"Car la lecture est un singulier dialogue qui ne rêve que de pluriel, celui du désir incandescent d'échanger, de partager et de confronter ses impressions de lecture, de les dire aux autres et au monde, un désir puissant de faire circuler les oeuvres et de donner aux mots aimés l'écho le plus long et le plus lointain possible" Manuel Hirbec pour "Page"
Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.
Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?
La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...
Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !
Au plaisir de (vous) lire.
mardi 26 mars 2019
"Tokyo" de Mo Hayder
Lorsque Grey débarque à Tokyo, elle n'a qu'une idée en tête et pas un sous en poche.
Elle vient tenter de récupérer le seul et unique film qui existerait sur le massacre de Nankin de 1937 perpétré par les Japonais lors de l'invasion de la ville, film dont elle a apparemment un besoin vital pour pouvoir se remettre de ce qui lui est arrivé dans sa jeune adolescence.
Elle pense qu'un certain Shi Chongming est en possession de ce film. C'est un éminent professeur de l'université, chinois et présent à Nankin pendant le massacre. Nous allons d'ailleurs lire son journal écrit au cours des mois qui précédèrent le massacre et jusqu'à celui-ci.
Grey est "recueillie" par un américain, Jason, qui lui offre le logis et un boulot. Logis dans un taudis avec des jumelles russes et lui-même, job d'hôtesse dans un bar.
Bar dans lequel elle rencontrera un des plus célèbre yakuza qui bien sur détient la clé d'un mystère que souhaiterait résoudre Shi Chongming et qui fera donc un chantage à Grey pour récupérer le film....
Bref, un thriller que j'ai trouvé assez décevant.... ce ne sont plus des ficelles mais de grosses grosses cordes, des invraisemblances tout le long du bouquin, je suis allée au bout en me disant que je serais peut-être surprise mais non, ce que l'on comprend très rapidement n'évolue pas.... Il y a des passages entiers totalement incompréhensibles et improbables voire totalement absurdes.
C'est plus que rare que je sois déçue par un polar/thriller parce que même si ce n'est jamais de la grande littérature en général je passe un bon moment de lecture et de détente, mais pas cette fois...
Vraiment pas certaine de retenter ma chance avec cette auteur, surtout en sachant que ce serait son meilleur bouquin....
Pocket, 480 pages.
jeudi 24 mai 2018
"Le Bureau des Jardins et des Étangs" de Didier Decoin
Katsuro, l'époux de la jeune Miyuki, excellent pêcheur de carpes, est le fournisseur [officiel] des étangs sacrés de la cité impériale ; mais il vient de se noyer dans la rivière Kusagawa et voilà que des émissaires viennent informer son épouse que le Bureau des Jardins et des Étangs souhaitent une nouvelle livraison.
Afin d'honorer la mémoire de son époux, et de vivre encore un peu près de lui, Miyuki décide de faire ce long voyage jusqu'à la cité de Heiankyō et de livrer les dernières carpes pêchées par son mari.
Elle part donc seule, à pied, la palanche sur les épaules, avec seulement les huit plus belles dernières carpes. Elle va traverser les montagnes et les forêts, croiser des brigands, des mères maquerelles, des moines, des monstres aquatiques.... Un long périple pour arriver jusqu'à la ville sacrée et remettre ses poissons.
À l'arrivée elle aura affaire à Nagusa Watanabe le vieux directeur du Bureau des Jardins et des Étangs qui lui demandera un service un peu particulier.
Puis ce sera le long chemin du retour jusqu'à Shimae son village d'origine.
L'histoire est au départ plutôt attrayante, un thème assez typique du Japon et de cette culture asiatique, l'ensemble est intéressant et bien écrit évidemment [nous avons tout de même affaire à un sacré écrivain], mais il y a une lourdeur tout au long du roman qui se fait ressentir et qui nuit à la lecture et au plaisir.
L'auteur a travaillé, beaucoup travaillé son sujet [12 ans d'écriture] et en fait cela se ressent beaucoup trop. C'est comme si il avait voulu mettre tout ce qu'il sait, tout ce qu'il a appris sur le Japon, sur cette époque en particulier, et ça rend un texte étouffant, parfois indigeste.
Lorsque je lis j'aime apprendre et découvrir des choses, mais là j'avais l'impression de lire une thèse sur le Japon et d'être le professeur qui doit noter.
C'est bien dommage parce que l'idée originale est plutôt chouette et certains passages sont vraiment très bien. Et puis je n'ai pas du tout aimé la fin...
Il n'aurait finalement peut-être pas fallu prendre autant de temps pour écrire ce livre, et le décharger un peu.
Stock, 385 pages.
dimanche 20 mai 2018
❤️❤️ "Nagasaki" de Éric Faye
Shimura-san est un quinquagénaire célibataire, il vit à Nagasaki où il est météorologue.
Sa vie est assez bien rythmée et organisée jusqu'au jour où il pense que certaines denrées disparaissent de son réfrigérateur. Ce n'est pas flagrant, c'est très subtil et il lui faut mesurer la hauteur du jus de fruit dans la bouteille pour constater qu'en effet la quantité diminue dans la journée.
Sauf que comme il vit seul cela lui pose problème. Il décide donc d'installer dans sa cuisine, face à son réfrigérateur, une webcam et depuis son bureau il aperçoit une femme vaquer dans sa cuisine, c'est ainsi qu'il appelle la police et découvre que cette femme vit dans sa maison depuis de nombreux mois.
Éric Faye s'est inspiré d'un fait divers paru dans les journaux japonais en 2008 pour écrire cette petite histoire.
C'est un petit bonbon qui se lit en cadeau tellement l'écriture de l'auteur est douce, agréable et surtout nous plonge dans la vie de cet homme japonais mais aussi de cette femme qui n'ayant plus rien décide de s'abriter chez cet homme. Éric Faye décrit particulièrement bien l'atmosphère japonaise, le ressenti, il donne une âme à cette histoire. Il donne aussi une vie à cette femme qui ne voulait pas être clocharde, une vie à cet homme seul, un questionnement sur la perte de l'emploi, sur la solitude.
J'ai beaucoup aimé ce texte très simple mais qui en peu de mot m'a poussé dans cette ambiance, ces traditions, cette lenteur que j'aime du Japon.
J'AI LU, 95 pages.
mardi 30 janvier 2018
❤️ "Neige" de Maxence Fermine
Yuko Akita est fils de prêtre et dans la famille on devient soit prêtre, soit militaire.
Seulement Yuko aime la neige et les haïkus,
Il veut devenir poète...
Des paragraphes très courts,
Un joli conte qui se lit en quelques heures à peine,
Velouté de la neige,
Calme de la montagne,
Beauté du mot, de l'amour.
Un petit havre de paix,
Une douceur,
Une petite friandise.
"- La poésie n'est pas un métier. C'est un passe-temps. Un poème, c'est eau qui s'écoule. Comme cette rivière. Yuko plongea son regard dans l'eau silencieuse et fuyante. Puis il se tourna vers son père et lui dit : - C'est ce que je veux faire. Je veux apprendre à regarder passer le temps."
"Qu'est-ce que la poésie ? demanda le prêtre. C'est le mystère ineffable, répondit Yuko."
Points, 98 pages.



