Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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dimanche 6 décembre 2020

❤️❤️❤️ "Elise" de Marcel Sel

 

 

Mon dieu mais quel roman !!!!


🌺 Elise, une jeune allemande, est coincée dans la cantine de l’école de Rastenburg avec 14 autres jeunes femmes, ce sont les goûteuses d’Hitler dont la tanière se trouve toute proche.

Nous sommes le 27 janvier 1945, l’Armée Rouge déferle, c’est la fin. La fin de la guerre mais le début de l’horreur pour la population allemande de l’est. 

 

 

🎹 Au milieu des années 1980 François la soixantaine entreprend un grand voyage vers l’Allemagne, celle de l’Est, la Pologne, vers ce lieu où il fut prisonnier pendant les années de la seconde guerre mondiale, mais surtout vers ce lieu où il a connu et aimé Elise. 

 

 

🌺 Malgré les assauts répétés des Mongoles, des « Ivan » sauvages, Elise part, elle abandonne son corps et voyage dans sa tête, dans sa mémoire. Elle nous emmène avec elle pour oublier et fuir la douleur de l’instant. 

 

 

🎹 François veut comprendre pourquoi Elise a crié « Heil Hitler » avant de se prendre une balle dans la tête , elle qui détestait « Wolf » et sa cohorte de SS sanguinaires et impitoyables

 

 

🌺Une plongée dans l’Allemagne de 1940-1945, cette Allemagne victorieuse qui petit à petit prend l’eau ; plongée dans la folie d’un homme et de ses sbires. Une Allemagne où chacun se protège comme il peut, où chacun fait ce qu’il peut, avec ce qu’il comprend, une Allemagne qui ne tarde plus à sentir le sol trembler sous les coups de butoir des féroces troupes russes qui déboulent comme un vent de folie, de barbarie, d’horreur absolue. 

 

 

🎹Une plongée aussi dans cette Allemagne coupée en deux qui tente de se relever, dans la Pologne des années 80, dans cette partie de l’Europe qui pendant que les pays capitalistes se développent à tour de bras s’engluent dans le communisme, la surveillance, l’enfouissement des secrets de cette immonde guerre. 

 

 

C’est aussi l’histoire de Rita, en filigrane, discrètement, elle est le 3ème personnage caché de ce roman et de cette horreur. (Le troisième roman ? )

 

 

 

C’est un livre bouleversant, et magnifique, un livre qui remue, qui émeut.

C’est violent et sauvage, absolument.

C’est dur et éprouvant, mais essentiel 

Un livre qui soulève les questions de patriotisme, de renoncement, d’abnégation, du peuple qui suit aveuglément sa fureur, de remise en question, d’aveuglement….

 

 

Le seul bémol que j’aurais est le ton utilisé pour faire entendre François, ton que j’ai trouvé parfois trop « parlé », mais je suis facilement passée là-dessus tellement j’ai été tenue en haleine par ce récit.


Un livre à lire, un auteur à découvrir, j'avais déjà été conquise par son premier roman "Rosa".

Et surtout j'ai aussi particulièrement aimé cette lecture car je l'ai faite en lecture-partagée avec mon amie Emmanuelle du blog les Carpenters racontent, une expérience de lecture et de partage passionnante et très sympa.


ONLIT EDITIONS, 434 pages. Octobre 2019



mardi 21 janvier 2020

"Les yeux rouges" de Myriam Leroy



Dans ce roman semi-autobiographique, Myriam Leroy raconte l'histoire d'une journaliste harcelée sur les réseaux sociaux par un homme sans limite.
Elle a utilisé sa propre histoire et celles d'autres personnes pour écrire ce roman.
La construction est assez intéressante car on entend essentiellement la voix du harceleur.

Au démarrage il est plutôt bienveillant, gentil, puis un peu insistant et lourd. On perçoit la menace sous-jacente qui monte petit à petit. Jusqu'à ce qu'elle le retire de sa liste "d'amis" et qu'il pète complètement les plombs et en fasse sa cible numéro un sur sa page Facebook ainsi que dans les multiples comptes twitter qu'il se crée.

La journaliste est évidemment victime de de remarques machistes, d'insultes, sa photo est postée retouchée de façon assez immonde, et elle a du mal à prendre du recul, elle ne peut s'empêcher de vérifier ce que cet homme écrit ainsi que les commentaires nauséabonds de ses "followers".

J'ai du mal à savoir si j'ai aimé ce livre car j'ai plusieurs fois été gênée, notamment par la critique permanente de l'entourage qui du coup pousse en arrière-plan la mise en abîme de la victime, et sa lente descente en enfer alors que c'est le sujet important. C'est peut-être moi qui me suis focalisée là dessus mais malheureusement c'est la lecture que j'en ai eu.

Il n'en est pas moins que c'est un livre glaçant sur les risques réels de cyberharcèlement et qui peut être vraiment intéressant à lire, notamment par nos ados qui parfois ne se rendent pas compte des risques qu'ils prennent sur le net.

En revanche je n'ai ni compris, ni apprécié la fin.

Seuil, 188 pages. Août 2019

jeudi 18 octobre 2018

❤️❤️ "La vraie vie" de Adeline Dieudonné



"À la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents et celle des cadavres."

La première phrase dit tout de ce roman !
C'est une jeune fille qui nous raconte.
On ne connait pas son prénom, ni celui de ses parents.

Le père est un homme violent, en colère, qui aime - dans cet ordre - la chasse, la télé et son whisky.
La mère est une amibe, une femme "retournée" sur elle-même, tellement violentée que son cerveau en parait déconnecté.
Gilles c'est le petit frère aimé, chéri, avec qui elle joue, rit et passe les bons moments de sa vie.

Mais voilà qu'un évènement tragique va tout bouleverser, et Gilles va perdre son sourire.
Dès lors notre héroïne n'aura de cesse de vouloir devenir la nouvelle Marie Curie afin d'inventer la machine à remonter le temps et redonner le sourire à son frère.

Véritable roman d'apprentissage de la vie, de la solitude, de la violence avec comme seul dessein jamais perdu de vue pour cette jeune fille, l'AMOUR.
D'abord celui de son frère, mais aussi celui d'un homme pour la femme en devenir qu'elle est, et puis celui de ses parents qu'elle cherchera toujours...

Un roman dur, violent, mais des mots doux et tendres.
Un récit original, drôle.
On ouvre ce livre et on ne peut pas le poser avant de l'avoir fini.

Un premier roman totalement réussi, une surprise littéraire, une surprise narrative.
J'ai été emporté dans cette folie douce, cette douce folie qu'est ce livre.

A lire absolument !
"La principale fonction de ma mère était de préparer les repas, ce qu'elle faisait comme une amibe, sans créativité, sans goût, avec beaucoup de mayonnaise."
"Elle nous a dit comme ça, avec sa voix de vieux klaxon et son parfum de plage : «Les têtards, vous savez, il y a des gens qu'il ne faut pas approcher. Vous apprendrez ça. Il y a des gens qui vont vous assombrir le ciel, qui vont vous voler la joie, qui vont s'asseoir sur vos épaules pour vous empêcher de voler. Ceux-là, vous les laissez loin de vous.»" 
"Chez nous, les repas familiaux ressemblaient à une punition, un grand verre de pisse qu'on devait boire quotidiennement."
"Je n'ai jamais ressenti grand-chose pour ma mère, si ce n'est une profonde compassion. À la seconde où mes yeux ont déchiffré ces cinq lettres, cette compassion s'est instantanément dissoute dans une flaque de mépris noir et puant."
"Je me suis rappelée que j'étais sur la branche ratée de ma vie. Un jour, je reviendrais dans le temps. Je pouvais tout essayer, je ne risquais rien. Je reviendrais à ce soir d'été des mes dix ans et rien de tout ça n'aurait jamais existé." 
L'Iconoclaste, 266 pages.

mardi 8 mai 2018

"L'affaire Mayerling" de Bernard Quiriny



"Les villes se droguent à la construction. Les grues innombrables sont des seringues ; le béton, une drogue. Plus la ville se pique, mieux elle se sent. Et pourtant, c'est par là qu'elle meurt."
Un nouvel ensemble immobilier se construit à Rouvières, le Mayerling, résidence cossue dans parc ombragé. Très vite tous les logements sont vendus/loués ; mais voilà très vite aussi d'étranges choses vont se produire et chaque occupant aura son petit (gros) lot d'ennuis.
Bientôt tout s'emballe et quelques propriétaires décident d'entrer en guerre contre l'immeuble qui les malmène.

Ce livre est mené comme un enquête policière pour tenter de découvrir ce qui a bien pu se passer dans cet immeuble.
Il se présente sous forme de courts petits articles, chacun avec une thématique particulière, et qui nous conduit petit à petit à comprendre l'évolution de la situation.

Nous sommes bien sûr dans l'absurde - plus que dans la science-fiction - mais c'est un moyen (ironique) de nous sensibiliser à la surexpansion immobilière.

L'auteur démarre son récit par une analyse des publicités pour les nouveaux programmes immobiliers, j'avais l'impression qu'il était dans ma tête tellement il écrit tout ce que je ressens à chaque fois que j'en regarde une, il y a toujours du soleil, des fleurs, des arbres magnifiques dans le jardin, une jolie maman blonde avec une poussette et un enfant qui sourit, des gens qui parlent devant l'entrée dans une entente qui semble tout à fait cordiale, oui en effet ça fait rêver !!
Puis il continue avec les noms de ces ensembles immobiliers, on a envie de rire, bien sûr ! Le clos de..., les Terrasses de ..., Jardins de..., Villa.... des noms de rêve, enfin qui vendent du rêve et ça s'arrête là !
Vient ensuite les noms des compagnies, toutes avec des acronymes pas possible.... et tout cela est tellement vrai...
Je connais un tout petit peu ce milieu de la construction immobilière et je trouve que l'auteur tombe très juste, y compris lorsque tout part à vau-l'eau et même si il est volontairement dans l'exagération la plus totale il est parfaitement crédible.

Bien entendu il y a un message et il est très clair, on bétonne les villes à tout va, on construit dans les villes, dans les campagnes, jusqu'où ? quelle est la limite ?
C'est assez surprenant d'avoir lu ce livre juste après celui de Éric Faye et Christian Garcin (Dans les pas d'Alexandra David-Néel) où eux-aussi s'alarmaient de l'hyperconstruction dans les villes chinoises et les campagnes.

Un livre original, bien construit 😂 (sans mauvais jeu de mots), un sujet actuel et qui nous concerne tous.
Un auteur belge que je ne connaissais pas, mais que je trouve assez intéressant.

Rivages, 271 pages.

dimanche 3 avril 2016

" Un aller simple " de Didier van Cauwerlaert


GONCOURT 1994

Aziz est arrêté par la police, avec de faux papiers... Le gouvernement veut faire de lui un exemple, le renvoyer dans son pays d'origine avec un "attaché humanitaire" qui doit l'aider à se réinsérer dans son pays, dans son village.

Sous ce prétexte, Didier van Cauwelaert, nous propose un voyage initiatique dans l'Atlas avec ce jeune Aziz (19 ans) et son "attaché" ainsi que Valérie, une guide trouvée sur place.
Une drôle d'amitié va se nouer entre Aziz, le jeune arabe encore au début de sa vie et Jean-Pierre, un brillant haut fonctionnaire, sous le regard de Valérie que plus rien ne touche.

L'histoire est brillamment menée et l'interaction entre les 3 personnages très surprenantes. La rencontre se fait pour chacun d'entre eux à un moment particulier de leur vie, où finalement chacun n'a plus rien à perdre et est prêt à aider l'autre. Mais qui sont-ils réellement ?

C'est joli et doux, un petit conte qui fait du bien. On voyage dans l'Atlas, le sable du désert, la neige des hautes montagnes, et les fonderies de Lorraine... avec toujours une très belle écriture, émouvante et touchante.

A lire !