Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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vendredi 28 février 2020

"Sur le bout de la langue" de Ahmed Kalouaz



Je ne suis pourtant pas tellement friande de ce genre littéraire -les nouvelles - mais j'ai choisi de faire confiance à un auteur déjà très apprécié, et je n'ai pas eu tort.

Chacune des nouvelles, qui sont très courtes, met en scène un personnage qui revient sur son passé, dans des formes plus ou moins différentes, entre narration et dialogue.

Il y est aussi beaucoup question de mort, de disparition.
Des thèmes qui nous touchent tous, écrits avec beaucoup de poésie, de douceur, de maitrise.

Chaque nouvelle se déguste comme un petit bonbon, un petit plaisir, il ne faut pas être pressé, il faut prendre son temps.

Un auteur que je vous recommande, en particulier "Avec tes mains" et "Uppercut" que j'ai lu avant que ce blog existe (ne cherchez pas l'article sur ses deux romans, dont le deuxième est un jeunesse).

Éditions Le mot et le reste, 114 pages. Août 2019.

jeudi 16 janvier 2020

"Le huitième soir" de Arnaud de la Grange



C'est totalement involontaire mais me voilà de retour avec un nouveau livre sur Diên Biên Phù.
Sauf que cette fois on y est vraiment, dans le feu de l'action.
Le narrateur est un jeune homme, lieutenant de l'armée, qui prêt à quitter Hanoï pour retourner chez lui, se porte volontaire au dernier moment pour être parachuté dans le creuset de Diên Bien Phù et tenter de sauver les dernières positions. Il sait pourtant vers quoi il va.

Il y a huit journées, et huit soirs et les Viets attaquent surtout la nuit, et chaque jour le jeune homme raconte cette guerre tout en revenant sur sa propre histoire.
Et chaque jour on vit avec lui dans les tranchées, dans cette forêt moite, épaisse, lourde, chaude, dans la boue, le bruit, l'odeur.

C'est un texte court mais qui est d'une puissance folle. En peu de mots tout l'enfer de la guerre nous est conté, mais aussi son injustice, la fraternité, l'horreur de la mort. Mais pas tellement la peur que l'on ne ressent pas, comme si c'était une fatalité, déjà acceptée.

J'ai aimé, beaucoup, cette écriture simple et fluide, j'ai aimé la scène où Kader remercie son lieutenant au lieu d'essayer de lui remonter le moral, j'ai aimé le personnage de Pauline, cette jeune femme franco-vietnamienne qui sait ce qu'elle veut et où elle va, j'ai aimé notre conteur, sa sincérité, sa simplicité. J'ai aimé la lumière malgré la noirceur du sujet.

Un petit roman que je recommande vivement pour tout ce qu'il réussit à nous faire passer sans violence et naturellement.

Gallimard, 158 pages. Mars 2019

mercredi 18 décembre 2019

"Les gratitudes" de Delphine de Vigan



C'est l'histoire de Michka, une vieille dame qui perd ses mots et doit vivre dans un EHPAD.
Autour d'elle il y a Marie, une jeune femme qui lui rend visite régulièrement et qui est très proche d'elle ; et puis Jérôme l'orthophoniste qui vient deux fois par semaine pour l'aider non pas à retrouver ses mots mais à les perdre moins vite.
C'est un roman court qui tourne autour de ces 3 personnages, Michka en est le centre et petit à petit on déroule les vies des uns et des autres.

Je dois être honnête c'est une déception pour moi.
On m'avait parlé de ce livre avec des trémolos dans la voix et les yeux embués de larmes ; mais ça n'a pas fonctionné sur moi, est-ce mon petit coeur qui se durcit ? Suis-je en train de perdre toute sensibilité ?
Même si je suis capable d'être touchée par Michka, si j'entends et comprends le propos (la vieillesse, la mort, la perte du langage et implicitement de la mémoire, le lourd passé (abandon, guerre, ....)), cette femme qui tout en se dégradant (en vieillissant !) attend la mort avec une dernière obsession, retrouver deux personnes qui ont été importantes pour elle, j'ai trouvé que c'était un peu trop poussif et attendu, il n'y a pas de surprise.
Bien que le livre soit agréable à lire grace à son style fluide et délicat, il y a cependant beaucoup de bons sentiments et les personnages peu nombreux sont finalement peu développés, c'est dommage, j'aurai voulu en avoir plus sur chacun d'eux.

Habituellement j'aime ce qu'écrit cette auteur et je n'aime pas trop dire du mal des livres mais je ne peux pas non plus mentir, et pour celui-là il n'y a pas eu la rencontre attendue... Dommage.

Sur un thème un peu similaire j'aurai envie de vous recommander un livre de Frederique Deghelt "La grand-mère de Jade" que j'ai trouvé plus profond et plus crédible.


JC Lattès, 173 pages. Mars 2019

mercredi 6 novembre 2019

❤️❤️❤️ "Boom" de Julien Dufresne-Lamy




"Tu es parti avec ma tranquillité."

Tim(othée) et Étienne sont amis
Depuis 3 ans
Une amitié forte, belle
Comme elle peut l'être à l'adolescence
Mais voilà
Timothée meurt
Et Étienne se retrouve tout seul

Un texte court, fort, intense
Un roman sur l'amitié
                 sur l'adolescence
                 sur le deuil

Ça fait boom dans le coeur
Des phrases simples
       des mots justes

Encore une fois la plume de Julien Dufresne-Lamy
a fait briller mes étoiles
a illuminé mon esprit
par sa sobriété, sa délicatesse et sa beauté.

C'est décidé je vais lire tout de cet auteur qui en deux livres a su me conquérir
A lire absolument, ainsi que mon coup de coeur de la rentrée 2019 "Jolis, jolis monstres".

Actes Sud Junior, 110 pages. Avril 2018

lundi 30 septembre 2019

"La chaleur" de Victor Jestin


C'est l'été, il fait chaud, très chaud.
Un camping où les jeunes s'amusent, font la fête le soir sur la plage, se draguent.
Et puis il y a Léonard, 17 ans, qui ne se joint pas aux autres et qui une nuit arpente le camping et en arrivant au parc pour enfants assiste à la mort d'Oscar qui s'étrangle avec une balançoire. Il ne fait rien pour le sauver, le regarde droit dans les yeux, le regarde mourir.

Le lendemain c'est la dernière journée de vacances, Léonard doit repartir avec ses parents, mais la journée est longue, s'étire... Plusieurs fois il se dit qu'il doit parler, à la mère d'Oscar, à ses parents, à Luce, aux gendarmes... mais à chaque fois il n'y arrive pas. Léonard ne sait pas pourquoi il agit ainsi.

La journée est chaude, lourde. On la vit avec Léonard, dans sa tête, l'ambiance s'épaissit, s'alourdit, l'orage approche.
Les relations entre les adolescents sont compliquées, il y a les jeux de séduction, de pouvoir, de sexe.

Léonard a-t-il tué Oscar ? Est-il responsable ?

Ce premier roman, qui se lit d'une traite, est terriblement perturbant ; l'atmosphère est extrêmement bien rendue, on sent l'air poisseux, la chaleur lourde dans le chant des grillons, les questions qui tournent dans la tête de Léonard, le cerveau qui s'embrume.

C'est flippant de voir l'écart entre la raison et l'inconscience, au moment du passage à l'acte et ensuite.
Brrrrr j'en tremble encore.... et pas sûr d'avoir saisi le message.


Flammarion, 139 pages. Mai 2019

jeudi 25 juillet 2019

"Changer l'eau des fleurs" de Valérie Perrin





Violette Trenet, née sous X, trimballée de famille d'accueil en famille d'accueil, rencontre Philippe Toussaint alors qu'elle n'a pas encore 18 ans ; une petite fille nait très rapidement et plus tard, sous la pression de  ses parents, le jeune homme finit par l'épouser.
Ensemble ils seront gardes-barrières à Malgrange-sur-Nancy, puis garde-cimetière à Brancion-en-Chalon. Enfin c'est surtout Violette qui travaille, parce que son mari est un homme qui ne fait rien - un bon à rien, est très absent et surtout très infidèle ; il finira par partir et Violette sera heureuse de ne plus l'avoir sous le nez. De drames en déceptions, de rencontres d'amour et d'amitié Valérie Perrin nous promène dans la vie de Violette.

Dans ce roman il y a beaucoup de personnages dont on suit les histoires en parallèle, avec de nombreux va-et-vient du passé au présent.
Il y a la vie romanesque de Violette mais aussi celle de certains personnages qu'elle rencontre et qui lui apporte souvent beaucoup de belles choses.
Au milieu des malheurs de la vie, il y a de beaux moments et de belles émotions, de belles histoires, c'est pour moi un peu un roman "feel-good", ce qui n'est pas désagréable de temps à autre et en particulier pendant les vacances.

Je reconnais avoir eu un peu de mal à entrer dans le livre et à m'attacher aux personnages, mais finalement je me suis fait prendre par l'histoire et par Violette ; le rythme s'accélérant aussi, les secrets se levant peu à peu, les mystères se dévoilant... on se prend au jeu et on a envie de connaitre la suite et surtout le passé.
J'ai aimé les descriptions des lieux, on se sent comme dans un cocon, surtout dans la maison du garde-cimetière et dans le cabanon des calanques de Marseille ; j'ai aimé les descriptions des personnages, on les voit, on les sent, là juste à côté de nous. Malgré les difficultés rencontrées par Violette, malgré les aléas parfois dramatiques de sa vie, il y a beaucoup de douceur et de tendresse.

Je crois que c'est un livre à lire avec simplicité car certains évènements, certains personnages ne sont peut-être pas très réalistes mais ce n'est pas grave, on a malgré tout envie d'y croire et de les suivre.

"Dans l'esprit de Philippe Toussaint, tout était simple : j'étais une fille perdue qu'il avait ramassée en boîte de nuit et il me faisait travailler en échange du gîte et du couvert. En plus, j'étais jeune et jolie, pas contrariante, de bonne composition, plutôt courageuse et il adorait me posséder physiquement. Et dans une sous-couche plus perverse de son esprit, il avait pigé que j'avais une peur bleue de l'abandon, donc que je ne partirais pas. Et avec un enfant de lui, il savait qu'il m'avais immobilisée là, à portée de sa main."

Albin Michel, 555 pages.

vendredi 5 juillet 2019

"Trois petits tours" de Hélène Machelon



Le livre commence avec l'annonce du décès de Rose, une petite fille, très jeune, hospitalisée depuis de longs mois à l'hôpital Necker dans le service très spécial d'immunologie pédiatrique ; il se termine avec son enterrement.

C'est un roman polyphonique où l'on découvre différents personnages qui interviennent entre ces deux moment où les parents doivent décider de tout arrêter et jusqu'aux funérailles.

Il y a la pédiatre, Mademoiselle Sardine la clown du service, l'infirmière, Aline une autre maman, la dame de l'administration, l'aumônier, le thanatopracteur et la vieille tante.

Chaque personne a son importance dans ce processus.
Chacun parle, se raconte, sa vie, son métier, son lien à Rose ou ses parents en fil ténu, discret. Et juste après chaque personnage il y a la voix de la maman, comment elle vit les choses, ce qu'elle ressent face à son histoire et aux différentes rencontres.
Chacun porte son fardeau, sa douleur, sa détresse.

On le sait dès le départ c'est une auto-fiction, dont les parents sont les seuls personnages réels. Le sujet n'est pas vraiment nouveau mais ici la forme choisie est très intéressante et donne à ce livre une originalité, une délicatesse qui maintient le pathos à bonne distance.

Il est très intéressant de voir comment chaque personnage vit son quotidien à l'hôpital, au contact des enfants, de la maladie, de la mort. Une très bonne analyse des rencontres de deux êtres humains avec chacun son passé, son histoire et du coup sa manière de vivre les choses et de les transmettre, j'aime cette perspective qui donne une ouverture à l'autre et nous oblige, nous lecteur, à plus d'humanité, de respect et moins de jugement.

J'ai particulièrement aimé le personnage de la "peau de vache", c'est à dire la dame de l'administration, qui n'est pourtant pas très appréciée de son entourage et de ses collègues, mais lorsqu'on découvre sa vie c'est tout autre chose.
Un bel hommage rendu à tout le personnel de l'hôpital dans les personnages rencontrés, ils sont humanisés, vivent des émotions et des sentiments, ce que parfois on oublie, ils sont des hommes et des femmes comme les patients et leur famille.

Le père n'est pas très présent dans ce texte et c'est vrai que j'aurai aimé plus le ressentir mais il y a des questionnements intéressants par rapport au couple ou à la foi.

L'écriture est très jolie et vraiment agréable à lire, on est ému, touché par ce récit, j'espère que cette auteur ne s'arrêtera pas là !

Librinova, 125 pages.



samedi 9 février 2019

❤️❤️❤️ "Manifesto" de Léonor de Récondo


"Pour mourir libre, il faut vivre libre."

Léonor et sa mère Cécile traversent la nuit du 24 au 25 mars 2015 en veillant Félix, leur père et époux, qui s'apprête à laisser échapper son dernier souffle.

Les voix se mêlent et s'emmêlent, entre Léonor, qui nous livre cette nuit et quelques souvenirs, et l'esprit de Félix qui a retrouvé Ernesto (Hemingway) avec qui il discute, ils se racontent leurs souvenirs, notamment d'Espagne.

Félix est né au pays basque espagnol mais a fui en 1936 avec sa famille le régime de Franco et s'est installé en France. Il est artiste, peintre et sculpteur. 
Il a fabriqué le premier violon de sa fille Léonor, façonné avec ses mains et surtout beaucoup d'amour.
Malheureusement, à la fin de sa vie, Félix était très malade, touché par Alzheimer.

Léonor nous confie les blessures de son adolescence qui furent les déchirures de son père.

Un récit auto-biographique d'une grande pudeur, à la fois triste et lumineux. 
Dans les mots qu'elle utilise, dans sa façon de jouer avec les phrases Léonor de Récondo nous emmène dans un monde de douceur, de beauté pure, simple, sobre.

Un texte tout simplement magnifique, à lire et à relire.

Une auteur que je suis depuis le début, qui ne m'a jamais déçue. 
Elle renoue ici avec son histoire comme son premier texte "Rêves oubliés" qui racontait l'exil de son père et de sa famille, un texte que je relis donc avec plaisir.

Sabine Wespieser Éditeur, 179 pages.

jeudi 10 janvier 2019

"Mourir n'est pas de mise" de David Hennebelle


1974, Jacques Brel décide de partir en voilier faire le tour du monde.
Il embarque avec lui sa fille France et sa maitresse Maddly Bamy.
Il fuit le gris du ciel belge, les salles de spectacles fermées et enfumées, et les paparazzi.

Mais la vie ne fait pas toujours ce que l'on veut, ce que l'on avait imaginé.
Brel finira par s'installer aux îles Marquises, et malgré la maladie qui le ronge il composera un ultime album avant de partir pour toujours.

Un très joli texte, court, sur les 4 dernières années de vie du fabuleux chanteur que fut Brel.
On ressent toute la passion de l'auteur pour le poète ; moi il m'a emmené avec lui.
Je n'ai pas "connu" Brel de son vivant et hormis ses chansons les plus célèbres je reconnais que je ne savais pas grand chose de sa vie.

Un premier roman réussi, écrit avec finesse et poésie.

Autrement, 148 pages.

lundi 29 janvier 2018

❤️ "Parmi les miens" de Charlotte Pons



Manon est l'aînée d'une fratrie de 3, Gabriel est juste derrière elle, deux ans plus jeune, et plus loin, vient Adèle, 12 ans plus jeune.
Ils sont adultes, ne se fréquentent plus tellement, chacun a sa vie, ses regrets, ses rancoeurs.

Mais voilà, leur mère, Elsa, a un accident de la route, elle est dans le coma puis dans un état semi-végétatif.

Les deux soeurs et le frère se retrouvent, avec le père, autour de cette maman qui n'en ait plus vraiment une. Chacun réagit à sa façon, selon son vécu, son ressenti, son émotion. Chacun est différent, et surtout chacun avait sa propre relation à sa mère, une relation personnelle, individuelle qui n'est pas celle des autres. Ceci est valable pour tous, et pas toujours facile à gérer en "temps normal", alors en cas de crise cela devient assez compliqué. Et de vieux ressentiments réapparaissent, les non-dits ressortent, on se blesse, on se heurt, on se fait mal.

C'est Manon qui nous raconte l'histoire, c'est elle l'aînée, celle qui ne pleure pas, celle qui est assez radical, qui "rentre dans le lard", dit ce qu'elle pense sans prendre de pincette.
"...Je sens qu'elle est sur ses gardes depuis que j'ai si crûment exprimé le fond de ma pensée, et je prends soin de ne pas entrer dans son jeu. Je réponds visite, ménage, courses et repas pour papa ; elle réplique que ça ne remplit pas une journée. Je réponds que c'est ce qu'on attend de moi, l'aînée ; elle me dit que c'est insupportable cette façon que j'ai de tout vouloir porter."
"Toujours cette méfiance dans sa voix. Mais qu'ai-je bien pu lui faire pour qu'elle me considère ainsi, comme une ennemie ? Qu'est-ce qu'elle trimballe que j'ignore ? Et quand cela a-t-il débuté ?" 
Et puis petit à petit, les semaines et les mois passant, la situation ne s'améliore guère, et certains secrets font surface, et chamboulent encore une fois les relations des uns et des autres.

Premier roman pour moi plutôt réussi, très bien écrit et très bien mené. L'histoire est assez "dur" et je me suis pas mal identifiée à Manon sur beaucoup de perspective, de façon d'agir/réagir/interagir.... parfois ce fut très troublant.
Ce livre a eu des résonances très particulières qui ont probablement fait qu'il m'a touché, qu'il m'a ému, qu'il m'a eu.

L'incipit nous jette directement dans le bain, de l'histoire et du style :
"Il y a peu de choses que je n'acceptais pas venant de maman. La voir mourir en faisait partie."
Je trouve cette première phrase très belle, en tout cas elle a beaucoup d'écho chez moi, et elle me trouble beaucoup.

Le traitement du rapport au corps, du vieillissement, de la perte d'autonomie, de la dépendance est vraiment intéressant. Ce dégoût de la peau flasque, de ce corps qui n'est plus celui de l'être aimé ou si peu. Beaucoup de questions naissent, d'interrogations sur ce que l'on ferait soi-même dans cette situation, des choix que l'on prendrait, ce que l'on ressentirait....
Mes petits bémols sont que j'aurais peut-être aimé que les personnages soient un peu plus fouillés, notamment le père, j'aurais voulu en savoir plus sur lui et son ressenti. C'est Manon qui nous raconte, c'est surtout elle que l'on découvre mais c'est vrai que son frère et sa soeur sont importants et particuliers et quelques éléments nous manquent sur leurs relations.

Flammarion, 191 pages.