Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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dimanche 14 mai 2017

"Les résistants de Tombouctou" de Joshua Hammer



Joshua Hammer est un journaliste américain qui nous livre ici un magnifique reportage/documentaire sur les manuscrits de Tombouctou, la montée du djihadisme au Mali et le sauvetage de ses fameux manuscrits.

Au début il faut un petit s'accrocher car cela peut sembler un peu rébarbatif mais de manière très intelligente il pose les bases du livre ; ce qui implique un peu d'histoire.
Histoire de Tombouctou avec son âge d'or, ses universités, ses sages, jusqu'à l'invasion marocaine à la fin du XVIème siècle, mais cette invasion ne mettra pas fin à la frénésie intellectuelle de Tombouctou, elle passera simplement dans la clandestinité, et de nombreux manuscrits seront cachés, disséminés parmi les familles de Tombouctou.
Histoire de ces fameux manuscrits au cours des siècles, manuscrits de physique, mathématiques, astrologie, philosophie, droit, des corans.... bref toute une culture datant de plusieurs siècles, un trésor  incommensurable.

Et nous arrivons à l'histoire de nos jours, avec Abdel Kader Haïdara qui pendant des années à sillonner l'Afrique, le long du Niger et dans le désert afin de récupérer un maximum de ces manuscrits (des centaines de milliers) et créer une bibliothèque-musée ; puis il s'est attelé à la création de sa propre bibliothèque avec les volumes hérités de son père.

Et puis c'est la montée du djihadisme, notamment au Mali, et la prise de Tombouctou, alors il faut sauver ces milliers de manuscrits qui ont tenu des siècles mais pourraient partir en fumée en quelques instants à cause d'une poignée de fanatique.

J'ai eu un petit peu de mal à entrer dans le sujet mais très vite je me suis retrouvée happée et passionnée, on apprend beaucoup sur l'histoire de l'Afrique, sa culture, sa connaissance.

"Tombouctou, «perle du désert», était depuis des siècles un foyer de culture islamique, et l'islam sous sa forme pervertie avait tenté de la détruire. Mais la force même de cette culture et la détermination de gens qui, comme Haïdara, s'étaient passionnés pour ses richesses et son rayonnement avaient, au bout du compte, sauvé les précieux manuscrits.
"L'un de ces chefs-d'oeuvre est particulièrement cher à Haïdara, car il le conforte dans sa conviction que l'islam, dans sa forme la plus pure, est une religion de paix. C'est un manuscrit sur la résolution du conflit entre les royaumes de Borno et de Sokoto (deux régions de l'actuel Nigéria), oeuvre d'un intellectuel et guerrier saint soufi qui régna brièvement sur Tombouctou au XIXème siècle. Haïdara voit en cet auteur un djihadistes au sens premier - et noble - du terme : un homme qui lutte contre ses pensées impures, ses désirs malsains, ses colères et ses démons intérieurs et les soumet à la raison et aux commandement de Dieu."
"En découvrant les manuscrits, Emily a été frappée par ce qu'ils révélaient : une société libérale traversée d'influences divers, une culture artistique et scientifique qui s'était développée parallèlement aux ferventes traditions musulmanes de Tombouctou."
"Ces manuscrits attestent d'une communauté au sein de laquelle science et religion faisaient bon ménage et s'influençaient mutuellement. Une telle vision du monde était incompatible avec celle d'Al-Qaïda."

dimanche 23 avril 2017

"Ritzy" de Pauline-Gaïa Laburte





Ritzy c'est la biographie de César Ritz, des hôtels bien connus du même nom !
Une histoire, une ascension incroyable, un bourreau de travail.
Je n'ai pas "choisi" de lire ce livre pour lequel je n'ai que très peu d'intérêt, mais l'auteur a su m'intéresser sans m'ennuyer.
Le rythme est assez rapide ce qui donne une lecture facile, entrainante, avec des chapitres courts.

On en sait un peu plus sur la vie de ce personnage, sur la vie dans les hôtels de luxe, l'hôtellerie de manière générale.
Ce n'est pas non plus une lecture indispensable...

Lu via la "bibliothèque orange".

lundi 13 mars 2017

"Voyage d'une parisienne à Lhassa" de Alexandra David-Neel




Encore un livre que je n'aurais jamais pris spontanément ! Vive le club de lecture qui nous pousse à nous tourner vers des choses nouvelles. (mais pas vraiment récente 😋)

Ce livre est le récit d'Alexandra David-Neel qui partit du Yunnan en Chine pour rejoindre Lhassa au Thibet, en traversant plusieurs cols, montagnes et plaines... et ceci en 1924.
Pour ce grand périple de plusieurs mois elle était accompagnée de Yongden  son fils adoptif mais aussi lama. À cette époque il était totalement interdit de se rendre au Thibet et encore plus pour une étrangère. Notre héroïne a dû user de différentes ruses pour parvenir à ses fins.
Elle s'est notamment déguisée en mendiante et s'est faite passer pour la pauvre mère du lama et épouse d'un "sorcier". Étant orientaliste elle avait une grande connaissance de ses régions lointaines et pouvait aussi très aisément parler plusieurs langages.

Son récit n'a pas pris "une ride", et lorsque l'on réalise qu'elle a effectué son voyage il y a bientôt 100 ans avec des moyens très réduits on ne peut qu'être admiratif de son exploit et de son courage. Car passer plusieurs mois dans le plus grand dénuement dans des contrées plus qu'hostiles presque seule, moi je dis chapeau !!!

Elle nous fait donc traverser avec elle les montagnes, les rivières et les forets mais elle nous emmène aussi à la rencontre des paysans, des religieux, de tout ce petit monde qu'elle croise sur sa route, bon ou mauvais...
Elle fini par arriver à Lhassa, au moment des fêtes du nouvel an, où elle passera deux mois toujours incognito,
On ne peut que se plonger littéralement dans ces pages et vivre avec elle au gré du froid, de la faim, et des paysages incroyables.

Et pour ne rien enlever au plaisir ce livre m'a été prêté dans une édition qui date de 1946, de quoi vraiment repartir en arrière.


mercredi 8 mars 2017

"Gauguin aux Marquises" de Laure Dominique Agniel



Ce livre est un document qui revient sur la vie de Gauguin et en particulier sur ses années passées en Polynésie française, d'abord à Papeete (Tahiti) puis aux Marquises où il finit sa vie.
Laure Dominique Agniel nous raconte son mariage, la naissance de ses enfants puis sa passion croissante pour la peinture qui lui fait quitter son travail de banquier pour s'y consacrer totalement.

Contre toute attente j'ai plutôt bien aimé ce récit.
Je n'aurai jamais spontanément choisi ce livre ; il fait parti des titres proposés par la bibliothèque orange à laquelle je me suis inscrite. J'avais longuement hésité et ce qui m'avait décidé était l'idée justement de faire des découvertes. Et voilà c'est chose faite !

Donc Gauguin, finalement je ne connaissais pas sa vie, si peu.
Sa biographie est assez rapide mais très bien faite et l'auteur s'attarde plus sur la fin de sa vie qu'il a passé aux Marquises. Il a énormément peint pendant cette période, mais aussi écrit, sur sa vie, sur ce peuple maori colonisé. Il va d'ailleurs passer la fin de sa courte existence à se battre contre l'administration, la gendarmerie et les religieux qui "exterminent" un peuple en voulant absolument les "civiliser", en tuant leurs traditions, leur culture, leurs origines, en les rendant incapable de survivre sur leurs iles, en leur apportant toutes les maladies du continent.
"L'opium les a émaciés, les terribles jus fermentés les ont corrodés d'ivresses neuves. La phtisie creuse leurs poitrines, la syphilis les tare d'infécondité. Mais qu'est-ce que tout cela sinon les modes divers de cet autre fléau : le contact des "civilisés". Dans vingt ans, ils auront cessé d'être "sauvages". Ils auront en même temps à jamais cessé d'être."

Il mourra détesté, haï, controversé par rapport à ses moeurs. La collusion du gendarme et de l'évêque lui ont beaucoup porté préjudice. On lui reprochera d'avoir abandonné sa femme et ses enfants (5) au Danemark et d'avoir "semé" d'autres enfants sur les îles...
Et pourtant ces oeuvres deviendront déjà célèbre seulement 3 ans après sa mort.

Une autre découverte intéressante pour moi, est qu'un jeune médecin de la marine, poète à ses heures, lui aussi tombé amoureux de ses iles du bout du monde, voudra rencontrer Gauguin pour échanger sur cette passion commune. Il arrivera malheureusement 2 mois trop tard, mais écrira sur Paul Gauguin, son oeuvre et sa passion, il le défendra contre les attaques non justifiés. Ce jeune homme est Victor Segalen qui a donné son nom au lycée français de HK, nom que je n'avais auparavent jamais entendu. Il a écrit au moins deux ouvrages consacrés à Gauguin et qui sont probablement passionnant, si un jour j'ai le temps.

Bref, en quelques 200 pages il y a beaucoup d'informations, très bien organisées, expliquées, racontées. Belle découverte et pour peu que vous soyez un tant soit peu intéressé par Gauguin et/ou les îles Marquises, je vous recommande cette lecture facile et rapide.

"Marie, l'arrière-petite-fille danoise de Gauguin, a été invitée à Tahiti pour le voyage inaugural du paquebot de croisière Paul-Gauguin en 1998. À bord du bateau qui porte le nom de son illustre aïeul, elle est tombée amoureuse d'un Polynésien qui travaillait à la télévision locale. Ils se sont mariés et sont partis vivre à Copenhague. Son arrière-petite-fille danoise mariée à un Polynésien : ses deux univers réconciliés et réunis, voilà qui eût enchanté Paul Gauguin !"

Comme quoi parfois le destin se permet de "rattraper " les choses !!!

Lu via la "bibliothèque orange".

mercredi 18 janvier 2017

❤️❤️ "Les portes du néant" de Samar Yazbek

"Pour les martyrs de la révolution syrienne. 
 J'écris d'une main tremblante.
 J'écris à l'aveugle.
 ...
 J'écris pour vous qui avez été trahis." 

Samar Yazbek est syrienne, alaouite, journaliste et écrivain reconnue. Après avoir pacifiquement manifesté contre le régime Assad et publié des articles la plaçant clairement dans l'opposition, elle a du fuir son pays et s'exiler en France avec sa fille quelques mois après le début de la révolution en 2011 - dont elle est une des plus célèbre porte-parole.
Ce livre est un documentaire qu'elle a écrit après être retourné plusieurs fois en Syrie entre 2012 et 2013, d'abord pour tenter de préparer "l'après-Assad", puis pour témoigner, donner une parole, une vie, un écho à toute cette souffrance.

Témoignage-essai publié en mars dernier, il est déjà ancien... l'Histoire a déjà avancé, changé...
Mais au moment des polémiques sur la médiatisation de la guerre à Alep - de sa destruction - il est bon de se replonger dans une certaine réalité.
Bien qu'il [me] soit impossible de juger de l'objectivité de l'auteur, il semble que sa connaissance du sujet soit suffisamment fine et approfondie pour se laisser entrainer à "écouter" ce qu'elle a à raconter, à nous dire. D'ailleurs une des femmes avec qui elle a passé beaucoup de temps lors de ces "retours" au pays lui a dit : "Ne meurs pas ici. Pars tant que tu le peux et demeure ce fil qui nous relie au monde."

Après quelques mois d'exil en France, à Paris, Samar Yazbek décide donc de retourner clandestinement en Syrie, son objectif est de préparer le futur, d'aider les femmes à s'organiser en montant de micro-projets, en s'assumant (beaucoup sont veuves et seules avec de nombreux enfants), de continuer l'éducation des enfants et d'alphabétiser les femmes des campagnes. Ces 3 voyages qu'elle fera, en s'infiltrant par une brèche de la frontière turque, seront pour elle 3 portes qui la rapprocheront à chaque fois un peu plus du néant. A chaque fois elle sera reçue et hébergée par une famille de Saraqeb dans la province rurale du nord-ouest de la Syrie - la région d'Idib.
Elle va observer l'évolution de son pays, comment "une révolte populaire pacifique contre un dictateur s'est muée en une mutinerie armée contre les militaires et l'État, avant que les islamistes ne s'emparent de la scène et ne transforment les syriens en pantins dans une guerre par procuration".

Avec les multiples témoignages qu'elle nous rapporte, on comprend un peu mieux comment l'Histoire s'est faite et tout s'est enchainé...
Après les différents "printemps arabes", le peuple syrien s'est pacifiquement révolté contre le gouvernement de Bachar Al-Assad qu'il voulait renverser; les buts revendiqués de cette révolution étant la justice, la liberté et la dignité. Cependant cette révolution s'est vite transformée en guerre civile puis religieuse avec l'arrivée des djihadistes.

Lecture forte, troublante, émouvante, avec Samar Yazbek on comprend que c'est tout le pays qui est bombardé, attaqué, violé, pillé, humilié, bafoué. Coincé entre l'armée d'Assad, l'armée de la Syrie Libre, les djihadistes, les mercenaires... le peuple est à terre, incapable de relever l'échine.

"Je regardais Shaher, né dans ce pays, qui le défendait avec une arme et son engagement. En face, des mercenaires étrangers coupaient des têtes au nom de la religion, réécrivaient la loi, se comportaient en colonisateur."
"Tout ce chaos alors que les rebelles se tuaient à la tache en défendant une révolution qui leur échappait et devaient lutter sur deux fronts, contre le régime d'Assad et contre les groupes djihadistes qui pourrissaient la vie."
"Tout ce que je voyais était à la limite du supportable. Je n'étais pas assez forte pour ces tueries incessantes, pour ce mal qui se répétait à chaque seconde, enflait, se multipliait et finissait par avaler tout le pays."
"...les brigades djihadistes s'imposaient par la force des armes et de l'argent."
"...les raisons qui avaient donné l'avantage aux djihadistes takfiris. Je devinais sa réponse : les sources de financement et les hommes qui affluaient tous les jours des quatre coins du monde pour combattre sous le prétexte de défendre l'islam.

Stock, 306 pages.

vendredi 1 juillet 2016

❤️❤️ "Et tu n'es pas revenu" de Marceline Loridan-Ivens


GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE

"J'ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l'ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres." 

Marceline Loridan-Ivens, née Rozenberg d'un père juif polonais ayant fui les pogroms, nous livre une histoire poignante, d'une grande sensibilité et magnifiquement écrite. 
A 15 ans elle est arrêtée et déportée avec son père, d'abord Avignon, puis Marseille et finalement Auschwitz pour lui et Birkenau pour elle.
Dans ce court récit, rédigé comme une lettre à son père, Marceline nous narre son histoire, le manque de son père.

Dès le début le ton est donné :
"J'ai été quelqu'un de gai, tu sais, malgré ce qui nous est arrivé. Gaie à notre façon, pour se venger d'être triste et rire quand même."
Dans le train qui les mène à la séparation le père dit à sa fille :
"Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrais pas."
Cette prémonition hantera Marceline longtemps, et lui donnera toujours le sentiment que c'était elle ou lui. 

Marceline nous parle de sa "vie" au camp :
"Là-bas, c'est le contraire, on perd d'abord les repères d'amour et de sensibilité. On gèle de l'intérieur pour ne pas mourir. Là-bas, tu sais bien, comme l'esprit se contracte, comme le futur dure cinq minutes, comme on perd conscience de soi-même."
"J'avais participé à la construction de la deuxième rampe du crématoire où venaient d'être poussés leurs enfants. J'allais maintenant trier leurs vêtements." 
Son père réussit à lui faire passer un mot :
"Ta lettre aussi arrivait trop tard. Elle me parlait probablement d'espoir et d'amour mais il n'y avait plus d'humanité en moi, j'avais tué la petite fille,  je creusais tout près des chambres à gaz, chacun de mes gestes contredisait et enterrait tes mots. J'étais au service de la mort."
"J'avais perdu tout repère. Il fallait que la mémoire se  brise, sans cela je n'aurais pas pu vivre."
Puis de retour à Paris, elle sait qu'elle ne reverra pas son père :
"A tous ceux qui dans le hall consultaient les listes [...] à la recherche de leurs disparus, je répétais, "Tout le monde est mort [...] Il y avait des enfants ? Pas un enfant ne reviendra." Je ne prenais pas de gants, je ne les ménageais pas, j'avais l'habitude de la mort. J'étais devenue dure [...] survivre vous rend insupportables les larmes des autres. On pourrait s'y noyer."
 "Mais j'étais ailleurs. Agrippée à toi, c'est à dire au néant."
"Michel et Henriette sont morts de ta disparition [...] Je suis la survivante. Je sais où tu es mort et pourquoi. J'ai surtout des bouts de toi qui n'appartiennent qu'à moi. Tes derniers pas, tes derniers mots même si je les ai oubliés, tes derniers gestes, tes derniers baisers."
Lorsqu'elle est dans sa prison à Avignon, elle écrit sur le mur de sa cellule de Sainte-Anne "C'est presque un bonheur de savoir à quel point on peut être malheureux"
"Je t'aimais tellement que j'étais heureuse d'être déportée avec toi. Et je peux le dire encore. Car avec le temps, l'ombre des camps sur ma vie se confond avec ton absence. Et c'est d'avoir vécu sans toi qui me pèse."
"J'avais presque seize ans et je m'affichais gaulliste, ma codétenue résistante était communiste, elle m'avait demandé pourquoi je ne l'étais pas. "Parce que je n'aime pas le peuple, c'est lui qui fait les pogroms", avais-je répondu."
Et à propos des enfants et de sa vie :
"Je n'ai jamais eu d'enfants. Je n'en ai jamais voulu. [...] Le corps des femmes [...] a été pour moi définitivement défiguré par les camps. J'ai en horreur la chair et son élasticité. J'ai vu là-bas s'affaisser les peaux, les seins, les ventres, j'ai vu se plier, se friper les femmes, le délabrement des corps en accéléré. Jusqu'au déchaînement, au dégoût et jusqu'au crématoire."
""Finalement tu avais épousé ton père" [...] Il n'avait pas pris ta place, elle était imprenable, il n'avait pas été un protecteur, j'avais pris soin de lui, autant que lui de moi. Nous étions deux artistes, deux sauvages. Mais j'avais épousé un homme de ton âge, héritier de ce dix-neuvième siècle exalté qui croyait en un progrès mécanique et continue de l'Histoire.