Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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jeudi 9 avril 2020

"Les Rougon-Macquart" de Emile Zola - "La Fortune des Rougon"



Dans mon adolescence j’avais lu quelques romans de Zola et même si je n’ai pas exactement en mémoire les histoires et le texte, je me souviens en revanche très bien des sensations.
Je me souviens que j’avais aimé la langue avec laquelle on me racontait l’histoire, j’avais aimé – plus que ça même- l’ambiance dans laquelle je me trouvais, j’avais aimé les péripéties et aventures si vraies et je m’étais attachée aux personnages dont j’ai encore certain en mémoire….
Cela fait un petit moment que je souhaitais me (re)plonger dans cette gigantesque œuvre littéraire, et pour me motiver je m’étais offert le premier tome de la Pléiade de Zola !

Alors voilà, j’ai attaqué les Rougon-Maquart avec « la Fortune des Rougon », ce n’est surement pas le meilleur mais il a le mérite de poser les bases de la famille et de comprendre d’où l’on part.
Nous sommes à Plassans petite commune du Sud de la France, les quartiers sont bien séparés en fonction de la classe sociale des habitants et certains auraient bien envie d’évoluer et de changer de quartier. 
Le livre démarre au moment du coup d’état de décembre 1851 par Louis Napoléon-Bonaparte qui met fin à la deuxième République et va être à l’origine du Second Empire sous lequel se déroule toute cette saga familiale.

Pour mémoire, Adélaïde Fouque – dite Tante Dide – est à l’origine de cette grande famille, elle a d’abord épousé Rougon avec lequel elle a eu un fils Pierre, puis elle a eu pour amant Macquart qui lui donnera Antoine et Ursule. Bien entendu les demi-frères/sœur ne vont pas s’entendre.
Pierre et son épouse Félicité n’auront de cesse toute leur vie de tenter de devenir riche, tous les moyens sont bons mais c’est seulement à un âge tardif et donc à l’occasion de se coup d’état qu’ils vont enfin voir leurs vœux se réaliser et notamment grâce à l’aide de leur fils ainé, Eugène, qui se trouve à Paris et leur envoie des informations sur l’évolution de la situation et l’attitude à avoir.

L’histoire de cette famille est traversée par ce coup d’état et les rebelles révolutionnaires qui ne veulent pas abandonner leur chère République, mais aussi par la très jolie histoire d’amitié amoureuse entre Silvère (un neveu de Pierre Rougon) et Miette. Ces deux jeunes adolescents sont miséreux mais forts, vifs et ambitieux avec toute leur naïveté enfantine.

Dans ce premier roman Emile a mis en branle l’histoire de la famille Rougon-Macquart, nous pouvons déjà dessiner son arbre généalogique.
J’ai adoré me replonger dans cette époque si bien écrite et si bien rendue, je ne sais pas ce qui fait que dans l’écriture de Zola je me sens chez moi, je me sens bien et avide de savoir.
Je vais patienter un peu avant de lire le suivant mais j’ai déjà hâte de m’y remettre !


La Pléiade, 312 pages. 1871

lundi 10 septembre 2018

" 14 juillet " de Éric Vuillard



Le 14 juillet ! Cette fameuse date que nous connaissons tous, et pour cause c'est le jour de la Révolution Française ! Une belle date qui nous permet à nous aujourd'hui de vivre notre vie, et de fêter cette date aux sons des feux d'artifices et des bals populaires.
Mais ce jour-là, des hommes, et des femmes se sont sacrifiés, malgré leur peur, ils ont été au bout de leurs idées, au bout de leurs convictions pour que nous puissions avoir notre liberté.

Alors Éric Vuillard rend hommage à ces hommes et à ces femmes en racontant leur histoire, ce jour-là, il donne vie aux invisibles qui croulent sous les impôts, ceux à qui on veut encore baisser le salaire alors que le coût de la vie ne fait qu'augmenter. Oui la France est endettée mais le roi, la reine et la cour vivent dans le luxe et dépensent sans compter...

Il nomme donc ces gens du peuple, il leur donne vie, métier, famille, il nous montre la prise de la Bastille de leur point de vue, de leur vécue.
Tout en nous faisant un récit historique il ajoute du romanesque pour combler les trous, en racontant des histoires, les histoires de ces petites gens.

Dans ce court texte on retrouve le style d'Éric Vuillard de "L'ordre du jour", précis, net, incisif.

J'ai aimé le côté historique de l'historique, je me suis prise au jeu de cette pièce qui se jouait devant moi, je me suis prise à la ferveur populaire, au ras-le-bol général, et j'ai suivi pas à pas cette journée incroyable.
Et parce que finalement je ne connaissais pas si bien que ça l'enchaînement qui a mené à cette journée et son déroulé.

Actes Sud Éditions, 208 pages.

mercredi 2 novembre 2016

❤️❤️❤️ "Désorientale" de Négar Djavadi



À travers l'histoire de la famille Sadr, Négar Djavadi nous retrace l'Histoire de l'Iran.

Kimiâ est dans la salle d'attente d'un célèbre hôpital parisien en attente d'une insémination artificielle et tout en attendant l'arrivée du médecin elle se remémore son enfance en Iran, auprès de ses parents, ses soeurs, ses (nombreux) oncles...
Elle remonte à la naissance de sa grand-mère Nour, fille du Khan Montazemolmok dans la province de Mazandaran. Nour est la trentième enfant du Khan et la seule à être née avec ses yeux bleus.

Des aller-retours dans le passé nous apprennent toutes les origines et mésaventures de la famille.
Le père, Darius, est un intellectuel révolutionnaire qui écrira une lettre ouverte au Shah et deviendra l'ennemi public numéro un avec sa femme Sara. Après l'arrivée des mollah au pouvoir la situation ne s'arrangera pas et la famille devra fuir le pays.

Avec une écriture très entrainante et beaucoup d'humour Négar Djavadi nous emporte dans son h(H)istoire.

Vous me direz - encore un livre sur l'Iran ! - il est vrai que ces derniers mois il y en a beaucoup, et jusqu'à présent en ce qui me concerne seulement d'auteurs féminins. Mais chaque livre, roman, histoire est différent tout en s'appuyant sur Celle de l'Iran.
Grâce à ses différents livres j'ai beaucoup appris sur ce pays, sur son peuple, sur la difficulté de se reconstruire après un immense espoir déçu, après un autre enfermement...

Je recommande encore et encore. Ce qu'on peut dire c'est que ces auteurs iraniennes savent manier le français avec brio et conter leur histoire.

Liana Lévi, 347 pages.

vendredi 22 avril 2016

❤️❤️❤️ " Je vous écris de Téhéran " de Delphine Minoui




Delphine Minoui, née de père iranien et de mère française, n'a connu de l'Iran que les vacances téhéranaises de son enfance, vacances qui se sont interrompues au moment de la chute du Chah et de la guerre Iran-Irak.

En 1997 son grand-père vient en France pour une intervention cardiaque et sur son lit d'hôpital il lui fait sa première leçon de persan en lui citant des vers de Hafez, célèbre poète persan du XIVème siècle. Delphine n'a plus qu'une idée en tête, partir vivre en Iran, découvrir, rencontrer son pays d'origine.

Elle y vivra 10 ans, et après un départ "en fuite", il lui faudra plusieurs années pour mettre en mots ce qu'elle a vécu, ressenti, durant ce séjour iranien. Le plus facile pour elle sera d'écrire une lettre à son grand-père, parti trop tôt, pour lui parler de son pays.

Ainsi, elle nous retrace l'Histoire de l'Iran depuis la chute et la fuite du Chah, en passant par la création de la république islamique d'Iran, la guerre contre l'Irak, les protestations, les interdictions, les restrictions, les espoirs et déceptions d'un peuple à bout.
Elle vivra dans la maison de ses grands-parents avec sa grand-mère et travaillera comme journaliste.

Elle tombe amoureuse de ce pays bourrés de paradoxes, de contradictions et d'imprévus. Jusqu'au bout elle essaiera de le comprendre, de l'apprendre et de s'en faire accepter.

En 2000 elle rencontrera par hasard le fils de l'Ayatollah Montazéri qui a fait parti des pères fondateurs de la République islamique en 1979 en travaillant sur la constitution avec l'Ayatollah Khomeini lors de son exil français à Neauphle-le-chateau.
Ahmed le petit-fils lui dira :
" Mon père pense qu'il faut évoluer avec son temps. La modernité est un défi intellectuel. Ce n'est pas une épreuve de force. Pour lui, on ne peut continuer à utiliser une interprétation historique de la religion dans le monde actuel. En politisant la religion, on en détruit le sens originel... la seule solution pour sauver la réputation des religieux, c'est de sortir de la politique"
Pour ses pensées, cette évolution, il est assigné à résidence sans autorisation de visite.

L'évolution de pensée est donc possible, réelle, mais malheureusement le fossé qui sépare la société de la classe intellectuelle iranienne est immense, et l'action violente et propagandiste des bassidjis, ainsi que les slogans populistes et les promesses aux déshérités faites par Ahmadinejad lui permettront d'accéder au pouvoir. Les réformateurs sont restés trop concentrés sur des notions abstraites comme la démocratie et la liberté.

C'est un livre d'une grande sincérité, d'un amour débordant pour un pays et un peuple coupé en deux ; Delphine Minoui nous fait voyager dans le temps et dans cette immense pays qu'elle nous donne envie de découvrir. C'est une jeune femme courageuse et intelligente qui nous livre ses émotions, son désarroi.

" Très vite, ils avaient fait l'amer constat que la république islamique trahissait l'Islam plus qu'elle ne le servait".

A lire !!!!

Points, 360 pages.