Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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dimanche 27 juin 2021

"Les suppliciées du Rhône" de Coline Gatel

 



Un bon petit polar pour se détendre, j’ai toujours aimé ça !

 

 

Lyon 1897, les corps livides de très jeunes filles sont retrouvés dans les rues de Lyon ; elles sont atrocement mutilées après avoir subi un avortement par césarienne. 

 

Félicien Perrier et Bernard Lecuyer deux étudiants du célèbre médecin Alexandre Lacassagne, sont nommés pour constituer une équipe d’experts ; c’est le début de la médecine légale. Accompagnés de l’intrigante Irina, journaliste polonaise, ils vont mener l’enquête qui les mènera dans les bas-fond de la ville des soyeux. 

D’un bouge d’opiomanes, à l’hôpital d’indigents, des faiseuses d’anges à la bourgeoisie montante, des pentes de la Croix-Rousse aux quais brumeux où se trouve la morgue flottante, cette drôle équipée va aller de surprise en surprise. 

 

 

Chacun de nos protagonistes a ses démons cachés ; petit à petit ils vont se dévoiler à nous et livrer leurs secrets.

Une plongée historique dans la ville et dans l’histoire de la criminologie.

Un polar prenant qui nous tient jusqu’au dénouement effrayant et inattendu. 

Le Livres de Poche, 416 pages. 

dimanche 6 décembre 2020

❤️❤️❤️ "Elise" de Marcel Sel

 

 

Mon dieu mais quel roman !!!!


🌺 Elise, une jeune allemande, est coincée dans la cantine de l’école de Rastenburg avec 14 autres jeunes femmes, ce sont les goûteuses d’Hitler dont la tanière se trouve toute proche.

Nous sommes le 27 janvier 1945, l’Armée Rouge déferle, c’est la fin. La fin de la guerre mais le début de l’horreur pour la population allemande de l’est. 

 

 

🎹 Au milieu des années 1980 François la soixantaine entreprend un grand voyage vers l’Allemagne, celle de l’Est, la Pologne, vers ce lieu où il fut prisonnier pendant les années de la seconde guerre mondiale, mais surtout vers ce lieu où il a connu et aimé Elise. 

 

 

🌺 Malgré les assauts répétés des Mongoles, des « Ivan » sauvages, Elise part, elle abandonne son corps et voyage dans sa tête, dans sa mémoire. Elle nous emmène avec elle pour oublier et fuir la douleur de l’instant. 

 

 

🎹 François veut comprendre pourquoi Elise a crié « Heil Hitler » avant de se prendre une balle dans la tête , elle qui détestait « Wolf » et sa cohorte de SS sanguinaires et impitoyables

 

 

🌺Une plongée dans l’Allemagne de 1940-1945, cette Allemagne victorieuse qui petit à petit prend l’eau ; plongée dans la folie d’un homme et de ses sbires. Une Allemagne où chacun se protège comme il peut, où chacun fait ce qu’il peut, avec ce qu’il comprend, une Allemagne qui ne tarde plus à sentir le sol trembler sous les coups de butoir des féroces troupes russes qui déboulent comme un vent de folie, de barbarie, d’horreur absolue. 

 

 

🎹Une plongée aussi dans cette Allemagne coupée en deux qui tente de se relever, dans la Pologne des années 80, dans cette partie de l’Europe qui pendant que les pays capitalistes se développent à tour de bras s’engluent dans le communisme, la surveillance, l’enfouissement des secrets de cette immonde guerre. 

 

 

C’est aussi l’histoire de Rita, en filigrane, discrètement, elle est le 3ème personnage caché de ce roman et de cette horreur. (Le troisième roman ? )

 

 

 

C’est un livre bouleversant, et magnifique, un livre qui remue, qui émeut.

C’est violent et sauvage, absolument.

C’est dur et éprouvant, mais essentiel 

Un livre qui soulève les questions de patriotisme, de renoncement, d’abnégation, du peuple qui suit aveuglément sa fureur, de remise en question, d’aveuglement….

 

 

Le seul bémol que j’aurais est le ton utilisé pour faire entendre François, ton que j’ai trouvé parfois trop « parlé », mais je suis facilement passée là-dessus tellement j’ai été tenue en haleine par ce récit.


Un livre à lire, un auteur à découvrir, j'avais déjà été conquise par son premier roman "Rosa".

Et surtout j'ai aussi particulièrement aimé cette lecture car je l'ai faite en lecture-partagée avec mon amie Emmanuelle du blog les Carpenters racontent, une expérience de lecture et de partage passionnante et très sympa.


ONLIT EDITIONS, 434 pages. Octobre 2019



lundi 18 mai 2020

"Filles de la mer" de Mary Lynn Bracht




1943, sur l’île de Jeju, en Corée du Sud occupée depuis le début du siècle par les japonais, deux sœurs Hana et Emi sont sur les traces de leur mère qui est haenyeo, c’est à dire une femme qui plonge pour pêcher. 
Hana est plus âgée et suis déjà sa mère au fond de l’eau, et déjà elle aime ce qu’elle fait, pour sa tradition et son indépendance. 
Sur la plage Emi, trop jeune pour plonger, attend sa mère et sa sœur. Quand Hana aperçoit au loin un soldat japonais se rapprocher de sa sœur elle revient rapidement sur la plage pour la protéger, ce faisant elle se sacrifie et est enlevée par le soldat. 


2011, Emi a plus de 70 ans, son cœur est très fatigué, mais comme tous les ans elle part à Séoul voir ses enfants, elle profite de ce voyage pour aller à la manifestation du mercredi devant l’ambassade japonaise, en mémoire des filles de réconfort qui ont servi aux soldats japonais. Ce sont des milliers de jeunes filles et jeunes femmes qui ont été enlevées et violées par les soldats. Emi espère retrouver sa grande sœur. 


Chapitre après chapitre on découvre ce qui est arrivé à Hana en 1943, où elle a été emmenée et ce que fut son histoire, et de l’autre côté on apprend la vie d’Emi, ce qui a suivi la disparition de sa sœur mais aussi ce que fut la fin de la seconde guerre mondiale et la suite pour les sud-coréens. Cette famille de pêcheurs a été durement touchée et a payé un lourd tribut à la folie des hommes. 


Un roman touchant avec l’histoire de ces femmes qui ont tout simplement été violées, battues, tuées, et pour lesquelles il aura fallu de longues années avant que le Japon ne reconnaisse ses torts. J’avais vaguement entendu parler de ces femmes, et ce roman leur rend hommage.
Un tout petit bémol pour l’écriture qui ne m’a pas beaucoup plu, mais l’histoire va au-delà.


Robert Laffont 432 pages, pocket 416 pages. Février 2018
Traduction de Sarah Tardy

vendredi 8 mai 2020

"La cité de feu" de Kate Mosse


1562, de l’hiver à l’été, entre Toulouse, Carcassonne et Puivert, des catholiques et des protestants, une histoire de famille sur fond historique.
Marguerite Joubert, dite Minou, aura bientôt 20 ans ; elle vit avec son père, libraire, ainsi que son petit frère de 13 ans et sa sœur de 7 ans. Depuis que Florence, la mère, est décédée c’est Minou qui est en charge de la petite famille.
Du jour où son père est revenu de son dernier voyage en Janvier, il n’est plus le même et semble sombrer dans la mélancolie. Minou doit donc aussi gérer la librairie. C’est là qu’elle assiste et aide sa voisine agressée par deux « soldats » à la recherche d’un homme. C’est aussi là qu’elle reçoit l’étrange visite d’un homme qui cherche son père, et un mot qui la prévient « qu’elle » sait où elle est.
Beaucoup de mystères….


Et puis il y a Piet un jeune protestant apparemment recherché par les autorités catholique pour le vol du Suaire d’Antioche, une sainte relique de l’Eglise de Toulouse. Minou et Piet vont se croiser rapidement à Carcassonne et se retrouveront plus tard à Toulouse car le père de Minou décide de l’envoyer vivre à là-bas avec son jeune frère Aymeric. Ils s’installeront chez leur tante, pendant que lui souhaite partir à Puivert régler quelques anciens secrets. 


Sur fond de guerre de religion les intrigues liés à cette famille ainsi qu’au vol du Suaire vont se croiser, s’emmêler, jusqu’au dénouement. 
Beaucoup de complots, de trahisons, de folie, d’amour et de guerre bien sûr. 
Il semblerait que ce livre soit le premier tome d’une saga qui devrait s’étirer au long des siècles et nous mener jusqu’en Afrique du Sud à la fin du XIXème siècle.


J’ai aimé le fond historique de ce roman ainsi que l’idée de l’histoire et on a envie de s’attacher aux personnages, mais mon petit bémol va sur l’écriture et la manière de raconter cette histoire. J’ai du mal à dire ce qui m’a gêné, parce que tout en étant prise dans l’histoire je n’ai pas été prise par le style qui parfois m’a dérangé. J’ai trouvé que les enchainements étaient un peu faciles, et la narration un peu poussive.
Un livre qui ne me laissera probablement pas de grands souvenirs tout en restant une lecture facile et abordable.


Sonatine Éditions, 606 pages. Janvier 2020
Traduction de Caroline Nicolas.

vendredi 25 janvier 2019

"Les mots entre mes mains" de Guinevere Glasfurd



1634, Helena Jans van der Strom entre au service de Mr Sergeant, un libraire anglais installé à Amsterdam. Helena n'est pas une servante comme les autres car elle est capable de lire et d'écrire bien qu'à cette époque les petites filles n'étaient pas instruites.

Elle est plutôt satisfaite de sa vie chez le libraire ; peu à peu elle devient ami avec la servante de la maison d'à côté, elle trouve des solutions pour écrire et réussit même à former son amie à la lecture et à l'écriture.

Mais un jour un invité très spécial vient s'installer chez Mr Sergeant, il s'agit de René Descartes, philosophe, mathématicien, physicien, biologiste .... Cet homme étrange va se rapprocher peu à peu d'Helena qui va se sentir "considéré", il est comme un féministe avant l'heure et encourage le fait que les femmes puissent s'instruire. Peu à peu le lien entre eux va se renforcer, se transformer... Descartes est en pleine écriture de son fameux "Discours de la méthode", il est occupé à observer, disséquer, écrire ; Helena est présente, participe, aide.

Ensemble ils auront une fille dont Descartes sera très proche mais pourtant il n'épousera jamais Helena, elle est servante et beaucoup plus jeune que lui, c'est le 17ème siècle, encore très religieux. Alors il les garde près d'elle et les cache, avec l'aide de son valet, Limousin, qui lui n'est pas très fan de l'idée... peut être un peu jaloux...

C'est un premier roman très réussi qui se base sur l'Histoire, celle de Descartes en particulier, de la Hollande et des découvertes scientifiques, mais c'est aussi une magnifique histoire d'amour romancée, l'histoire d'une femme qui sait ce qu'elle veut et qui se bat, une femme forte et sensible.

Je me suis beaucoup attachée à Helena, son environnement, son caractère, sa force et j'ai découvert René Descartes dont finalement je ne savais pas grand chose.

Merci à Sophie qui m'a fait découvrir ce roman, vous pouvez lire sa très belle critique ICI.

Préludes, 435 pages, traduit par Claire Desserrey.