Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mercredi 29 avril 2020

❤️❤️❤️ "La peste" de Albert Camus



"... l'habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même. "


Il y a quelques années j’ai trouvé chez un bouquiniste de rue un exemplaire de la Peste, édité au cours des années 60, je le gardais précieusement de côté mais depuis quelques mois je l’avais ressorti pour le mettre en haut de ma Pile-à-Lire et finalement au vu de la situation je me suis dit qu’il était temps.


Chroniquer « La peste » n’est vraiment pas aisé…
Je me sens toute petite face à ce monument de la littérature et je trouve difficile de devoir écrire à son sujet. J’ai beaucoup repoussé ce moment me demandant même si cela était nécessaire ; mais c’est un livre que j’ai lu, un livre qui m’a beaucoup plu donc je vais en parler, le plus humblement possible, et sûrement très mal, pardonnez-moi d’avance !


Oran, des rats meurent, dans les immeubles, dans les rues, des dizaines puis des centaines et rapidement les hommes sont touchés. On n’ose prononcer ce mot affreux de « peste » mais c’est bien d’elle dont il s’agit.

"Par conséquent, il importe peu que vous l'appeliez peste ou fièvre de croissance. Il importe seulement que vous l'empêchiez de tuer la moitié de la ville."

Et puis la ville est mise en confinement, elle est fermée, on ne peut plus ni entrer ni sortir, c’est le début de l’exil. 


On suit le docteur Rieux, qui pourrait aujourd’hui être associé à un lanceur d’alerte, car il comprend vite de quoi il s’agit et se bat avec la préfecture pour faire appliquer les règles strictes liées à une épidémie.
Petit à petit le nombre de malades et surtout de morts va augmenter et la ville va devoir s’organiser pour gérer cette situation au mieux. Les écoles sont réquisitionnées, ainsi que les stades, tout espace qui peut être utilisé pour être transformé soit en hôpital soit en lieu de quarantaine.
La résistance ( ! ) se met en place aussi autour du Docteur Rieux, notamment avec Tarrou et Rambert qui se battront jusqu’au bout pour aider leurs prochains.


Bien sûr Camus a écrit ce livre peu de temps après la seconde guerre mondiale et tout le monde sait qu’il fait une belle analogie entre la peste et le nazisme. On peut retrouver assez facilement les parallélismes et associations d’idées qui sont d’ailleurs souvent très intelligentes et surtout très bien représentés.
Cependant, sans le savoir, il a aussi écrit une vraie belle description d’une épidémie, voire même d’une pandémie si l’on compare Oran à notre humanité. 
Certains passages sont tellement d’actualité que c’en est troublant. Il y a tant de situations que l’on peut appliquer à ce que notre monde vit aujourd’hui, tant de situations que nous comprenons tous, malheureusement.


J’ai énormément apprécié ce livre, pour sa lecture à deux niveaux, pour la finesse de l’auteur, celle de Rieux et de ses amis Tarrou et Rambert dont les motivations initiales sont assez différentes mais qui finalement se rejoignent dans leur humanité.
 Je me suis attachée à ces personnages (malgré l’absence cruelle des femmes …)

"C'est que rien n'est moins spectaculaire qu'un fléau et, par leur durée même, les grands malheurs sont monotones. Dans le souvenir de ceux qui les ont vécues, les journées terribles de la peste n'apparaissent pas comme de grandes flammes somptueuses et cruelles, mais plutôt comme un interminable piétinement qui écrasait tout sur son passage."  
"Nos concitoyens s'étaient mis au pas, ils s'étaient adaptés, comme on dit, parce qu'il n'y avait pas moyen de faire autrement. Ils avaient encore, naturellement, l'attitude du malheur et de la souffrance, mais ils n'en ressentaient plus la pointe." 
"... l'habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même. "
"Rieux secoua la tête avec son mouvement habituel, et dit que c'était l'affaire de Rambert, que ce dernier avait choisi le bonheur et que lui, Rieux, n'avait pas d'arguments à lui opposer. Il se sentait incapable de juger de ce qui était bon ou de ce qui était mal en cette affaire."
"Tarrou avait perdu la partie, comme il disait. Mais lui, Rieux, qu'avait-il gagné ? Il avait seulement gagné d'avoir connu la peste, et de s'en souvenir, d'avoir connu l'amitié et de s'en souvenir, de connaître la tendresse et de devoir un jour s'en souvenir. Tout ce que l'homme pouvait gagner au jeu de la peste et de la vie c'était la connaissance et la mémoire. Peut-être était-ce cela que Tarrou appelait gagner la partie ? "
"... et pour dire simplement ce qu'on apprend au milieu des fléaux, qu'il y dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser."  
Gallimard, 332 pages. 1947

dimanche 13 octobre 2019

"Bitna, sous le ciel de Séoul" de J.M.G Le Clezio



Bitna est une jeune femme originaire d'une famille de marchand de poissons de la région du Jeolla-Do dans le sud de la Corée-du-Sud. Elle est venue à Séoul pour faire ses études, mais après une expérience décevante et traumatisante chez une tante, elle décide de s'installer seule.
Elle manque d'argent et cherche donc du travail en plus de ses heures à l'université.
C'est ainsi, en trainant dans une librairie, qu'elle trouve un travail ; elle doit raconter des histoires à une jeune femme, Salomé, qui est assez lourdement handicapée à cause d'une maladie évolutive et incurable.

De petites histoires en petits contes Bitna fait rêver et oublier son quotidien à Salomé, mais elle raconte aussi un peu d'elle-même, un peu de sa vie, très vite le réel et l'imaginaire vont se mêler.

Je dois reconnaître que j'allais un peu à reculons dans ce livre qui finalement m'a totalement happée.
J'ai été très surprise de découvrir sous la plume de J.M.G Le Clézio un monde sud-coréen très fort et très bien représenté. C'est comme si une jeune femme coréenne avait écrit ce roman.
Et pour avoir vécu dans cette ville de Séoul je me suis totalement retrouvée dedans.
J'ai beaucoup aimé cette jeune femme Bitna, même si je la trouve parfois étrange ; mais c'est ce côté étrange que j'ai aimé aussi, la limite du réel et de l'imaginaire nous emmène dans un monde presque parallèle, on vogue et on rêve avec les deux jeunes femmes.

Bref une très belle surprise pour moi !

Stock, 217 pages. Avril 2018

mardi 13 août 2019

"Une joie féroce" de Sorj Chalandon




Jeanne est libraire, mariée à Matt - originaire du Canada -, elle n’a pas encore quarante ans lorsqu’elle découvre qu’elle a un cancer du sein.
Il va donc falloir se battre.

" «- C’est quoi votre stratégie ?»
Je l’ai regardée. Pour la première fois depuis mon arrivée à la clinique, quelqu’un employait un terme militaire. J’ai observé mes jambes ballantes, mes pieds nus, le sol carrelé. Je me suis dit que j’étais en guerre. Une vraie. Une bataille où il y aurait des morts. Et que l’ennemi n’était pas à ma porte mais déjà entré. J’étais envahie. Ce salaud bivouaquait dans mon sein." 

Les séances de chimiothérapie commencent, elle est très seule car Matt ne veut pas l’accompagner. Mais à l'hôpital elle va faire la connaissance de Brigitte, elle aussi en chimiothérapie.
Cette dernière va lui présenter sa compagne Assia, puis Mélody une jeune femme aussi en traitement.
Ces trois femmes vont aider Jeanne à vivre, à vivre malgré la maladie, malgré le traitement.
Matt est très absent, il ne supporte pas de voir sa femme malade, il s’éloigne d’elle de plus en plus, il est même parfois odieux et en particulier lorsqu’il découvre qu’elle commence à perdre ses cheveux.

"« C’est assez dégueulasse », avait-il murmuré. Jamais je n’avais reçu un mot d’une telle brutalité. J’ai répondu que je n’y étais pour rien, que c’était le traitement, que nous savions tous les deux que cela devait arriver. Je lui ai dit que c’était lui qui était dégueulasse. Qu’à ses côtés, je ne me sentais pas seulement malade, mais sale aussi. Et moche. Et vieille. Et presque morte. Il était parti en claquant la porte. Et ce n’est que le soir qu’il s’était excusé. Il regrettait. Vraiment. Il ne savait pas ce qui lui avait pris." 

Matt a déjà perdu beaucoup à cause de la maladie, ses parents, son unique enfant qu’il avait avec Jeanne ; c’est un homme qui ne sait plus  faire face, qui ne sait plus combattre, il peut paraître franchement égoïste mais c’est surtout un homme qui a peur, qui ne veut plus souffrir de la perte, et le seul moyen qu’il trouve pour se protéger c’est de fuir. Ce n’est certes pas la meilleure solution et en particulier pour Jeanne, mais ici Sorj Chalandon donne une petite parole à celui qui est « à-côté » du malade et que parfois l’on oublie.
Matt est très absent dans ce livre mais j’ai trouvé que son absence était un personnage à elle toute seule, elle est aussi la représentation de ce que vivent parfois les malades avec leur entourage.

Jeanne va donc se rapprocher du trio qu’elle vient de rencontrer, avec elles, elle va pouvoir se préparer à la suite de la maladie et surtout aux conséquences du traitement. Elle ira même jusqu’à s’installer dans l’appartement que les filles partagent.
Petit à petit les secrets des unes et des autres vont se dévoiler, les fardeaux des unes et des autres vont se partager jusqu’à ce que ensemble elles prennent une décision très grave pour aider l’une d’entre elles, elles veulent organiser un braquage…

Je ne sais plus dire si je ne suis pas objective ou si simplement Sorj Chalandon est réellement un très bon écrivain, mais moi il m’emmène encore une fois avec lui dans ce roman, je marche à fond parce que j’aime l’histoire et j’aime l’écriture.
Je me suis réellement attachée aux personnages et même si l’idée du braquage peut paraître un peu loufoque j’ai complètement adhéré car je crois sincèrement que la maladie peut nous pousser à tout faire, elle change tous nos repères, nos échelles de valeur, les limites ne sont plus les mêmes car on sait que demain peut-être nous ne serons plus là pour en parler.
J'ai trouvé très originale la manière de traiter ce sujet sensible de la maladie.

Bref, une fois encore je suis éblouie par le talent de cet écrivain, ce conteur qui sait me prendre dans ses filets !!
« Le miroir ne parlait pas de moi, ni de Brigitte, ni de Mélody, ni d’aucune fille de notre temps. Dans ces presque ténèbres, serrées les unes contre les autres, se tenaient toutes les victimes des hommes. Les réprouvées. Les prostituées d’hier. Les femmes adultères. Les bagnardes. Les sorcières promises au bûcher. Ma terreur venait de les réveiller. Nous étions tête contre tête, peau nue contre peau nue, les mains des unes agrippées à la taille des autres. »
 « Un matin j'avais écrit : "Mon destin m'échappe, c'est la première leçon du cancer". En me couchant, le soir où les filles m'avaient dévoilé leur plan, j'avais rajouté dans la marge : "Se répartirai rageusement son destin est la deuxième leçon."»
 Grasset, 320 pages.

lundi 27 mai 2019

"Un certain Paul Darrigrand" de Philippe Besson





Ta-da !
Voilà Philippe Besson de retour, avec un nouveau roman autobiographique 😊
Je l'avoue pour mon plus grand bonheur !
Je l'ai découvert il y a deux ans avec "Arrête avec tes mensonges" et j'avais été éblouie par cette magnifique première histoire d'amour d'un jeune homme de 18 ans.

On retrouve ce même jeune homme, en 1988, il a 21 ans, il est étudiant à Rouen puis à Bordeaux.
Une année de sa vie nous est contée, une année où il va aimer, fort, très fort, une année où il va découvrir la maladie.

C'est la rentrée scolaire, notre héros rencontre ce fameux Paul, un jeune homme beau et mystérieux, un jeune homme qui semble le chercher et le fuir en même temps.
Peu avant Noël il y a ces quelques jours entre amis à l'île de Ré et le masque tombe, une relation forte démarre.
Mais Paul est marié et le jeune homme se retrouve être l'amant, celui que l'on cache.

Et puis c'est la maladie qui prend place, inattendue, elle trouble, elle perturbe, elle fait peur.

Je dois dire que je ne suis peut-être pas très objective, et pourtant si, c'est l'effet que me fait ce livre qui est le plus important finalement. Il m'a rendue heureuse, nostalgique, amoureuse. Je me suis sentie rassurée, réconfortée.
Philippe Besson sait mieux que personne nous raconter l'amour, nous livrer son "âme romantique et torturée".
Il s'adresse à nous lecteur, il nous raconte, il nous explique, il parle de ses premiers romans aussi, et moi il m'a emmenée avec lui, dans ses mots, dans ses phrases, dans ses amours, dans ses émois.
Il sait me toucher, il me trouble, je suis ébranlée par son romantisme, par sa flamme et sa plume.

Il nous parle aussi de cette maladie dont il a réchappé, avec beaucoup de pudeur et de simplicité. Comment il a réussi à vivre avec, continuer à étudier, à aimer, à croire en la vie.

Un récit haletant qui se lit dans un souffle comme il a été écrit.

Julliard, 211 pages.

jeudi 10 janvier 2019

"Mourir n'est pas de mise" de David Hennebelle


1974, Jacques Brel décide de partir en voilier faire le tour du monde.
Il embarque avec lui sa fille France et sa maitresse Maddly Bamy.
Il fuit le gris du ciel belge, les salles de spectacles fermées et enfumées, et les paparazzi.

Mais la vie ne fait pas toujours ce que l'on veut, ce que l'on avait imaginé.
Brel finira par s'installer aux îles Marquises, et malgré la maladie qui le ronge il composera un ultime album avant de partir pour toujours.

Un très joli texte, court, sur les 4 dernières années de vie du fabuleux chanteur que fut Brel.
On ressent toute la passion de l'auteur pour le poète ; moi il m'a emmené avec lui.
Je n'ai pas "connu" Brel de son vivant et hormis ses chansons les plus célèbres je reconnais que je ne savais pas grand chose de sa vie.

Un premier roman réussi, écrit avec finesse et poésie.

Autrement, 148 pages.

vendredi 13 juillet 2018

"Amsterdam" de Ian McEwan



Clive Linley et Vernon Halliday, deux amis, se retrouvent aux funérailles de Molly, photographe, critique culinaire et épouse de George Lan.
Leur ancienne maitresse est décédée rapidement suite à une maladie qui lui a fait perdre tout sens commun, ce qui amène les deux amis à se faire une promesse qui changera le cours de leur vie.

Un troisième amant, détesté par les deux premiers, se trouve être un homme politique de renom - Julian Harmony -  mais dont les idées déplaisent fortement à Clive et Vernon, ou serait-ce simplement de la jalousie ?

Clive Linley est un musicien compositeur qui a beaucoup d'estime pour sa personne et son oeuvre, Vernon, lui, est directeur de la rédaction dans un journal - "the Judge" - qui a des difficultés financières.
Clive est en train d'écrire "l'oeuvre du siècle", Vernon souhaite faire d'une pierre deux coups en faisant chuter son pire ennemi et en faisant remonter les ventes de son journal.

Nous suivons ces deux personnages principaux auto-centrés, sûr d'eux-même et que rien n'arrête jusqu'à un dénouement pathético-tragique.

Tout le cynisme de Ian McEwan ressort dans ce roman où il nous campe des personnages cyniques avec un humour crissant. Le déroulement fait froid dans le dos.

Ce roman, qui n'est pas mon préféré de cet auteur, m'a laissé un goût amer tant ce qu'il décrit et écrit donne une image d'une société nombriliste, d'un Homme égoïste, mais aussi un regard sur la maladie et la détérioration de l'être humain qui n'est pas très positif.

Bref un roman bien ficelé mais dérangeant !

Folio, 252 pages.

jeudi 17 mai 2018

"Dans le jardin de l'ogre" de Leïla Slimani



Adèle, journaliste, est l'épouse de Richard, chirurgien, et la mère de Lucien un petit garçon de 3/4 ans.

Adèle a un problème, avec son corps, avec les hommes ; c'est comme une drogue il lui faut avoir des relations sexuelles fréquentes, avec n'importe qui, et parfois dans une violence assez extrême. En somme elle souffre de nymphomanie - exagération pathologique des désirs sexuels.

Nous nous retrouvons face à cette jeune femme complètement déconnectée de sa vie, qui n'existe que par et pour ses pulsions.
Elle réussit à créer l'illusion auprès de son mari, de son entourage, elle joue son rôle presque parfaitement. Mais elle en paie le prix fort.

Je ne sais pas si elle ressent un trop plein d'émotions ou si à l'inverse elle ne ressent rien... ce qui est certain c'est qu'elle est malheureuse, elle est en profond désarroi et s'inflige des souffrances à la limite du supportable. Elle m'a, parfois, donné envie de mourir.

Dans ce premier roman de Leïla Slimani, on retrouve le même style clinique, froid, incisif, direct qui nous permet de rester à distance ; distance essentielle pour pouvoir avancer dans le livre.
Difficile d'avoir de l'empathie pour cette femme, difficile de comprendre ses raisons, de comprendre ce qui l'anime... elle-même semble perdue et ne pas savoir où elle va et ce qu'elle fera, elle ne maitrise absolument rien de sa vie.

Je n'arrive pas à savoir ce que je pense de ce livre. Ce n'est pas un livre que j'aime ou que je n'aime pas.
C'est un livre qui dérange, qui pousse dans ses derniers retranchements, en tout cas en tant que femme il m'a beaucoup perturbé. Je pense que cette femme est malade, en effet, ses tendances sont "hors norme", elle fait peur et je n'aurais certainement jamais voulu être à sa place.
Mais au bout du compte je ne comprends pas bien l'intérêt de cet histoire, le message (y en a-t-il un ?)... je ne suis pas sure que ce livre m'ait apporté quelque chose d'autre que le dégoût, l'écoeurement, l'incompréhension...

Je commence à me poser des questions sur cette auteur qui jusque là renvoie une image de la femme qui oscille entre la nymphomane, la folle assassin d'enfants, et la mère nigaude...

Pas certaine de retenter l'expérience...

Folio, 228 pages.

dimanche 15 octobre 2017

"La chambre des époux" de Éric Reinhardt



Bon alors celui-là ne va vraiment pas être simple à commenter...
Il est très difficile d'expliquer ce qu'est ce livre, je pense qu'il risque de beaucoup diviser.

Dans un premier chapitre, Éric Reinhardt reprend un texte qu'il avait écrit il y a une dizaine d'années pour "Les Inrockuptibles" ; texte dans lequel il explique et raconte de manière succincte et rapide le cancer du sein de sa femme. Il écrit à ce moment là son roman "Cendrillon", il veut tout arrêter pour s'occuper de Margot mais elle lui demande au contraire l'impossible, qu'il finisse son roman pendant qu'elle guérit.

A la suite de cela, en 2008, il rencontre au cours d'un diner une jeune femme, Marie, une miraculée du cancer elle aussi (le pancréas en ce qui la concerne), il est ému, touché par cette femme qu'il veut "sauver", il ne veut pas qu'elle rechute, il ne veut pas qu'elle meure.

Et le roman gigogne commence, l'auteur nous livre les notes qu'il écrit à ce moment pour son nouveau roman. Finalement par petits morceaux, le livre apparaît sous nos yeux, ou ce qu'il aurait pu être. Et c'est dans ce pseudo-roman que l'on retrouve Nicolas, compositeur de musique, marié à Mathilde qui a survécu à un cancer du sein et qui rencontre au cours d'un dîner Marie une autre survivante.... jusque là c'est un peu comme relire la même histoire en changeant simplement les prénoms ; Nicolas a composé une musique merveilleuse au cours de la maladie de sa femme et il est bien sûr internationalement reconnu...
Et puis on passe à la suite du roman, Nicolas apprend que Marie a rechuté et décide de la retrouver pour l'aider à guérir ou à mourir. Il laisse donc son épouse pour rejoindre cette jeune femme qu'il n'a rencontré qu'une fois... bon bon bon....

Alors, alors... ce livre ne m'a pas laissé indifférente, c'est le moins que l'on puisse dire... maintenant je crois que je suis totalement incapable de dire si j'ai aimé ou pas, en réalité plus j'y pense et plus mon avis change, varie. Je vais donc essayer de dire ce que j'ai aimé et ce que j'ai détesté (je crois).

Éric Reinhardt choisit une manière plutôt singulière pour nous parler de la maladie, de ce qu'elle peut faire dans un couple, comment elle est vécue, les changements qu'elle apporte, le regard d'un homme sur sa femme qu'il aime malgré tout, le besoin du "beau" et donc de l'Art pour avancer, rester vivant et ne pas sombrer.
Il y a de très beaux passages sur l'amour, sur le corps, sur le sexe dans un couple et le désir.
Il semble qu'il ait eu besoin de cette rencontre avec Marie pour se libérer dans une projection, et enfin laisser aller son émotion.

Il y a tout de même un moment où je me suis demandée si tout n'était pas un roman, si tout était une biographie, si il n'y avait pas quelque chose de l'ordre du fantasme.
Et c'est là où je dois dire qu'il y a des passages entiers où j'ai été terriblement mal à l'aise, gênée, embarrassée, je crois même avoir rougi, toute seule. (et pourtant je suis loin d'être bégueule...).
J'ai trouvé les réactions de Nicolas (Éric ?) totalement surprenante, une manière de faire, de penser incompréhensible pour moi. Et des scènes de sexe qui m'ont dégoutées, pas le sexe, mais la manière je crois. Le pourquoi et le avec qui. En fait une impression qu'il ne ressent ses émotions et ne peut les transmettre que par son sexe... ce qui est assez réducteur.

En revanche l'auteur sait manier le verbe et la phrase, et certains passages sont vraiment magnifiques, alors pourquoi parfois nous donner des phrases longues, ampoulées, ennuyeuses voire incompréhensibles ? Se regarde-t-il écrire ?

Je suis passée sans cesse tout au long de ma lecture de j'aime à je déteste et ainsi de suite.

Reinhardt est extrêmement présent, est-ce voulu ? ou juste une petite crise narcissique ?
En fait en fonction des réponses que l'on veut bien donner à beaucoup de questions on passe du chef-d'oeuvre à quelque chose de totalement ratée, vide, inutile.

Je ne pourrais donc pas recommander ce livre car certains passages qui m'ont choqué sont beaucoup trop forts et présents ...
En revanche si certains se lancent quand même je serais très intéressée d'avoir vos avis !!!!

Après avoir lu le livre j'ai écouté une interview de l'auteur à propos de son livre, j'ai trouvé qu'il s'écoutait parler, qu'il avait l'air d'être assez imbu de lui-même, pas très agréable... heureusement que j'ai regardé cette interview après la lecture du livre.
Ah et je trouve que la 4ème de couverture ne se rapproche que de très loin de ce qu'est le livre.
"Mais surtout, et il est capital pour moi de le préciser, et c'est pourquoi je peux raconter ici ce dîner, c'était la peur de perdre Margot que répercutait en moi la précarité supposée de Marie, c'était Margot que je désirais et avec qui j'avais envie de faire l'amour quand ce soir-là je désirais Marie, c'était le souvenir de l'amour que nous nous étions donné, physiquement, sexuellement, elle et moi, afin que la vie ne s'éteigne pas, quand elle avait été malade et dégradée par la chimio, que faisait remonter en moi la présence irradiante de cette femme. C'était la vie que je voulais maintenir en vie en voulant aimer Marie. C'était toutes les femmes malades du monde et qui luttaient pour ne pas mourir que je voulais aimer et aider à vivre. Que la maladie n'existe plus et qu'aucun être aimé ne succombe plus d'aucune maladie grave et incurable. C'est depuis l'intérieur de cette puissante émotion que je regardais et désirais Marie."
"Et c'est un an et demi plus tard, le 29 mai 2008 en début d'après-midi, sur les hauteurs de Lyon, à quelques heures de mon apparition aux Assises internationales du roman qu'aura enfin été percée cette bulle de protection et d'inconscience où je m'étais réfugié non pas pour fuir lâchement la maladie, mais au contraire pour l'affronter efficacement, ce qui s'était révélé être le meilleur calcul possible, en définitive, certes, n'était la question de ce que j'avais mis de côté comme terreur, comme tristesse, comme lucidité non vécues, écartées de mon champ de conscience si je puis dire." 

Gallimard, 176 pages.

vendredi 6 octobre 2017

"Sciences de la vie" de Joy Sorman



"La jeune Ninon Moise est l'héroïne et la dernière-née de cette famille qui s'est méthodiquement déglinguée à travers les siècles, l'héritière d'un imposant matériel génétique, et peut-être, qui sait, l'ultime maillon de cette chaîne, l'achèvement de la funeste lignée."
C'est une véritable malédiction qui frappe depuis des siècles la famille de Ninon et de sa mère Esther.
Tout a commencé au Moyen-Âge avec Marie Lacaze en 1518, elle fut la première touchée par une maladie inconnue et surprenante et après elle toutes les filles aînées, aucune n'y a échappé. À chaque génération sa maladie, sa tare, plus ou moins contraignante, plus ou moins douloureuse, à chaque fois différente.
Ninon, 17 ans, vit seule avec sa mère, et toute son enfance a été bercée par les histoires qu'elle lui contait, les histoires de leurs ancêtres. Il faut dire qu'Esther a fait beaucoup de recherches et connait chaque épisode de chacune de ses aïeules. Ninon rigole, parfois a peur mais toujours est passionnée et écoute attentivement sa maman.
Esther en tant que fille aînée n'est pas passée au travers de cette fatalité, elle souffre d'achromatopsie, c'est à dire d'une absence de vision des couleurs, elle voit la vie en noir et blanc ! Elle ne ressent pas de douleur et s'est plutôt bien accommodée de ce handicap particulier en devenant projectionniste de films d'art et d'essai ; elle vit la nuit et le jour se cache derrière des lunettes à l'abri de la lumière.
Pour toutes les deux il est évident qu'un jour Ninon aura elle aussi SON mal, elle ne peut pas échapper à cet héritage biologique.
Et en effet un matin de janvier Ninon se réveille avec une douleur insoutenable dans les bras ; du poignet jusqu'à l'épaule dès que sa peau entre en contact avec quelque chose c'est une brûlure intense et atroce. "Une souffrance inexplicable et disproportionnée [...]"
Débute pour Ninon une longue quête afin de découvrir ce qu'elle a, donner un nom à ce mal qui la ronge et lorsqu'enfin elle peut mettre un nom sur ce qu'elle éprouve (allodynie tactile dynamique) tout recommence pour trouver une solution et guérir. Rdv, entretiens, rencontres avec différents thérapeutes de toutes sortes, hospitalisations, cures, tout y passe, même les chamanes et voyants...
Peu à peu Ninon se renferme sur elle, dans sa chambre qu'elle ne quitte plus, elle s'éloigne de sa mère qu'elle tient pour "responsable" de son malheur.
Elle veut guérir à tout prix, elle veut rompre cette chaîne héréditaire, elle est plus que déterminée à sortir de ce destin soi-disant écrit pour elle.

Je découvre Joy Sorman pour la première fois et j'avoue je suis très surprise par ce roman. Sans pouvoir dire que j'ai adoré je ne l'ai pourtant pas lâché jusqu'à la fin. Il est très prenant, surprenant, mordant.
Écrit sur un rythme rapide, saccadé, on est presque essoufflé de la vitesse. La description de la vie de Ninon est froide, clinique, on va à l'essentiel, on ne perd pas de temps, un peu comme Ninon qui ne vit plus que par et pour sa douleur sans temps ni espace pour le reste.

J'ai aimé l'évolution de la pensée de Ninon, son obstination malgré son jeune âge, la distance qu'elle prend avec sa mère pour se débrouiller seule mais aussi pour tordre le cou à sa destinée.

Et je dois dire que j'ai énormément aimé la fin que choisi Joy Sorman pour son héroïne, j'adhère totalement à l'idée et au concept mais je n'en dirai pas plus il vous faudra lire le livre !!

"Bien sûr il arrive que des anomalies héréditaires restent latentes, ignorées à vie de leur porteur, comme des dispositions du corps non activées, mais cela n'a jamais été le cas dans cette famille, les dispositions se sont toutes déclarées, peut-être, chaque fois, à la faveur aléatoire d'un évènement, d'une rencontre, d'un affrontement avec les difficultés de l'existence, mais qui peut le certifier ?"
"Pourtant Ninon a aussi l'étrange impression d'être plus vive, plus affûtée depuis ces quelques jours, depuis que sa peau la fait souffrir en continu, comme si l'expérience de la douleur physique vivifiait sa pensée, comme si cette nouvelle configuration du corps avait induit une nouvelle configuration de l'esprit, une accélération de ses  facultés intellectuelles, la sensation tout simplement d'être devenue plus intelligente, peut-être de cette intelligence épaissie, ramifiée, complexifiée par le temps, l'âge, la vie, comme si son cerveau s'était embrasé en même temps que sa peau."
"[...] alors les amis s'éloignent, elle les tient à distance, sans tristesse car anesthésiée, flux émotionnel interrompu, coupure générale des sentiments, tout est éteint sauf ses bras hypersensibles."
"L'interne avait posé un diagnostic : conversion d'une émotion sur le plan somatique, Ninon avait entendu sans accrocher l'information, la laissant dériver et s'échouer à l'arrière de la tête, puis ça lui était revenu d'un coup, la phrase s'était faufilée au-devant de la conscience, éclairant ce qu'elle savait sans le formuler, sans l'articuler - quelque chose clochait dans sa vie qui s'exprimait à travers cette douleur allodynique. L'interne avait ajouté : toutes les maladies sont biopsychiques."
"[...] qu'Esther a consignées sans répit, reproduisant avec minutie son arbre généalogique aux innombrables branches malades et tordues dans un cahier relié de cuir qu'elle entend bien léguer à sa fille - cahier lourd comme un grimoire, héritage aussi écrasant que cinq siècles de parenté, histoire sédimentée dans la roche du temps."
"[...] - pas l'innocence cependant car guérir ce n'est pas tout effacer, revenir à un état initial, guérir ce n'est pas reprendre les choses au début, identiques et préservées, entre-temps tout à bougé."
"Ninon a tué en elle l'animal rampant de l'hérédité, réduit à l'état de dépouille suspendue dans un coin sombre et poussiéreux de sa mémoire, elle a sauté hors du rang des maudits, des tarés, des dégénérés, et se jure de ne jamais avoir d'enfants." 
Le Seuil, 272 pages.

vendredi 25 novembre 2016

❤️ "L'autre qu'on adorait" de Catherine Cusset



Voilà le contre-exemple de mon article précédent, c'est à dire que ce livre ne me faisait pas vraiment envie, les critiques entendues ne m'avaient pas convaincu, mais je me suis tout de même laissée tenter  (vive les clubs de lecture !) et je ne le regrette absolument pas, je l'ai DE-VO-RÉ !

Catherine Cusset, dans ce roman, nous raconte l'histoire d'un de ses amis et ex-amant; comment un jeune homme brillant, avec un avenir non moins brillant devant lui, rate sa vie, et de manière répétitive, en enchainant les déconvenues amoureuses et professionnelles. Une longue descente vers l'enfer et l'inévitable... Malgré le soutien indéfectible de sa famille et de ses amis, une fois qu'il a mis le doigt dans la spirale infernale, il est très difficile d'en sortir.

En utilisant la deuxième personne du singulier, comme si elle écrivait une longue lettre, l'auteur nous autorise à entrer dans la vie de Thomas, elle le rend vivant, présent, comme si il était là à côté de nous. Elle nous permet de nous attacher à lui et de vivre avec lui l'enchaînement (à double sens) de sa vie.

Ce récit est puissant, fort, émouvant. Il parle de maladie, d'amour, de littérature, de dépression, d'amitié.

Gallimard, 304 pages.

vendredi 18 mars 2016

❤️❤️❤️ "L'arbre du pays Toraja" de Philippe Claudel





Un homme, cinéaste, perd son meilleur ami. Il se retrouve ainsi entrainé dans tout un processus de pensées et de réflexion sur la vie, la mort, le temps, le corps, la maladie ... Tout en étant (bien) entouré par deux femmes magnifiques, son ex-femme et une voisine inconnue.



Le roman tire son titre des traditions des rituels funéraires de la tribu des Toraja qui vit sur une île d'Indonésie.
"... un arbre particulier. Remarquable et majestueux, il se dresse dans la forêt à quelques centaines de mètres en contrebas des maisons. C'est une sépulture réservée aux très jeunes enfants venant à mourir au cours des premiers mois. Une cavité est sculptée à même le tronc de l'arbre. On y dépose le petit mort emmailloté d'un linceul. On ferme la tombe ligneuse par un entrelacs de branchages et de tissus. Au fil des ans, lentement, la chair de l'arbre se referme, gardant le corps de l'enfant dans son grand corps à lui, sous son écorce ressoudée. Alors peu à peu commence le voyage qui le fait monter vers les cieux, au rythme patient de la croissance de l'arbre."
Les thèmes abordés par Philippe Claudel sont, je dirais, des thèmes assez "classiques". Cependant la manière qu'il a de les traiter est assez spécifique et suffisamment différente pour être vraiment intéressante.
Je dois avouer qu'après la lecture des deux premiers chapitres j'ai posé le livre avec une grosse boule d'angoisse logé dans le fond de mon estomac ; les questionnements qu'il nous impose sur la vie et la mort m'ont troublé et chamboulé. J'ai laissé une nuit passer sur le tourbillon dans ma tête et ai repris la lecture ....

Avec la mort de son ami notre héros se pose tout un tas de questions sur les origines de nos maladies et se met à chercher auprès de scientifiques et de médecins, des réponses à ses questions plus philosophiques que médicales.
"Quand donc tombons-nous gravement malades ? Quand tout va bien ou quand tout va mal ? [...] D'un désir non exprimé de voir se produire quelque chose ? D'une usure née de la production interminable du même refrain de l'existence ? D'une routine qui ferait baisser toutes nos gardes ? [...] Je me demande à ce propos si la maladie quand elle nous frappe peut être considérée comme une porte que nous lui ouvrons intentionnellement ou non. [...] Est-il envisageable que nous tombions malades lorsque nous acceptons de laisser prendre une place de plus en plus grande à la mort, que nous l'invitions en quelque sorte à nous envahir, à s'installer en nous, alors qu'auparavant, nous avions tout fait pour la circonscrire au-delà d'un périmètre qui nous paraissait être le seul champ possible de notre existence ?"

Il nous raconte le manque de son ami, de son amitié, de leurs échanges, de leurs mots ; de son texte il veut faire le tombeau de son ami
"le texte est devenu l'arbre du pays Toraja"
Au cours de ces recherches, il fait la connaissance d'une jeune chercheuse au CNRS qui, après qu'il lui ai exposé la raison de sa venue, lui fait un magnifique plaidoyer sur le corps, le corps de l'Homme, la relation à notre corps tout au long de notre vie. Ce corps que l'on chérit mais qui, impitoyablement, fini par nous lâcher, nous abandonner, nous trahir.

C'est assez rigolo car dans le roman précédent que j'ai lu, Camille Laurens nous faisait penser que le regard sur le corps des femmes mûres s'étiolaient et que le désir des hommes disparaissaient ; à l'inverse Philippe Claudel, ici, encense ce corps mûr (ou seulement celui de son ex-femme qu'il a toujours connu ??).
"Le corps des jeunes femmes fait songer à des pierres parfaites, polies, sans défauts, scandaleusement intactes. Celui des femmes possède le parfum patiné des jours innombrables où s'amalgament, sensuels, les moments de plaisir et ceux de l'attente. Il devient le velours assoupli des années."

De même Camille Laurens évoquait son désir sexuel ou d'écriture, qui pour elle n'allait pas l'un sans l'autre, que l'un ne pouvait pas exister sans l'autre et que pour pouvoir écrire elle a besoin de désir (sexuel) ; Philippe Claudel nous livre lui-aussi l'importance de la littérature dans la vie, sa vie (la notre ?) et il compare nos vies à un livre.
"Notre vie n'est en rien une figure linéaire. Elle ressemble plutôt à l'unique exemplaire d'u livre, pour certains d'entre nous composé de quelques pages seulement, propres et lisses, recouvertes d'une écriture sage et appliquée, pour d'autres d'un nombre beaucoup plus important de feuillets, certains déchirés, d'autres plus ou moins raturés, pleins de reprises et de repentirs. Chaque page correspond à un moment de notre existence et surtout à celle ou celui que nous avons été à ce moment là, et que nous ne sommes plus, et nous regardons, si jamais nous prend l'envie ou la nécessité de feuilleter le livre, comme un être tout à la fois étranger et paradoxalement étrangement proche.
La trame du roman, de l'histoire, est assez banale ; c'est une jolie histoire, sans plus. Cependant, comme je l'ai déjà dit, Philippe Claudel utilise cette trame pour faire ressortir des points importants de l'Existence et que probablement personne ne peut nier. Il a un vrai sens de l'écriture et surtout nous pousse à aller au delà du contenu de son écrit. Peut être suis-je à une bonne période de ma vie pour être très réceptive à ce genre de texte ?