"Elle n'est plus là, parce qu'elle n'est plus nulle part. Elle est dans mon coeur, elle peut très bien y vivre. Je la fais battre. Pour la réanimer."
"Car la lecture est un singulier dialogue qui ne rêve que de pluriel, celui du désir incandescent d'échanger, de partager et de confronter ses impressions de lecture, de les dire aux autres et au monde, un désir puissant de faire circuler les oeuvres et de donner aux mots aimés l'écho le plus long et le plus lointain possible" Manuel Hirbec pour "Page"
Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.
Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?
La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...
Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !
Au plaisir de (vous) lire.
mardi 18 février 2020
❤️❤️ "Marche blanche" de Claire Castillo
mercredi 25 septembre 2019
"le bal des folles" de Victoria Mas
1885, la Salpêtrière est un lieu d'enfermement, enfermement de femmes, de femmes "folles".
Mais ce mot de "folle" englobe beaucoup de définitions.... la plus simple étant ⟨toute femme qui dérange⟩.
De la femme adultère à la prostituée, de l'hystérique à la mélancolique, celle dont on a honte, celle qui ne doit pas entacher un nom...
Bien entendu ce sont souvent les hommes qui font enfermer ces femmes, les maris, les pères, les frères....
Dans ce célèbre hôpital parisien, le docteur Charcot officie, et notamment il hypnotise. Alors son cours du vendredi est toujours plein, d'hommes, bien sûr.
Et une fois par an il organise le bal de la mi-carême, bal auquel le tout-Paris voudrait assister car y sont "exposées" les aliénées de l'hôpital.
Des destins de femmes se croisent, se télescopent, s'entrelacent... et particulièrement Louise la jeune adolescente amoureuse et ingénue, Thérèse l'ancienne prostituée qui tricote et a trouvé un refuge dans cet asile, Geneviève la fidèle et dévouée infirmière et Eugénie la fille de bonne famille, la rebelle.
Une description très fine de l'époque, de Paris, on entend le bruit des sabots sur les pavés, on voit les moustaches et les chapeaux, les tenues des femmes, les rues le long de la Seine, on entre très facilement dans ce très beau premier roman et on se laisse happer par l'histoire.
J'ai beaucoup aimé l'histoire et me suis attachée aux personnages, j'ai même maintenant envie de croire aux esprits...😉
Un premier roman tout à fait réussi, une auteur à suivre !
Albin Michel, 251 pages. Août 2019
dimanche 28 avril 2019
"Of mice and men" de John Steinbeck
Nous sommes dans les années 1930 en Californie pendant la Grande Dépression ; deux hommes vont de ferme en ferme pour louer leurs bras et tenter de se constituer un petit pécule. Ils n'ont qu'un rêve, avoir leur petit lopin de terre à travailler, quelques animaux dont des lapins, et vivre tranquillement.
Mais voilà, la vie n'est pas si facile pour Georges et Lennie.
Lennie est un géant, qui possède une force démesurée et une cervelle de moineau, il n'est pas méchant mais pas malin non plus, alors Georges est là pour le protéger de lui-même mais aussi du reste du monde.
Lorsque qu'ils arrivent dans cette nouvelle ferme on sent la tension qui monte, que quelque chose va se produire, le récit est parfaitement mené et nous accroche, on ne peut plus lâcher le livre.
Je n'avais pas encore lu ce livre qui est pourtant un grand classique et je suis ravie de l'avoir fait, enfin, et en anglais, grace à mon fils qui l'a étudié récemment.
La lecture dans la langue originale apporte beaucoup même si cela n'a pas toujours été facile, mais j'ai été transportée dans ce milieu agricole, d'hommes, de travail difficile, où chacun doit se battre pour sa peau.
Une magnifique histoire d'amitié, de fidélité et en même temps tellement déchirante.
Un texte court mais lourd de sens.
Penguin Books, 121 pages.
samedi 22 décembre 2018
"On ne voyait que le bonheur" de Grégoire Delacourt
Antoine est expert en assurance, il évalue le prix des choses, des vies...
Il est marié avec Nathalie, ensemble ils ont deux enfants, Joséphine et Léon.
Alors c'est parti on y va : petit il a perdu une soeur, sa mère est partie et l'a complètement abandonnée, sa femme le trompe, son père est malade, et bien sur il est viré, ouah tout ça pour un seul homme, alors oui bien sur il pète un plomb, et fait une énorme bêtise.
Puis on le retrouve au Mexique où il essaie de se racheter une deuxième vie.
Enfin sa fille Joséphine donne son sentiment sur tout ça (j'essaie quand meme de ne pas trop en dévoiler pour ceux qui voudraient encore le lire).
Donc vous l'aurez compris je n'ai pas aimé ce livre.
Du pathos, en veux-tu ? en voilà !!
Je n'ai pas cru une demi-seconde au personnage d'Antoine qui pour moi est faux du début à la fin, il n'y a rien de crédible dans cette histoire.
Alors c'est sur il sait écrire, et c'est tant mieux ça permet d'avancer vite vite ; j'ai failli abandonner plusieurs fois mais je me disais que peut-être au bout... et alors ce n'est pas faux, dans la dernière partie il y a de jolies choses (ouf) sur le pardon.
Mais bon ensemble pour moi plus que médiocre, sur le même thème (encore une fois que je tais pour ...) lisez plutôt "Bord de mer" de Véronique Olmi qui pour le coup est poignant et magnifique.
JC Lattès, 360 pages.
mercredi 20 juin 2018
❤️ "La salle de bal" de Anna Hope
1911, près de Leeds, Yorkshire, l'asile de Sharston.
Un bâtiment magnifique, avec un immense parc, les bois à côté et les fermes.
L'asile fonctionne en autosuffisance grâce à son environnement et en faisant travailler ses patients.
C'est le début du siècle et à cette époque on enferme encore les gens pour le moindre trouble "psychiatrique" (anorexie, dépression, parfois juste un fort caractère ou quelqu'un qui dérange...).
Certains déficients vont pouvoir sortir au terme d'un séjour plus ou moins long et d'autres sont "poussés" dans le pavillon des "chroniques" dont ils ne sortiront que les pieds devant.
Dans ce roman nous suivons trois personnages principaux, tour à tour :
Ella, une jeune femme qui arrive tout juste dans l'asile et qui travaillait dans une filature depuis son plus jeune âge et qui, suite à un accès de colère, a brisé une vitre ce qui lui vaut l'internement...
John, cet irlandais taciturne qui traine toujours avec son ami Dan Riley - le marin -dont on découvrira petit à petit les raisons de son internement.
Charles, un des médecins de cette institution, passionné de musique et qui souhaite ardemment révolutionner la prise en charge des déficients mentaux.
Les relations de ces trois personnages vont évoluer au fur et à mesure et leurs interactions vont avoir des conséquences assez importantes pour chacun.
Ella comprend vite que si elle veut sortir il lui faudra se tenir tranquille. Elle se lie rapidement avec Clem une jeune femme qui dévore les livres et qui va lui donner les quelques clés pour survivre dans ce lieu à l'air faussement calme et paisible...
John travaille dur avec son ami Dan, ils ont la chance de pouvoir être dehors même si c'est pour creuser les tombes de leurs camarades.
Charles est très intéressé par l'eugénisme et il souhaite participer à un colloque où il voudrait démontrer que la stérilisation systématique des malades mentaux n'est pas nécessaire - souhait notamment de Winston Churchill de promulguer une loi dans ce sens - mais que l'on peut les aider à évoluer favorablement notamment grâce à la musique. C'est ainsi qu'il a institué tous les vendredis soirs un bal où les femmes et les hommes (qui ont été "sages") peuvent se retrouver pour danser. C'est au cours d'un de ces bals que Ella et John vont faire plus ample connaissance.
Malheureusement Charles, qui est peut être le plus "malade" des trois, va peu à peu modifier son point de vue et son comportement.
Anna Hope s'est inspirée du West Riding Asylum devenu ensuite le High Royds Hospital pour situer son roman, mais aussi de l'histoire de son arrière-arrière grand-père qui y fut interné.
C'est un roman bouleversant, magnifiquement conté, touchant d'émotion et en même temps glaçant de constater le traitement qui était fait pour les personnes "différentes". Les questions autour de la maladie mentale, de son traitement, de ses limites sont abordées, mais aussi l'évolution de l'homme et la croyance pour certain que pour perfectionner la race humaine il faut en éliminer les rebuts. C'est tout une époque mais je ne suis pas certaine que ces idées aient totalement disparu.
Il y a aussi de l'amour, de l'amitié, de la loyauté.
Bref une belle histoire, un beau roman, à lire !!
Flammarion, 383 pages.




