Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mardi 12 mai 2020

❤️❤️❤️ "Un loup quelque part" de Amélie Cordonnier



L’héroïne est la mère d’Esther, 8 ans, et depuis 5 mois celle d’Alban.
Lorsqu’elle découvre une tâche brune dans le cou de ce dernier, elle réalise qu’il est en train de devenir noir et croit qu’elle n’aime plus son enfant. Tout va chavirer.
Voilà, dit ainsi, cela peut paraître effrayant voir même repoussant comme sujet, cependant c’est pour moi une réussite et un coup de cœur magistral !


C’est un huis clos dans la tête et dans la vie de cette jeune femme, qui tout à coup perd les pédales et le sens de la raison, le sens maternel. Devient-elle folle ? 
Elle compare la transformation de son fils à celle de Samsa dans la métamorphose de Kafka. Elle est écœurée, dégoutée.
Elle a peur, elle a honte, elle souffre, c’est elle-même qui se métamorphose, elle défait son lien avec Alban, elle se détache de son rôle de mère, dans la douleur. C’est une mère agonisante. 
Une femme qui a déjà souffert dans son enfance en devenant orpheline de mère à l’âge de 10 ans.


Je me suis terriblement attachée à cette femme, j’ai senti sa douleur et son errance au plus profond de mon être, elle m’a parlé, elle m’a touché. Je ne m’attendais tellement pas à ça avec ce roman. J’ai été bluffée !
C’est un texte d’une violence abyssale tout en étant d’une profonde tendresse ; l’auteur a su analyser, décortiquer, exposer les émotions de cette mère avec une finesse incroyable. 


C’est rare, très rare pour moi, mais j’ai fini ce livre, bouleversée, la gorge nouée et les yeux baignés de larmes. Un texte brillant, un livre qui m’a émue.

Flammarion, 270 pages. Mars 2020

mardi 21 janvier 2020

"Les yeux rouges" de Myriam Leroy



Dans ce roman semi-autobiographique, Myriam Leroy raconte l'histoire d'une journaliste harcelée sur les réseaux sociaux par un homme sans limite.
Elle a utilisé sa propre histoire et celles d'autres personnes pour écrire ce roman.
La construction est assez intéressante car on entend essentiellement la voix du harceleur.

Au démarrage il est plutôt bienveillant, gentil, puis un peu insistant et lourd. On perçoit la menace sous-jacente qui monte petit à petit. Jusqu'à ce qu'elle le retire de sa liste "d'amis" et qu'il pète complètement les plombs et en fasse sa cible numéro un sur sa page Facebook ainsi que dans les multiples comptes twitter qu'il se crée.

La journaliste est évidemment victime de de remarques machistes, d'insultes, sa photo est postée retouchée de façon assez immonde, et elle a du mal à prendre du recul, elle ne peut s'empêcher de vérifier ce que cet homme écrit ainsi que les commentaires nauséabonds de ses "followers".

J'ai du mal à savoir si j'ai aimé ce livre car j'ai plusieurs fois été gênée, notamment par la critique permanente de l'entourage qui du coup pousse en arrière-plan la mise en abîme de la victime, et sa lente descente en enfer alors que c'est le sujet important. C'est peut-être moi qui me suis focalisée là dessus mais malheureusement c'est la lecture que j'en ai eu.

Il n'en est pas moins que c'est un livre glaçant sur les risques réels de cyberharcèlement et qui peut être vraiment intéressant à lire, notamment par nos ados qui parfois ne se rendent pas compte des risques qu'ils prennent sur le net.

En revanche je n'ai ni compris, ni apprécié la fin.

Seuil, 188 pages. Août 2019

dimanche 12 janvier 2020

"Propriété privée" de Julia Deck



Les Caradec décident de partir s'installer en banlieue dans une toute nouvelle maison, dans un tout nouveau quartier ; c'est une rue avec des maisons mitoyennes de chaque côté, c'est une maison qui se veut éco-responsable.

Les voisins sont plutôt agréables et sympathiques dans l'ensemble.
Jusqu'à ce que les Lecoq emménagent dans la maison mitoyenne.
Les Lecoq envahissants, bruyants, sans-gênes... quel est leur véritable objectif ?

Dans ce court texte grinçant, Julia Deck explore les relations de voisinage et de fait un pan de notre société.
Il y a un côté burlesque et caustique que j'ai beaucoup aimé et qui m'a rappelé l'écriture de Jean Echenoz.
Certaines situations sont totalement absurdes, mais la réalité n'est-elle pas parfois absurde ?

La narratrice s'adresse à son époux à qui elle conte leur histoire, histoire qu'il connaît bien puisqu'il en est le principal acteur.
Il faut dire que Mr Caradec est un peu spécial, il souffre de troubles obsessionnels et a beaucoup de mal à sortir de chez lui, à se retrouver en groupe, ce qui peut parfois créer des situations rocambolesques.
Et puis bien sur les maisons parfaites ne le sont pas tant que ça, tout ne fonctionne pas si bien et de gros travaux doivent être repris.

Bref, un petit livre délicieux, mordant, parfois acide et souvent piquant.
Et puis j'ai aimé la fin, ouverte, qui laisse malgré tout planer le doute, et qui nous laisse la liberté de continuer l'histoire après avoir fini le livre.

Les Éditions de Minuit, 173 pages. Septembre 2019

jeudi 10 octobre 2019

"Le Ghetto intérieur" de Santiago H. Amigorena


Vicente Rosenberg, juif originaire de Pologne, a émigré en Argentine en 1928 pour y trouver un meilleur avenir.
Il y rencontre celle qui deviendra sa femme et la mère de ses enfants, Rosita.
Il travaille dans un magasin de meuble pour son beau-père.
Sa vie est paisible, il est amoureux, heureux, et a deux bons amis qui ont émigré en même temps que lui.

Mais voilà qu'en Europe le nazisme se déchaine, la guerre fait rage et Vicente s'inquiète pour sa famille. Pour sa mère notamment, qui est bientôt enfermée dans le ghetto de Varsovie, et pour son frère qui est avec elle.

Vicente a quitté l'Europe pour découvrir autre chose, mais aussi probablement pour fuir une condition, celle d'être juif dans une Europe largement antisémite, fuir aussi sa mère, il me semble, trop présente.
Lorsque les lois antisémites sont déclarées il demande à sa mère de venir le rejoindre, mais elle ne veut pas abandonner ses deux autres enfants, il propose mais sans trop insister.
J'ai aimé ce point de vu, un peu nouveau (bien que déjà abordé dans les Déracinés), des juifs qui sont loin et n'ont pas à subir l'ire nazi. Nécessairement nait une culpabilité de ce que vit le peuple juif et dont on est éloigné, et d'un coup Vicente qui ne se sentait pas particulièrement juif ne devient plus que juif, il n'est plus rien d'autre qu'un juif. J'ai trouvé l'approche de cette question vraiment très intéressante et particulièrement bien traitée.
Mais cela entraine chez Vicente une entrée en le silence, la culpabilité le ronge au point qu'il ne peut plus prononcer un mot, et ce n'est pas que cela, il ne fait plus rien dans sa famille, il ne s'occupe plus ni de sa femme ni de ses enfants.
Et c'est là où j'ai un petit peu de mal à comprendre le processus, il culpabilise d'avoir en quelque sorte abandonné sa famille en Europe (bien que non responsable de l'antisémitisme ambiant) et cette culpabilité fait qu'il abandonne sa propre famille ici, là, celle avec laquelle il vit. Il abandonne sa femme et ses enfants en étant totalement absent à lui-même et à ses proches. L'histoire est vraie puisqu'il s'agit de celle du grand-père de l'auteur, mais j'avoue ne pas avoir réussi à avoir d'empathie pour lui. Au début oui, mais lorsqu'il se renferme totalement sur lui et tourne le dos à ses proches là je reconnais que je n'y arrivais plus.

Je reste donc indéterminée sur ce roman et ne peux malheureusement pas partager les avis dithyrambiques.
En revanche c'est un très beau texte, merveilleusement écrit même si j'y ai trouvé quelques longueurs.
Un roman qui mérite d'être lu et découvert malgré mon avis mitigé.
"À partir de ce triste mois de mars 1941, Vicente allait éprouver une double haine de lui-même : il allait se détester parce qu'il s'était senti polonais et il allait se détester davantage encore parce qu'il avait voulu être allemand. Il allait éprouver une double haine de lui-même que jamais le fait de se sentir juif n'allait soulager. « Pourquoi jusqu'aujourd'hui j'ai été enfant, adulte, polonais, soldat, officier, étudiant, marié, père, argentin, vendeur de meubles, mais jamais juif ? Pourquoi je n'ai jamais été juif comme je le suis aujourd'hui - aujourd'hui où je ne suis plus que ça. » Comme tous les Juifs, Vicente avait pensé qu'il était beaucoup de choses jusqu'à ce que les nazis lui démontrent que ce qui le définissait était une seule chose : être juif. "
"Être juif, pour lui, n'avait jamais été si important. Et pourtant, être juif, soudain était devenu la seule chose qui importait.  « Mais pourquoi je suis juif ? Pourquoi, aujourd'hui, je ne suis que ça ? Pourquoi je ne peux pas être juif et continuer d'êtretout ce que j'étais auparavant ? »"
" ...les nazis ne tuaient pas les Juifs parce qu'ils étaient polonais, vieux, inutiles, blonds, mariés, célibataires, boiteux ou parce qu'ils avaient mauvaise haleine : ils les tuaient parce qu'ils étaient juifs. En 1941, être juif était devenu, grâce à ceux qui cherchaient à les exterminer, la condition fondamentale de millions de personnes qui, comme Vicente, n'avaient jamais accordé une grande importance à cette caractérisation, à cette appartenance mi-religieuse, mi-ethnique, et trois quarts n'importe quoi. En 1941, être juif était devenu une définition de soi, qui excluait toutes les autres, une identité unique : celle qui déterminait des millions d'êtres humains - et qui devait, également, les terminer."
"Vicente avait été un homme installé : quarante ans, marié, deux filles et un fils, des amis, un magasin qui marchait, une ville qui ne lui était plus étrangère. Il avait été un homme comme plein d'autres hommes, heureux et malheureux, chanceux et malchanceux, vif, fatigué, présent, absent, souvent insouciant, parfois passionné, rarement indifférent. Il avait été un homme comme tant d'autres hommes, et soudain, sans que rien n'arrive là où il se trouvait,  sans que rien ne change dans sa vie de tous les jours, tout avait changé. Il était devenu un fugitif, un traître. Un lâche. Il était devenu celui qui n'était pas là où il aurait dû être, celui qui avait fui, celui qui vivait alors que les siens mouraient. Et à partir de ce moment-là, il a préféré vivre comme un fantôme, silencieux et solitaire."
P.O.L, 191 pages. Mai 2019


dimanche 12 mai 2019

"Deux soeurs" de David Foenkinos



Mathilde vit une belle histoire d'amour avec Étienne depuis près de 5 ans, ils ont même parlé mariage l'été précédent en Croatie. 
Mathilde est professeur de français dans un collège, elle aime son métier et ses élèves.
Mathilde est une jeune femme épanouie.

Mais Étienne lui annonce qu'il la quitte et s'en va.
Et Mathilde va sombrer dans la dépression, la colère, la folie....

❀❀❀

Dans la (longue) première partie, on vit avec Mathilde sa descente en enfer, la description de ses émotions, mais aussi un petit retour en arrière sur son histoire avec Étienne.
Dans la seconde partie Mathilde qui a touché le fond vit maintenant chez sa soeur. Je ne vais pas à en dire trop (pour ceux qui souhaiteraient lire le livre) car ça va très vite. C'est d'ailleurs un des gros points positifs du livre, les chapitres sont très courts et du coup il se lit très très rapidement.
Parce que pour être honnête je n'ai pas tellement aimé ce livre. En fait il un peu disproportionné, c'est à dire que la partie "dépressive" de Mathilde est un peu longue et la seconde partie beaucoup trop courte ce qui fait que l'on comprend assez rapidement où l'auteur nous emmène, c'est trop "facile". 
Les annotations de bas de page que je n'avais déjà pas aimé dans les autres livres sont ici encore plus exagérées et inutiles.
Le ton employé par l'auteur m'est assez désagréable.
Je n'aime pas trop dire du mal d'un livre d'autant plus que je serais incapable d'en écrire un, celui ci ne m'a pas touché, je n'y ai pas cru. 

Gallimard, 173 pages.

mardi 26 février 2019

"La chrysalide du papillon" de Dorothée Guimbal


"J'ai 20 ans et je veux une vie normale, des parents adultes et responsables. 
Est-ce trop demander ?"

Lucie est une jeune femme de 20 ans, étudiante à la fac de droit et amoureuse.
Un frère et une soeur plus jeunes vivent encore chez ses parents qui malheureusement ne savent plus ce qu'est d'être un couple.

Un jour tout bascule,
Lucie reçoit un appel qui l'informe que sa mère à tenté de mettre fin à sa vie en s'immolant par le feu, chez elle, pendant que son frère était endormi.

Va démarrer pour cette jeune femme un long cheminement de reconstruction par rapport à l'acte de sa mère et ce que tout cela implique pour elle et sa famille.
La reconstruction aussi de sa mère, grande brulée, et psychologiquement en très grande détresse.

A 20 ans qu'il est difficile de devoir devenir l'adulte, en charge, alors que l'on ne souhaite que vivre sa vie, son amour, ses études...
Se sentir abandonnée par sa mère, voir son père baisser les bras, un frère s'effondrer et une jeune soeur qui ne comprend plus rien.
Tout ça avec une famille peu aidante.

C'est un récit profond, troublant, sur le cheminement intérieur et personnel de Lucie.
On ne peut qu'être bouleversé par ce texte mais aussi par la force de caractère de cette jeune femme, par la puissance de vie qu'elle a en elle, cette détermination qu'elle a à vouloir vivre malgré tout, à être heureuse.

Un livre qui (re)donne espoir, un livre finalement lumineux malgré le noir qu'on y trouve.
Un livre qui nous raconte que la vie, la joie, le rire sont toujours (doivent toujours ?) être les plus forts.

Independently published, Amazon, 119 pages.

samedi 22 décembre 2018

"On ne voyait que le bonheur" de Grégoire Delacourt




Antoine est expert en assurance, il évalue le prix des choses, des vies...
Il est marié avec Nathalie, ensemble ils ont deux enfants, Joséphine et Léon.
Alors c'est parti on y va : petit il a perdu une soeur, sa mère est partie et l'a complètement abandonnée, sa femme le trompe, son père est malade, et bien sur il est viré, ouah tout ça pour un seul homme, alors oui bien sur il pète un plomb, et fait une énorme bêtise.
Puis on le retrouve au Mexique où il essaie de se racheter une deuxième vie.
Enfin sa fille Joséphine donne son sentiment sur tout ça (j'essaie quand meme de ne pas trop en dévoiler pour ceux qui voudraient encore le lire).

Donc vous l'aurez compris je n'ai pas aimé ce livre.
Du pathos, en veux-tu ? en voilà !!
Je n'ai pas cru une demi-seconde au personnage d'Antoine qui pour moi est faux du début à la fin, il n'y a rien de crédible dans cette histoire.
Alors c'est sur il sait écrire, et c'est tant mieux ça permet d'avancer vite vite ; j'ai failli abandonner plusieurs fois mais je me disais que peut-être au bout... et alors ce n'est pas faux, dans la dernière partie il y a de jolies choses (ouf) sur le pardon.
Mais bon ensemble pour moi plus que médiocre, sur le même thème (encore une fois que je tais pour ...) lisez plutôt "Bord de mer" de Véronique Olmi qui pour le coup est poignant et magnifique.

JC Lattès, 360 pages.

mercredi 7 février 2018

"Les loyautés" de Delphine de Vigan



Il y a Hélène, enseignante de SVT au collège, une femme fragilisée par son enfance, sa maltraitance, mais aussi une femme forte qui sait "voir" et reconnaître la souffrance, même lorsqu'elle n'est pas visible, une femme qui écoute ses propres convictions et son ressenti.
C'est elle qui va repérer Théo et se battre pour lui.

Il y a Théo, un ado de 12 ans et demi, qui vit une semaine chez sa mère, une semaine chez son père. Il fait ses bagages tous les vendredis pour changer de maison, de parent, d'environnement. Sa mère ne veut même plus prononcer le nom de son père, elle fait un rejet total, elle ne sait pas regarder son fils correctement car elle est trop centrée sur elle-même.
Le père, lui ne gère plus rien, comme si il n'était même plus dans ce monde.
Et Théo boit, il boit pour oublier, pour se donner du courage.

Il y a Mathis, le copain, l'ami fidèle de Théo, celui qui est toujours là, qui accompagne, qui aide, soutien, partage. Une belle amitié d'adolescent, une loyauté sans limite, mais jusqu'où ?

Il y a Cécile, la mère de Mathis, une femme au foyer un peu perdue, mélancolique. On ne sait pas trop ce qui la tourmente, elle non plus d'ailleurs, jusqu'à ce qu'elle découvre un terrible secret, un secret qui concerne son mari. Doit-elle rester loyale envers celui qu'elle a épousé, doit-elle lui parler, le confronter ?

Oui il est beaucoup question de loyauté, celle d'une épouse, celle d'une mère, d'un père, d'un ami, d'une enseignante. Jusqu'où doit-on/peut-on être loyal ? Sans trahir, sans mettre en danger ....
La loyauté envers le(s) parent(s), la protection de celui que l'on aime malgré tout.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui est assez sombre, rude, mais qui soulève beaucoup de questions.
Delphine de Vigan sait mettre le doigt là où ça fait mal, elle sait enfoncer les clous et nous réveiller.
Oui nous avons le jugement un peu facile dans notre société, oui nous ne savons plus nous regarder et nous écouter.
Et si nous étions plus attentifs, plus proches, moins centrés sur nous-même. Et si avant de porter un jugement, nous étions plus ouverts aux attitudes et comportements en laissant une porte ouverte, une chance à l'autre avant de le mettre dans sa petite case et de décider qui il est.

Les thèmes sont forts, les personnages sont justes, elle m'a touchée, elle a éveillé en moi beaucoup de choses, confirmer aussi des idées.

J'ai le sentiment qu'il est de bon ton de critiquer de manière négative les romans de Delphine de Vigan, en tout cas c'est ce que je lis beaucoup dans la presse, ce que j'entends beaucoup à la radio, et à cause de cela j'ai failli ne pas lire ce livre.
Je suis bien contente d'être passée outre (merci Valérie H.) et je trouve les critiques assez injustes et pas toujours très objectives, in my opinion !

JC Lattès, 206 pages.

vendredi 25 novembre 2016

❤️ "L'autre qu'on adorait" de Catherine Cusset



Voilà le contre-exemple de mon article précédent, c'est à dire que ce livre ne me faisait pas vraiment envie, les critiques entendues ne m'avaient pas convaincu, mais je me suis tout de même laissée tenter  (vive les clubs de lecture !) et je ne le regrette absolument pas, je l'ai DE-VO-RÉ !

Catherine Cusset, dans ce roman, nous raconte l'histoire d'un de ses amis et ex-amant; comment un jeune homme brillant, avec un avenir non moins brillant devant lui, rate sa vie, et de manière répétitive, en enchainant les déconvenues amoureuses et professionnelles. Une longue descente vers l'enfer et l'inévitable... Malgré le soutien indéfectible de sa famille et de ses amis, une fois qu'il a mis le doigt dans la spirale infernale, il est très difficile d'en sortir.

En utilisant la deuxième personne du singulier, comme si elle écrivait une longue lettre, l'auteur nous autorise à entrer dans la vie de Thomas, elle le rend vivant, présent, comme si il était là à côté de nous. Elle nous permet de nous attacher à lui et de vivre avec lui l'enchaînement (à double sens) de sa vie.

Ce récit est puissant, fort, émouvant. Il parle de maladie, d'amour, de littérature, de dépression, d'amitié.

Gallimard, 304 pages.