pas fonctionner à chaque fois.

 

 

En revanche je recommande les yeux fermés son premier roman « Hiver à Sokcho ». 

 

ZOE, 174 pages. Août 2020

mardi 27 août 2019

"Oublier Klara" de Isabelle Autissier



Iouri, ornithologue, russe d'origine, vit depuis 20 ans aux États-Unis.
Il est rappelé à Mourmansk lorsque son père, Rubin, mourant, souhaite le voir une dernière fois.
Rubin lui fait une curieuse demande : comprendre ce qui est arrivé à Klara, sa mère, arrêtée par des hommes en noir, une nuit alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon.

Nous découvrons donc petit à petit l'enfance de Iouri auprès de son père marin-pêcheur, souvent absent, parfois violent et toujours très exigeant avec lui, Reva sa mère qui s'est enfermée dans un monde sans émotion ni sentiment, et Anton le père de Rubin, un grand-père faible, défaillant. C'est une enfance difficile pour Iouri, qui pour palier à tous ses manques se concentre sur les oiseaux, se passionne pour les oiseaux. Nous découvrons aussi l'enfance de Rubin le père et petit à petit en avançant, l'histoire de Klara.

C'est la Russie de Staline, post seconde guerre mondiale, c'est la guerre froide et le communisme, ce sont les arrestations arbitraires, c'est le goulag, ce sont les trahisons, c'est la peur... l'ambiance est là, le ton est donné, on a froid dans le dos et cela m'a rappelé cette même ambiance si bien décrite dans "pain amer" de Marie-Odile Ascher, cette Russie fermée, froide, violente, où l'on a faim et l'on tremble.

Mais c'est aussi la pêche que l'on découvre, la pêche en haute mer, la pêche qui vide les océans de leurs poissons, la pêche malgré la tempête, le métier si difficile de pêcheur avec les longues absences, les risques sur le bateau, la fatigue.

Et avec Klara, qui est chercheuse, on part dans le grand nord proche du cercle polaire, là où vivent les Nenets, ces tribus nomades qui vivent de l'élevage de rennes et de pêche.

Après "Soudain, seuls", c'est une deuxième rencontre littéraire avec Isabelle Autissier et je suis maintenant convaincue de son talent de conteuse, elle sait m'emmener en voyage avec elle, dans le temps, sur les bateaux et sur la glace. Elle n'épargne pas ses personnages et j'aime qu'elle en fasse des Hommes fragiles et vulnérables.

Stock, 320 pages.

vendredi 10 mai 2019

"Pain amer" de Marie-Odile Ascher


Marina est une jeune fille de 18 ans, heureuse, elle est amoureuse et se prépare à faire des études de littérature anglaise, la vie lui sourit malgré les difficultés rencontrées depuis la seconde guerre mondiale, mais voilà qu'en octobre 1947 ses parents décident que toute la famille doit quitter Nice et "rentrer" au pays.

Oui, parce que Marina est la fille de deux russes blancs qui ont quitté leur pays dans les années 20 au moment de la révolution bolchevique. Les parents de Marina se sont rencontrés en France, ils ont fait toute leur vie en France, ils ont eu 7 enfants et se sont installés depuis maintenant plus de dix ans à Vence. Mais le rêve d'un retour "à la maison" ne les lâche plus depuis que Boris, un des frères de Vladimir le père, a annoncé qu'il allait profiter, avec son épouse, de l'opportunité offerte par Staline de retourner dans son pays.

La propagande est dithyrambique, vous choisissez votre ville, le pays vous donnera un travail, un appartement, des bons pour partir en vacances, et du pain ! Comment refuser une telle proposition lorsque l'on se morfond de ses origines....

Mais pour Marina c'est toute sa vie qu'elle laisse derrière elle lorsqu'elle monte dans le train, c'est Marc son fiancé, ce sont Anne et Juliette ses deux meilleures amies, c'est son entrée à l'université, ce sont tous ses rêves et ses espoirs.
Et la déconvenue sera amère, violente, désespérante.

L'objectif est Odessa, le départ se fait en train de Nice, d'abord l'Allemagne, la Pologne et enfin l'URSS. Plus la famille avance dans son voyage, plus les conditions de transport deviennent archaïques et rudes. C'est l'hiver la famille a du mal à trouver de quoi se chauffer, de quoi se nourrir, de quoi boire....
Marina prend en charge ses frères et soeurs, elle se sacrifie et nous raconte au quotidien la descente aux enfers de sa famille, et comment petit à petit ils vont tenter de s'intégrer dans cette nouvelle vie où ils doivent lutter à chaque instant pour survivre sans pouvoir compter sur quiconque et en se méfiant de tous.

Un roman historique très intéressant, passionnant même. J'ai aimé suivre Marina et sa famille, j'ai souffert avec eux et on voit bien comment petit à petit un pays, un "chef" prend le dessus sur toutes les vies, sur toutes les pensées... Un roman troublant sur une période bien sombre de l'Histoire de la Russie, pardon de l'URSS.

Un premier roman réussi et très bien documenté.

Éditions Anne Carrière, 424 pages.

lundi 21 janvier 2019

"Noces de neige" de Gaëlle Josse



Deux femmes, deux époques, deux trains, deux histoires, deux destins... peuvent-ils être liés ?

Mars 1881, Anna et sa famille - de la grande aristocratie russe - quittent Nice pour retourner chez eux à Saint Pétersbourg reprendre leur quartier d'été après avoir passé l'hiver au bord de la mer sous un ciel bleu azur. Anna est encore une jeune fille, elle est très heureuse de rentrer chez elle car elle va - enfin - retrouver le beau Dimitri qu'elle s'est promis d'épouser. Elle doit partager la même chambre que Mathilde, la gouvernante française de son jeune frère, qu'elle ne supporte pas.
Le voyage en train doit durer 5 jours, il faudra de la patience.

Mars 2012, Irina monte dans le train à Moscou pour Nice où elle doit rejoindre le jeune, beau et talentueux Enzo avec qui elle correspond depuis plusieurs mois uniquement par email et qu'elle a rencontré via un site internet. Elle quitte tout, elle lâche tout et se lance dans ce voyage de deux jours qui l'amènera vers sa nouvelle vie.

Mais dans chacun de ces trains le voyage ne se déroulera pas exactement comme attendu et la vie des deux jeunes femmes en sera à jamais bouleversée.

Deux destinées de femmes dans deux huis clos intenses ; on entend le bruit du train sur la voie ferrée, qui signe le temps qui passe et la lente évolution des existences de ces deux femmes qui les emmènent inéluctablement sur une voie qu'elle n'avait jamais envisagé.

C'est le troisième roman de Gaëlle Josse que je lis, ce n'est pas mon préféré mais en revanche c'est toujours un plaisir de lecture, une belle écriture, des histoires toujours très originales et très bien menées, pas de déception.
Gaëlle Josse a trouvé sa voie et j'espère qu'elle continuera à nous enchanter avec ces beaux récits.

Pour mémoire, deux romans que j'ai énormément aimé de la même auteur, "Les heures silencieuse" et "Une longue impatience".

Le Livre de Poche, 122 pages.