Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mardi 9 février 2021

"Le Passeur" de Stéphanie Coste

 



Ce premier roman est une plongée folle dans la vie d’un passeur, un passeur d’hommes et de femmes qui fuient leur quotidien pour un monde meilleur, sans savoir qu’ils se jettent dans la gueule du loup et surtout de tous ceux qui veulent profiter de cette manne.

 

 

Seyoum est passeur à Zouara en Libye, juste en face de l’île de Lampedusa, il fait commerce du malheur des autres pour s’enrichir outrageusement au péril de la vie de ses hommes et de ses femmes.

Après une traversée du désert difficile où ils ont dû subir la chaleur, la soif, l’enfermement, la promiscuité et parfois l’enlèvement et la torture, ces hommes et ces femmes doivent affronter la mer, dans des petits rafiots surchargés, sans certitude d’arriver de l’autre côté et d’y trouver une vie meilleure. 

 

 

Mais qui est Seyoum ? D’où vient-il ? Pourquoi son cœur est-il si dur qu’il puisse faire autant de mal, car il sait, il sait d’où viennent ces gens et par quoi ils sont passés, il sait leur vulnérabilité et leur désespoir, il sait l’état des bateaux et les risques encourus…

 

 

Ce roman court est intense, percutant, d’une grande intelligence. On observe, on assiste, il n’y a pas de jugement. 

Lorsque l’on ferme ce livre, les questions affluent, et encore une fois on constate que le monde n’est pas binaire, mais plein de nuances, rien n’est simple. 

 

 

Une autrice à découvrir et à suivre, j’ai été conquise par son style, on oublie que derrière ce texte une femme blanche écrit.

 

 

Gallimard, 129 pages. Janvier 2021



mercredi 11 novembre 2020

"Entre fauves" de Colin Niel

 

Une couverture absolument sublime pour un livre tout à fait incroyable. 

 

 

Quatre héros vont nous emmener dans cette histoire.

Martin est garde dans le parc national des Pyrénées et notamment il s’occupe du suivi des ours enfin du dernier ours de la région, c’est un homme qui défend la nature mais jusqu’où est-il prêt à aller pour cela ? 

Apolline est une toute jeune femme orpheline de mère et dont le père, grand chasseur, lui a transmis sa passion, et plus que ça car la jeune femme est une championne de tir à l’arc. Elle vit un peu en dehors de son monde, peu présente sur les réseaux sociaux et elle aussi très proche de la nature.

Kondjima est un jeune noir issu d’une tribu du nord-ouest de la Namibie, son père possède un troupeau de chèvre et son village subit un fléau car les bêtes sont régulièrement attaquées par un lion – qui a trouvé un garde-manger bien facile. Il faut dire que la région déjà désertique subit une vague de chaleur et de sécheresse sans précédent. 

Enfin Charles, c’est lui, le lion, le fameux qui met la zizanie dans toute la région.

 

 

Entre les Pyrénées et la Namibie un lien va se créer, inattendu, imprévisible, douloureux.

Il est question de chasse bien sûr, de protection des animaux aussi, d’injustice, de réchauffement climatique, de politique. 

Sans jamais prendre parti Colin Niel nous emmène sur les traces de Charles, de Kondjima, d’Apolline et de Martin, on passe de la savane à la forêt, de la chaleur sèche du désert au froid humide de la montagne et de la neige. Du lion à l’ours…

 

 

J’ai aimé me retrouver dans la savane africaine, j’ai aimé découvrir les montagnes enneigées des Pyrénées, les vallées d’Aspe et d’Ossau, j’ai aimé ce lion, je me suis tellement attachée à lui et Apolline, elle est si courageuse, si forte, et en même temps tellement fragile, elle accepte ses erreurs, sait se remettre en question.

Les personnages secondaires sont eux-aussi très importants, intéressants.

Je découvre cet auteur et je suis emballée par la finesse de son écriture et de la construction de son histoire. 

 

 

Un roman puissant, au-delà du roman policier, un roman tellement actuel, sans parti pris, qui pose des questions, un roman qui met le doigt sur les contradictions des uns des autres, et plus que les contradictions les intérêts des uns et des autres, où commence et où s’arrête le « juste », la raison, le « bon ». 

Un livre troublant, mené d’une main de maitre, à lire pour le voyage, à lire pour le questionnement, à lire parce qu’il est tellement réussit. 

Nous connaissons tous un chasseur, nous connaissons tous un défenseur des animaux, parfois la limite est ténue et pour passer de l’un à l’autre il n’y a qu’un pas, comme l’amour et la haine. 


Éditions le Rouergue, 352 pages. Septembre 2020

jeudi 27 août 2020

❤️❤️❤️ "Les Lumières d'Oujda" de Marc Alexandre Oho Bambe

 



« Quand tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi et souviens-toi, souviens-toi d’où tu viens. »

«  Je suis le capitaine de mon destin

Le maître de mon âme. »

 

 

Énorme coup de cœur pour ce livre hors-norme qui parle de migrants, non pardon, de personnes, vivantes, humaines, qui à cause de tout un tas de raison plus difficiles et violentes les unes que les autres décident de quitter leur pays, leur sol, pour se donner la chance d’une vie meilleure, parce que de là où ils viennent ils n’ont plus rien à espérer… .

 

 

Le narrateur, après une expérience ratée en Italie, se voit rapatrié au Cameroun ; c’est pour lui un échec cuisant mais il va transformer son expérience en trésor, en la partageant, en aidant et conseillant des jeunes qui voudraient partir.

Autour de lui il y a quelques personnages importants que l’on suit, telle les jumelles Leïla et Imane, Le père Antoine, la grand-mère Sita, Yaguine et Fodé et aussi Ibra, et la multitude des ombres qui ont quitté leur pays, qui sont morts sur le sable ou dans la mer, fracassés, exploités par leurs semblables sans pitié.

 

 

Ce livre est une vraie jouissance de lecture, tout en délicatesse, 

On y lit le respect du sujet, l’amour de la langue,

Une grande humilité,

Il y a de la poésie et de la musique, 

L’accueil de l’autre, des autres, les Ulysses à la peau sombre

Un texte qui m’a éblouie et émue 


"Les mots qui nous saignent sont souvent aussi ceux qui nous signent, nous soignent et nous sourient."
"Bonjour mon frère, bonjour ma soeur, comment va ta douleur ? "
"Parler, c'est d'abord écouter l'autre." 
"Tu quittes un pays mais lui ne te quitte pas

                Tu habites sa douleur et celle-ci habite en toi." 

Calmann-Levy, 327 pages. Août 2020. 

jeudi 2 avril 2020

"Boy Diola" de Yancouba Diémé






Dans ce premier roman, Yancouba Diémé raconte l’histoire de son père entre son village natal en Casamance au Sénégal et sa vie d’adulte et de famille en région parisienne.

« Boy Diola » est le surnom de ces jeunes hommes qui quittent leur village et leur forêt pour aller à Dakar - en ville - trouver du travail, c’est un surnom à la fois moqueur et affectueux.
Diola, c’est le peuple de riziculteur d’où vient Apéraw, le père de l’auteur. Mais dans les années 50 le niveau de pluie diminue fortement et atteint gravement ces agriculteurs, d’où un départ des jeunes pour la ville.

Une fois à Dakar Apéraw fera de multiples petits boulots avant de s’embarquer sur un bateau direction Marseille puis Paris. 

Une vie nouvelle commence pour lui en banlieue bien sûr, à l’usine évidemment. 

Il fera venir de Casamance sa première épouse, puis une seconde ; neuf enfants naitront de ses unions et rempliront la maison. 

Malgré son ardeur au travail Aperaw subira les aléas de la vie, avec perte d’emploi, huissier, maladie.


Très pudiquement Yancouba Diémé nous livre l’histoire de son père, celle de sa famille et par conséquent celle de toute une génération d’africain venu chercher du travail en France. Tout en nous racontant son histoire personnelle il nous parle aussi de la grande, celle de l’immigration africaine, il nous parle d’exil, de départ, de familles qui restent au village, et puis il y a les retours avec leur lot de joie et de tristesse car il manque toujours quelqu’un.
C’est une histoire de transmission familiale, d’origine et puis d’adaptation. 

La partie sur l’administratif, sur le « numéro 44 » m’a particulièrement touchée ; en effet Aperaw ne connaît pas sa date de naissance et cependant en France il faut cette date, pour tout, tout le temps, il ne comprend pas pourquoi on veut le réduire à un numéro, alors il décide d’être le « numéro 44 ».


"On nous a ramassé pour venir travailler en France."
"Le temps de avant-avant échappe à la datation. Il trouve sa raison d'être dans l'oubli."
"Nous venons par devoir, par respect, pour la transmission, nous sommes vos enfants, vos frères." 

Flammarion, 188 pages. Août 2019.

jeudi 5 septembre 2019

❤️ "Rouge Impératrice" de Léonora Miano



Nous sommes en 2124, le Katiopa unifié regroupe 9 régions d'Afrique, à priori donc une très grande partie du continent. C'est un État qui s'est formé en agrégeant les anciennes nations coloniales.
Cet État est fermé au reste du monde avec très peu d'ouverture au niveau des frontières, et aucun échange commercial, il s'autosuffit.
C'est un pays moderne tout en étant respectueux de sa terre, avec une conscience écologique développée.
Le mokenzi (président) du Katiopa se nomme Ilunga, il a été choisi par ses pairs ; il est marié à  Seshamani avec qui il a un fils.
Au début de l'histoire Ilunga rencontre Boya, une jeune femme "rouge" qui tout de suite exerce un pouvoir d'attraction très fort sur lui, sans qu'elle ne le sache.
Boya vit dans le quartier de "Vieux Pays", elle est universitaire, se bat pour la cause des femmes et fait des recherches sur les fulasi, cette petite communauté en marge de la société katiopienne.
A savoir que les fulasi sont des français qui ont émigré en Afrique après que le Pongo (l'Europe) n'ai pas réussi à assimiler la vague migratoire venant d'Afrique.

Voilà pour planter un peu le décor.
Beaucoup de choses vont se jouer à partir du moment où Ilunga va rencontrer Boya car non seulement ils vont vivre une magnifique histoire d'amour mais elle va influer sur la vie politique du pays, sur des enjeux importants concernant notamment ce groupe communautaire que sont les fulasis, et bien entendu ce n'est pas au goût de tout le monde.

Moi qui n'avais pas spécialement aimé le seul autre roman lu de cet auteur (Crépuscule du tourment), je suis là sans voix, car j'ai tout aimé malgré un démarrage un peu compliqué.
Ce livre est d'une force, d'une puissance incroyable, il y a tellement, tellement de choses que l'on pourrait en parler pendant des heures. Je vais tenter d'être le plus concise possible.

On retrouve beaucoup de thèmes déjà présents dans "Crépuscule du tourment" mais traité avec moins de colère (c'est mon ressenti).
Il y a toute une réflexion sur le colonialisme et ses conséquences sur l'Afrique, et ce qui a amené à la création de ce nouvel État ; mais aussi sur la gestion de l'Europe, et donc des anciens colonisateurs, des vagues migratoires venues d'Afrique. Une analyse (de notre monde actuel) de notre société qui amène à la chute de l'Europe et au développement du continent Africain.
Il est question d'identité, d'ancêtres, d'âmes, de culture, tout ceci teinté de magie noire et de sciences occultes.
On trouve aussi une grande part de féminisme dans ce roman, avec des femmes qui se prennent en charge, qui sont autonomes, maitresses de leur corps et de leurs désirs, il y a beaucoup de sensualité, de beauté.

C'est un gros roman, un pavé comme on dit, mais il ne faut pas avoir peur, car c'est un livre qui vous emmène dans un autre monde, un futur possible ; c'est une histoire magnifique, pleine de sensibilité, d'une très grande intelligence.
J'ai aimé, j'ai adoré, je garde près de moi Ilunga et Boya ce couple intense, solide, infaillible, un couple modèle d'écoute et de respect.

Bref je ne peux que vous recommander cette lecture, et pour finir de vous convaincre écouter Léonora Miano parler de son livre, c'est encore elle qui le fait le mieux 😊
https://www.youtube.com/watch?time_continue=258&v=-FjyK9hDXf4

Merci @NetGalleyFrance et aux Éditions Grasset pour la découverte de ce roman.
"Une déficience spirituelle les empêchait de comprendre une loi élémentaire : ce n'était pas parce qu'il était possible de réaliser certaines choses qu'elles devaient être mises en oeuvre."
"Il y avait d'ailleurs une hypocrisie à prétendre se soucier de la planète quand on s'inquiétait surtout pour la survie des humains. La Terre s'adapterait à toutes les mutations, aux ères géologiques encore inconnues..."
"Le sujet qui les occupait , il voulait y insister, n'était donc pas celui d'une éventuelle menace fulasi. La question était de savoir si on avait fait la paix avec la part de fulasi et, par extension, de Pongo à l'intérieur de soi. Il me semble que le problème est là, dans notre capacité à accepter que ce fameux nous-mêmes à défendre et à élever, se soit formé dans le contact avec les agresseurs d'hier, dans le long frottement des peaux et des cultures. En prenant le pouvoir, l'Alliance avait renommé le Continent pour témoigner de la conscience de soi retrouvée."
"Que l'on se soit choisi un nom ne suffisait pas à effacer les faits : nous-mêmes était encore constitué d'une part significative de Pongo. La manière dont on traitait les évadés du pays fulasi révélait le confort ou l'intranquillité dans lesquels on se trouvait pour affronter cette vérité : qu'ils étaient des membres de la même famille. [...] Il répondrait que telle avait été l'origine du Sinistre : le refus de cette autre présence à l'intérieur de soi, la résistance aux transformations qui s'étaient produites aussitôt que l'on avait posé les yeux sur l'autre, avant de le toucher."
Grasset, 608 pages.

mercredi 9 janvier 2019

"Les cigognes sont immortelles" de Alain Mabanckou


Nous sommes en 1977, au mois de mars, à Pointe-Noire - Congo ; la veille (le vendredi 18) le Président Marien Ngouabi a été assassiné à Brazzaville.
C'est le récit des 3 jours qui vont suivre, d'un pan de l'Histoire du pays, et de l'histoire de Michel, 11 ans.
Car cet assassinat aura des répercussions politiques importantes pour le Congo et pour la famille de l'adolescent.

Michel vit seul avec sa mère et de temps en temps son beau-père papa Roger (qui retourne auprès de sa première épouse de temps à autre...). C'est maman Pauline qui a acheté la parcelle sur laquelle ils vivent, grâce à son travail de fournisseur de bananes.

Ce samedi 19 mars, Michel écoute la radio avec papa Roger, sous le manguier de leur parcelle tandis que maman Pauline prépare le déjeuner et que le chien Mboua Mabé somnole.
Ils écoutent "la voix de la Révolution Congolaise" la radio locale, mais qui ne dit rien sur l'assassinat qui a eu lieu la veille, alors que "La voix de l'Amérique" ne parle que de ça.
Bientôt une annonce officielle sera faite, c'est le début de l'effervescence dans tout le pays. Qui a tué le Président ? Que faut-il dire ? Taire ?
Puis un oncle - frère de maman Pauline - arrive, tout droit de Brazzaville, les nouvelles sont mauvaises, il faut prendre parti et des décisions, pour le bien-être de la famille.
Les choix de maman Pauline ne seront pas forcément ceux que l'on attend, et chaque décision aura des conséquences.

Alain Mabanckou nous raconte cette histoire comme une fable, en utilisant  l'exagération mais on sent bien que derrière ce choix narratif il y a une vraie détresse, du désespoir.

Il en profite pour nous raconter son enfance dans ce pays communiste, ami avec l'URSS, les chants russes patriotiques appris à l'école, le regard sur la France et ses Présidents avec leur petite valise.

J'ai trouvé ce livre émouvant, parfois drôle et surtout très instructif.
Je n'avais pas forcément été emballé par Alain Mabanckou avec mes précédentes lectures, mais je crois qu'il a finalement réussi à me prendre dans ses filets.

Seuil, 293 pages.

lundi 7 janvier 2019

"Salina, les trois exils" de Laurent Gaudé


Un bébé hurlant venu de nul part est amené et laissé par un guerrier à cheval dans la tribu Djimba, on attend, on observe, et Mamambala ne tient plus et prend l'enfant en son sein, elle la nommera Salina, l'enfant du sel, du sel de ses larmes qui ont tant coulé.
Salina grandira dans le village des Djimba, elle aimera mais elle sera aussi contrainte, forcée.
Elle partira, avec la vengeance enfouie au plus profond de ses entrailles.

A la fin de sa vie Salina se met en route avec son fils, Malaka.
Elle meurt en chemin et Malaka décide de lui trouver un bel endroit pour sa sépulture.
Il marche des jours et des jours avant d'arriver dans une ville, au bord d'un fleuve où l'attend Darzagar qui les prend à bord de sa barque pour les emmener vers l'île cimetière.
Mais pour que Salina soit acceptée dans ce cimetière il faut que son fils raconte son histoire, et ce n'est qu'après avoir entendu son histoire que le cimetière acceptera ou non de lui ouvrir ses portes.

C'est ainsi qu'au cours de plusieurs nuits, Malaka, ce fils aimant, va raconter la vie de sa mère, ses trois exils.

Laurent Gaudé nous livre ici un magnifique conte africain. Il y a de l'amour, de la violence, de la tendresse, beaucoup de poésie.
Le désert est brulant, le soleil haut dans le ciel, les traditions sont dures, violentes, la haine de l'homme est tout aussi brutal que sa lâcheté.

J'ai énormément aimé ce livre, l'écriture m'a prise et plongée dans ce conte cruel. On s'attache à ce fils qui raconte sa mère, et on s'attache encore plus à Salina, cette beauté des sables qui a tant souffert.
Un livre court mais superbement écrit, on le dévore et on se délecte de chaque mot.

Actes Sud, 149 pages.