Je me suis beaucoup interrogée sur les articles que je souhaite écrire, les livres dont je veux parler.

Dois-je faire un article pour chaque livre ? Ou uniquement ceux qui m'ont vraiment plu ?

La réponse je l'ai trouvé en pensant à mon club de lecture ; nous y sommes pour parler de tous les livres que nous lisons, pour échanger, discuter, alors comme l'idée est de faire un peu pareil ici, j'ai décidé de tout mettre. Il y aura donc des articles courts, des plus longs, des passionnés et des plus ternes. Certains vous donneront peut-être envie de lire le livre concerné, d'autres vous donneront peut-être envie de me convaincre...

Alors soyez indulgents, et surtout n'hésitez plus à faire un commentaire !

Au plaisir de (vous) lire.

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mardi 21 juillet 2020

Frangines de Adèle Bréau





Les frangines ce sont Mathilde, Violette et Louise qui se retrouvent pour quelques semaines à Saint Rémy de Provence dans la maison familiale. 

Mais cet été est un peu particulier car un an auparavant un événement a marqué les vacances et transformé la vie de la famille Carpentier. 

 

Mathilde, l’aînée, est mariée à Raphaël, fait du yoga et est l’heureuse maman de Pia et Paul ;
Violette la cadette est séparée de Michel avec qui elle a eu Clarisse une jeune adolescente très bien dans ses baskets, elle a quitté son job pour devenir potière,
et Louise la « petite dernière » s’est installée dans la région comme infirmière à domicile, ainsi elle reste proche de Jeanne, leur mère, qui vit seule à ‹La Garrigue› la demeure familiale.

 

Adèle Bréau nous plonge dans une vie de famille finalement assez banale et classique avec les histoires, les secrets, les disputes, les jalousies et l’amour. 
Mais elle sait rendre cette histoire attachante, touchante, émouvante, car je crois que tout le monde peut s’y retrouver, tout le monde peut découvrir un peu de sa vie et de sa vérité et apprendre, comprendre. 

 

Ce roman m’a passionnée, le portrait de chaque personnage est très juste, on retrouve toute l’ambiguïté possible d’une même personne et surtout des relations, en particulier en famille. Tout cet amour qui existe mais qui n’empêche pas les non-dits, les colères, les incompréhensions. 

Elle décrit parfaitement la famille, sa complexité, ses imperfections, le besoin que l’on peut avoir de s’y retrouver tout en ayant aussitôt envie de la fuir. 

Cette famille sur laquelle on se construit, mais qui nous construit aussi, cette famille qui nous donne un rôle dont on ne veut pas forcément, cette famille au sein de laquelle on peut se comporter si différemment que lorsque nous sommes avec nos amis, 

Cette famille qui peut être notre pire cauchemar mais qui est toujours notre refuge.

 

Les sujets abordés sont variés, assez complets, je ne veux pas trop en parler ici car il me faudrait dévoiler beaucoup trop du livre, et je ne veux pas vous gâcher ce plaisir. 

J’ai retrouvé tellement de moi, de ma famille, de ma vie, c’est fou ! 
Adèle Bréau dans une interview nous dit qu’en effet elle a eu beaucoup de retour de ce genre, comme quoi toutes les familles sont différentes et se ressemblent 😊

 

 

️ SPOILER

La fin peut paraître un peu « facile » où tout va bien dans le meilleur des mondes, mais moi cette fin m’a plu énormément, j’avais besoin de celle-là à ce moment de ma vie, et surtout la vie qui est souvent une bitch est parfois sympa aussi, donc tout à fait crédible et même nécessaire. 

Un roman proche du coup de cœur, parce qu’il a parlé à mon cœur !


JC Lattès, 350 pages. Juin 2020



"Aujourd'hui elle est en paix. Sans savoir pourquoi, Jeanne a la certitude que malgré son âge, et ce pan de vie qui est derrière elle, il lui reste des bonheurs. Pas seulement ceux d'être heureuse en famille, en bonne santé, aimée des siens - ce qui est déjà une chance immense. Non, elle a le sentiment que son histoire n'est pas complètement finie, que le destin lui a gardé un ou deux rebondissements à venir. Est-ce qu'elle se fait des idées ? Est-ce son incorrigible optimisme qui l'en persuade ? Mais après tout, qu'est-ce que cela change ? L'important, c'est qu'elle y croie. Car elle a décidé de faire confiance au destin. "


vendredi 20 décembre 2019

"Les Indifférents" de Julien Dufresne Lamy




Après la lecture de "Jolis, jolis monstres" qui m'avait bouleversée, j'ai décidé de continuer à découvrir Julien Dufresne Lamy. Il y a eu "Boom" il n'y a pas longtemps et voici maintenant le troisième.

Justine est une ado de 13 ans lorsque sa mère la sort de son internat pour l'emmener vivre dans le bassin d'Arcachon, elle doit quitter son Alsace natale, son père, toute sa vie.
Arrivée dans le Sud-Ouest elle fait rapidement la connaissance de Théo, pour le père de qui sa mère travaille. Théo l'intègre au groupe qu'il forme avec ses amis d'enfance Léonard et Daisy, les Indifférents.
Justine va grandir et s'épanouir auprès de ses nouveaux amis, elle va découvrir une nouvelle vie, une vie de petits bourgeois dans une ville où tout le monde se connait et respecte les plus forts.

Dès le début du roman on comprend qu'un drame va se produire, c'est là, sous nos yeux, on devine sans savoir, on est fébrile, on a peur.
Peur car ils sont jeunes, fou(gueux), carnassiers, amoureux ; peur car on s'attache à ce petit groupe, peur car on ne veut pas que cela arrive.

Entre les chapitres où Justine se raconte, de très courts chapitres s'insinuent, lentement, sûrement, et nous distillent à petites doses les détails sur le drame vers lequel l'histoire tend.

C'est un roman à la fois tendre et cruel sur l'adolescence, l'amitié et l'amour. Les relations entre les garçons et les filles sont très bien rendues, on sent la tension, une ambiance presque toujours comme sur un fil de rasoir permanent, tout peut basculer à tout moment dans un sens ou un autre.
L'adolescence a ce côté franc et violent, sans concession et pourtant si fragile aussi. Et pour ne pas souffrir il faut une (bonne) carapace ou faire souffrir en premier.

C'est aussi une critique de la petite bourgeoisie locale, des privilèges accordés aux riches, des petits arrangements entre "amis", que ce soit les riches entrepreneurs, l'administration, la justice...
Il y a le poids des secrets, des non-dits, le mensonge et la veulerie pour le côté "adulte".

Malgré le soleil, les vacances et la plage Julien Dufresne Lamy ne nous montre pas une jolie face de l'être humain mais ses penchants les plus vils.
Encore un très bon moment de lecture grâce à cet auteur dont je ne doute plus, on est tenu en haleine jusqu'au bout.

Belfond, 346 pages. Février 2018

vendredi 4 octobre 2019

"Jour de courage" de Brigitte Giraud


"Autodafé était un mot que les élèves découvraient, et sur lequel Mme Martel voulait qu'ils réfléchissent. Un mot dont elle leur avait prié de noter l'étymologie et dont elle avait expliqué que c'était une cérémonie expiatoire par laquelle les tribunaux de l'Inquisition avaient fait exécuter leurs jugements, le plus souvent par la destruction de personnes ou d'objets par le feu. Une définition pointilleuse que chacun s'était mise dans la tête pour le jour du contrôle, mais qu'ils avaient oubliée aussitôt. Sauf Livio" 
Livio est en terminale et doit présenter un exposé devant sa classe en cours d'histoire, le thème est l'autodafé.
Il a choisi de parler du premier autodafé commis par les nazis à Berlin en 1933 sur la bibliothèque de Magnus Hirschfeld, un médecin qui avait créé un institut pour la recherche sexuelle. Dans cet institut on pouvait trouver des laboratoires, des cabinets de consultation et bien sûr une abondance d'ouvrages littéraires, médicaux ou psychologiques en lien avec la sexualité.
Et lorsque l'on parle de sexualité on parle d'homosexualité. Et Livio en profite pour faire de manière discrète mais indéniable son coming-out devant sa classe et sa petite amie.

La majorité du roman se situe dans la salle de classe avec l'exposé de Livio et surtout toutes les diversions qu'il fait au cours de son discours.
C'est un roman court mais intense, un roman sur l'intolérance mais aussi la solitude, la solitude quand on se sent différent, la solitude à l'école parmi ses camarades et la solitude au sein de sa propre famille.
C'est mon troisième roman en un mois avec la mise en scène de jeunes garçons adolescents de 16/17 ans (l'âge de mon fils), c'est perturbant de voir tout ce qu'il peut se passer dans la tête d'un adolescent, toutes les émotions par lesquelles ils passent.
J'ai aimé que ces romans me poussent à la réflexion, à la compréhension, ouvrent mon esprit à autre chose, même si parfois ça fait un peu peur.
"On avait l'impression que Livio riait intérieurement et que la prise de parole était en train de le changer. Il découvrait le pouvoir de mots et l'emprise qu'il pouvait avoir sur son auditoire. C'est lui qui dirigeait, lui qui décidait, de ce qu'il omettait ou pas, ce qu'il soulignait ou non, ce qu'il assénait comme une vérité ou comme une hypothèse à vérifier, et c'est aussi  pour cela que leur professeure tentait l'expérience. [...] pour que chacun comprenne que la voix haute est un outil de pouvoir, et même une arme. Celle qu'utilisent les hommes d'État et les dictateurs pour manipuler le peuple, cela commence toujours par l'art du discours, les mettait-elle régulièrement en garde."
Flammarion, 156 pages. Août 2019

lundi 30 septembre 2019

"La chaleur" de Victor Jestin


C'est l'été, il fait chaud, très chaud.
Un camping où les jeunes s'amusent, font la fête le soir sur la plage, se draguent.
Et puis il y a Léonard, 17 ans, qui ne se joint pas aux autres et qui une nuit arpente le camping et en arrivant au parc pour enfants assiste à la mort d'Oscar qui s'étrangle avec une balançoire. Il ne fait rien pour le sauver, le regarde droit dans les yeux, le regarde mourir.

Le lendemain c'est la dernière journée de vacances, Léonard doit repartir avec ses parents, mais la journée est longue, s'étire... Plusieurs fois il se dit qu'il doit parler, à la mère d'Oscar, à ses parents, à Luce, aux gendarmes... mais à chaque fois il n'y arrive pas. Léonard ne sait pas pourquoi il agit ainsi.

La journée est chaude, lourde. On la vit avec Léonard, dans sa tête, l'ambiance s'épaissit, s'alourdit, l'orage approche.
Les relations entre les adolescents sont compliquées, il y a les jeux de séduction, de pouvoir, de sexe.

Léonard a-t-il tué Oscar ? Est-il responsable ?

Ce premier roman, qui se lit d'une traite, est terriblement perturbant ; l'atmosphère est extrêmement bien rendue, on sent l'air poisseux, la chaleur lourde dans le chant des grillons, les questions qui tournent dans la tête de Léonard, le cerveau qui s'embrume.

C'est flippant de voir l'écart entre la raison et l'inconscience, au moment du passage à l'acte et ensuite.
Brrrrr j'en tremble encore.... et pas sûr d'avoir saisi le message.


Flammarion, 139 pages. Mai 2019

jeudi 25 juillet 2019

"Changer l'eau des fleurs" de Valérie Perrin





Violette Trenet, née sous X, trimballée de famille d'accueil en famille d'accueil, rencontre Philippe Toussaint alors qu'elle n'a pas encore 18 ans ; une petite fille nait très rapidement et plus tard, sous la pression de  ses parents, le jeune homme finit par l'épouser.
Ensemble ils seront gardes-barrières à Malgrange-sur-Nancy, puis garde-cimetière à Brancion-en-Chalon. Enfin c'est surtout Violette qui travaille, parce que son mari est un homme qui ne fait rien - un bon à rien, est très absent et surtout très infidèle ; il finira par partir et Violette sera heureuse de ne plus l'avoir sous le nez. De drames en déceptions, de rencontres d'amour et d'amitié Valérie Perrin nous promène dans la vie de Violette.

Dans ce roman il y a beaucoup de personnages dont on suit les histoires en parallèle, avec de nombreux va-et-vient du passé au présent.
Il y a la vie romanesque de Violette mais aussi celle de certains personnages qu'elle rencontre et qui lui apporte souvent beaucoup de belles choses.
Au milieu des malheurs de la vie, il y a de beaux moments et de belles émotions, de belles histoires, c'est pour moi un peu un roman "feel-good", ce qui n'est pas désagréable de temps à autre et en particulier pendant les vacances.

Je reconnais avoir eu un peu de mal à entrer dans le livre et à m'attacher aux personnages, mais finalement je me suis fait prendre par l'histoire et par Violette ; le rythme s'accélérant aussi, les secrets se levant peu à peu, les mystères se dévoilant... on se prend au jeu et on a envie de connaitre la suite et surtout le passé.
J'ai aimé les descriptions des lieux, on se sent comme dans un cocon, surtout dans la maison du garde-cimetière et dans le cabanon des calanques de Marseille ; j'ai aimé les descriptions des personnages, on les voit, on les sent, là juste à côté de nous. Malgré les difficultés rencontrées par Violette, malgré les aléas parfois dramatiques de sa vie, il y a beaucoup de douceur et de tendresse.

Je crois que c'est un livre à lire avec simplicité car certains évènements, certains personnages ne sont peut-être pas très réalistes mais ce n'est pas grave, on a malgré tout envie d'y croire et de les suivre.

"Dans l'esprit de Philippe Toussaint, tout était simple : j'étais une fille perdue qu'il avait ramassée en boîte de nuit et il me faisait travailler en échange du gîte et du couvert. En plus, j'étais jeune et jolie, pas contrariante, de bonne composition, plutôt courageuse et il adorait me posséder physiquement. Et dans une sous-couche plus perverse de son esprit, il avait pigé que j'avais une peur bleue de l'abandon, donc que je ne partirais pas. Et avec un enfant de lui, il savait qu'il m'avais immobilisée là, à portée de sa main."

Albin Michel, 555 pages.

jeudi 14 mars 2019

"La symphonie du hasard" de Douglas Kennedy




Livre 1: Comme elle le fait régulièrement, Alice Burns rend visite à son frère Adam en prison, mais ce jour-là il lui avoue un vieux secret de famille ce qui replonge Alice vingt ans en arrière alors qu'elle est en dernière année de lycée et s'apprête à rentrer à l'université.

Alice nous transporte dans l'Amérique des années 70,  Nixon est président, il y a la guerre au Vietnam.
Son père est irlandais catholique, autoritaire, raciste, violent et un peu alcoolique, mais Alice l'adore et s'entend très bien avec lui. Sa mère est juive, irascible et agressive, malheureuse d'avoir quitté New-York pour la banlieue de Greenwich ; Alice est persuadée que sa mère ne l'aime pas.
Son frère ainé Peter est en conflit permanent avec sa famille et notamment avec le père dont il ne partage absolument pas les idées et notamment les idées politiques...
Adam, lui, aurait du devenir un grand sportif mais suite à un accident de voiture il a tout abandonné et travaille avec son père dans des mines qu'il possède au Chili, et ce au moment du coup d'état de Pinochet.
Alice va partir à l'université où elle découvrira un monde cruel tout en se prenant d'amitié pour un enseignant et d'amour pour un étudiant.
Sa vie de jeune femme démarre et elle devra faire des choix, prendre des décisions qui affecteront sa vie entière.

Livre 2 : Après une première année bien mouvementée à l'université, Alice a décidé de partir continuer ses études à Dublin au Trinity College. Elle découvre un autre monde, fermé, rigoureux, très religieux, un monde en guerre. Elle fait aussi de magnifiques rencontres et son installation dans cette nouvelle ville se fera finalement assez simplement.
Cependant certains démons du passé resurgiront pour venir chambouler cette nouvelle vie où elle avait enfin trouvé une certaine stabilité, et le "hasard" ne l'épargnera pas.

Livre 3 : Alice est retourné vivre aux États-Unis, sa famille va éclater pour trouver un épanouissement différent. Sa carrière va évoluer petit à petit, au fil de ses aventures, de ses histoires, en même temps que la grande Histoire avance elle aussi et nous mène jusqu'aux années 80 et le début du SIDA, mais aussi l'hyperconsommation et le meneur de vie qu'est devenu l'argent.

Dans l'ensemble j'ai plutôt bien aimé cette trilogie qui nous fait suivre le destin de cette jeune femme qui évolue dans un milieu intellectuel et surtout littéraire, pour finir dans une maison d'édition (le rêve !!!). Les 3 livres ne sont pas tous du même niveau selon mon goût. J'ai bien aimé le premier, moyennement le deuxième que j'ai trouvé un peu "too much" dans les évènements qui arrivent à notre héroïne, et j'ai beaucoup aimé le troisième qui est bien monté. Je me suis attachée à Alice et à ses déboires, à sa famille toxique, ses aventures littéraires...

Ici la famille est en générale pesante et plutôt nocive, avec des secrets et des relations à la limite de la perversité ; la mère n'a jamais une image très belle et est assez caricaturale dans l'ensemble, on baigne d'abord dans le milieu universitaire puis dans le milieu littéraire New-Yorkais. Les relations amoureuses ne sont pas très stables, il n'y a vraiment que l'amitié qui soit vu d'un oeil positif.

C'est la première fois que je lis Douglas Kennedy. Ce n'est pas de la grande littérature mais un bon livre avec une bonne histoire qui se déroule sur deux décennies, un peu comme une bonne série dont on s'enfile les épisodes les uns derrières les autres.
Alors je recommande pour passer un bon moment de lecture, et de détente. Une histoire attachante qui permet quelques petits retours sur l'Histoire notamment des États-unis.

Pocket, 416 pages, 368 pages, 480 pages. Traduit de l'anglais par Chloé Royer.

lundi 22 octobre 2018

❤️ "Dix-sept ans" de Éric Fottorino

C'est une histoire sur la quête des origines, la force et le poids des secrets de famille, des non-dits ; sur le temps qui passe et le manque de communication.

Tout commence lorsque Lina, 75 ans, convoque ses trois garçons pour leur révéler un secret trop longtemps enfoui dans son coeur et qui maintenant l'étouffe. Les deux plus jeunes, François et Jean, sont émus et soutiennent leur mère, tandis que Éric, 58 ans, est pétrifié et ne peut absolument pas réagir, dans un premier temps.

Mais cette révélation lui fait ouvrir les yeux sur sa mère et sur la relation qu'il entretient avec elle. Depuis de trop nombreuses années il ne la voit quasiment plus, il pense qu'il ne l'aime plus, ou pas assez, dans sa tête une petite phrase "Je ferai comme si tu étais morte."
Il se retrouve face à son histoire et commence un chemin initiatique à l'envers. Il doit retourner à sa naissance à lui pour enfin essayer de connaître et découvrir celle qui est sa mère.

Éric nous emmène de La Rochelle, à Bordeaux en passant par Nice, on quitte un océan pour une mer(e), un ciel bleu pour un autre, il recherche ses racines, il remonte dans le temps pour (re)connaître et comprendre sa mère, ses pères, ses oncles et sa grand-mère. Un chemin qui encore une fois en dit long sur les ressentis de chacun et l'interprétation des évènements.

Une magnifique histoire d'amour, touchante et émouvante dite comme une urgence, une pulsion.
De jolis mots, de belles images, on aime, on adore, ces phrases simples et sincères.
Finalement on se fiche de savoir quelle est la part de romanesque et de biographique, le tout est un plaisir littéraire et émotionnel.
"Je n'ai gardé de cette petite aucune image, rien qu'un vide immense. Irréparable et désespérant. Je pourrais douter que ce moment a vraiment existé. La seule chose qui m'est restée, c'est la violence."
"Petit garçon, lorsque Lina me disait : «Tu es né à Nice, je comprenais que j'étais né anis.» 
"Pourtant, sans le savoir, ma mère et mes pères, adoptif ou naturel, portaient en eux les germes de toutes les haines qui avaient ensanglanté le mois de juillet : les séquelles de la colonisation, l'intolérance religieuse, l'antisémitisme français, le rejet des basanés."  (Lorsque notre héros arrive à Nice c'est le mois de décembre, cinq mois après les attentats du 14 juillet...)
"Les secrets trop bien gardés sont comme des cartouches dans un stylo d'enfant. Quand ils éclatent, une encre sombre s'écoule et ça ressemble à du sang."
"Tu ne m'aimais jamais assez puisque je t'aimais toujours trop." 
Gallimard, 263 pages.

samedi 13 octobre 2018

❤️ "Les heures silencieuses" de Gaëlle Josse


Intérieur avec une femme jouant de l'épinette de Emmanuel de Witte
Dans ce texte très court, Gaëlle Josse imagine une vie à la femme qui se trouve sur ce tableau.
Nous sommes à Delft, en 1667 et Magdalena se confie à son journal intime. Elle nous raconte sa vie de fille d'administrateur de la Compagnie des Indes, puis son mariage. Elle évoque son enfance auprès de son père qu'elle chérit, la vie qu'elle aurait aimé avoir, celle qu'elle a eu, son époux, ses enfants, et puis aussi ses peurs et son secret.

C'est un roman lumineux, magnifiquement mené, dans la simplicité, dans l'étroitesse de la vie d'une femme de cette époque, d'une femme intelligente, presque féministe.
C'est beau, c'est bon, on en redemande. 
"Je ne suis ni plus sage, ni meilleure que beaucoup d'autres, mais avec le temps les peines du monde font leur chemin dans le coeur, et si l'on ne peut rien retirer des misères existantes, du moins efforçons-nous de n'en point ajouter."
"La vie ne ressemble pas à l'idée que nous en avions, et il nous appartient de savoir accepter notre sort. Je sais qu'il me reste un long chemin à parcourir pour trouver la paix, et ces propos que je m'efforce de tenir parlent à mon esprit, mais ils n'apaisent ni mon coeur, ni ma chair." 
Après la découverte cet été de cette auteur avec "une longue impatience", elle commence à rentrer dans la catégorie des valeurs sures !
J'ai lu, 89 pages.

vendredi 29 juin 2018

"La ferme du bout du monde" de Sarah Vaughan



Sans le vouloir je me suis retrouvée plongée dans une autre histoire qui se passe dans une ferme anglaise, cette fois dans les Cornouailles.
C'est une ferme isolée, au bord des falaises, une ferme dans laquelle se sont succédées plusieurs générations de la même famille.

Tout débute en 2014, fin juin, avec Lucy, infirmière en néonatalogie dans un hôpital londonien, qui découvre que son mari Matt la trompe. Elle se met à douter de son mariage mais aussi de ses capacités professionnelles. Elle décide donc de rejoindre sa famille à Skylark, dans cette "ferme du bout du monde" où elle s'est toujours bien sentie.
Elle y retrouve sa mère, son frère mais aussi sa grand-mère Maggie.

En parallèle on suit aussi une partie de l'adolescence de Maggie, dans cette même ferme pendant la seconde guerre mondiale. Les difficultés d'être adolescent pendant la guerre, l'importance du "qu'en-dira-t-on" et du regard des autres.

Les chapitres se succèdent en glissant de 70 ans en avant ou en arrière et petit à petit on découvre les secrets de famille bien cachés, mais qui finissent toujours pas éclater au grand jour.

J'ai bien aimé ce roman qui est une lecture plutôt facile, on se laisse prendre par l'envie de découvrir les secrets même si pour être honnête on comprend assez vite de quoi il s'agit.
J'ai bien retrouvé l'ambiance de la ferme dans les années de guerre, avec les vaches qu'il faut traire, la difficulté de la vie à la ferme, et en même temps le plaisir du travail accompli.
Les premiers amours et la passion qu'ils inspirent sont aussi très bien décrits.

Un bon livre pour les vacances !

Preludes, 440 pages.

mardi 29 mai 2018

"Le secret du mari" de Liane Moriarty



À Sydney, Cécilia est l'épouse et la mère parfaite ! Présente et active dans sa maison, elle est aussi parent volontaire dans l'école catholique de ses trois filles tout en étant organisatrice de réunion Tupperware. Sa vie est bien remplie, elle est admirée et admirable.

À Melbourne, Tess travaille avec son mari Will sa cousine Felicity. Tous les trois ensemble ils ont monté une entreprise qui fonctionne bien. Liam son petit garçon de 6 ans rencontre quelques problèmes  à l'école avec un autre enfant, mais au-delà de ça leurs vies tournent bien.

Rachel travaille à mi-temps comme secrétaire dans l'école des filles de Cécilia, elle est veuve et grand-mère et sa vie tourne autour de son petit-fils adoré Jacob.

Mais voilà, la vie de Cécilia va basculer lorsqu'elle va découvrir le secret de son mari. Celle de Tess va l'amener à Sydney et toutes les trois, avec Rachel, vont sans le vouloir se trouver liées.

Un super roman de plage à suspens plutôt bien organisé, un vrai page-turner (comme on dit), on se prend au jeu et on ne lâche plus le bouquin jusqu'au moment de tourner la dernière page.

Alors c'est sur que ce n'est pas de la grande littérature mais un très bon livre pour passer un bon moment sans se prendre la tête !

Attention pour les quelques messieurs qui liraient cet article je pense que c'est plutôt un livre "de fille" 😋😋😋😋

Le Livre de Poche, 498 pages.

vendredi 27 avril 2018

"Les rêveurs" de Isabelle Carré


"Voilà comme un seul geste a déterminé nos vies. Si Claire ne s'était pas précipitée, toute cette histoire n'existerait pas, et moi non plus. Je suis le fruit d'un malentendu, d'une lettre déchirée trop vite."
"Ou plutôt la rencontre de deux malentendus, mon père ne pouvant s'avouer quelle sorte de vie il souhaitait déjà, et ma mère jetant sa dernière chance au panier. Le fruit de deux orgueils blessés, qui se sont réchauffés un moment."

✿✿✿


Étant très peu cinéphile, je dois avouer que le nom d'Isabelle Carré ne me disait que vaguement quelque chose et de ce fait je n'ai pas voulu tout de suite aller voir qui elle était afin de lire ce roman "vierge" de tout préjugé. Ce n'est qu'après avoir terminé sa lecture que je me suis laissée aller à ma curiosité et bien entendu j'ai reconnu son visage.

Isabelle Carré raconte son enfance, son vécu et sa place dans sa famille en nous parlant principalement de ses parents. C'est son histoire vraie émaillée de petites touches romanesques pour les parties dont elle n'a jamais eu connaissance.

Ses parents sont issus de milieux diamétralement opposés. Sa mère vient d'une famille très bourgeoise et son père d'une famille plus pauvre de garde-barrière. 
Ils sont artistes dans l'âme et chacun d'eux porte au fond de lui un mal-être puissant qui va les diriger dans leurs différents choix de vie.

Leur rencontre tient à un hasard, mais elle tient aussi à ce qu'ils ont fait et ce qu'ils veulent faire/être.

Des parents qu'elle nous montre un peu égoïstes et tournés sur eux-mêmes, comme si les enfants ne passaient qu'après, voir ne comptaient pas vraiment. Isabelle a deux frères, l'aîné est à peine plus agé qu'elle et le second a quelques années de moins. Dans cette histoire on comprend l'importance du frère aîné dans la construction de la famille et même plus, dans sa raison d'être.
Le petit frère, lui est assez absent de ce texte. Est-ce un souhait de sa part à lui, un souhait de l'auteur ou un résultat non recherché et qui pourrait être interprété de plusieurs façons.
J'aurais presque aimé que ce livre soit écrit à plusieurs voix, l'avis, le ressenti des frères, leur vécu à eux me manquent.
Et bien sûr la version des parents auraient été encore plus intéressantes, elle aurait surement apporté une perspective différente, sans forcément les dédouaner de leurs comportements.

J'ai plutôt été agréablement surprise par ce livre que j'ai beaucoup apprécié. L'écriture est à la fois légère et précise sans guimauve. J'ai trouvé très intéressant le message de ce que l'on est par rapport aux choix de vie, que nos actes ont des conséquences.

Un joli livre plein de tendresse et d'amour.    

Grasset, 300 pages.

 #LesRêveurs #NetGalleyFrance

lundi 26 février 2018

"La Jeune Épouse" de Alessandro Baricco



Une famille étrange où l'on trouve le Père, la Mère, le Fils, la Fille, l'Oncle et Modesto le majordome.
Dans cette famille débarque la Jeune Épouse que l'on attendait plus, que l'on avait même un peu oublié.
Le Fils n'est pas là, il a été envoyé en Angleterre pour les affaires et avec aussi le secret espoir qu'il rencontre une autre jeune femme...
La Jeune Épouse s'installe donc dans cette famille et attend son promis.
Chaque membre de cette curieuse maisonnée va prendre en charge un petit bout "d'éducation" de la toute jeune fille, et ceci en révélant certains secrets les concernant. Et ceci jusqu'au retour du fils ... ou pas...

Un peu comme un conte, cette histoire farfelue n'apporte pas vraiment grand chose, je n'ai pas bien compris le but de l'auteur, qui pour la deuxième fois en peu de temps me déçoit quelque peu (cf Novecento : pianiste )

Le narrateur change sans avertissement, presque au milieu des phrases, tout à coup c'est le personnage dont il est question qui se met à être le narrateur lui-même, et puis parfois l'auteur s'invite aussi dans son texte, ce qui parfois me plait m'a plutôt ennuyé ici car pas tellement bien fait.

La narration est dense, touffu, parfois lourde. J'avais par moment les mêmes sensations d'atmosphère qu'en lisant "Belle du Seigneur" (que je n'avais pas aimé...), sensations probablement liées aussi au fait que l'auteur reste lui-même très éloigné de ses personnages.

Bref un livre plutôt bizarre que je n'ai pas spécialement aimé...

Folio, 251 pages.

lundi 29 janvier 2018

❤️ "Parmi les miens" de Charlotte Pons



Manon est l'aînée d'une fratrie de 3, Gabriel est juste derrière elle, deux ans plus jeune, et plus loin, vient Adèle, 12 ans plus jeune.
Ils sont adultes, ne se fréquentent plus tellement, chacun a sa vie, ses regrets, ses rancoeurs.

Mais voilà, leur mère, Elsa, a un accident de la route, elle est dans le coma puis dans un état semi-végétatif.

Les deux soeurs et le frère se retrouvent, avec le père, autour de cette maman qui n'en ait plus vraiment une. Chacun réagit à sa façon, selon son vécu, son ressenti, son émotion. Chacun est différent, et surtout chacun avait sa propre relation à sa mère, une relation personnelle, individuelle qui n'est pas celle des autres. Ceci est valable pour tous, et pas toujours facile à gérer en "temps normal", alors en cas de crise cela devient assez compliqué. Et de vieux ressentiments réapparaissent, les non-dits ressortent, on se blesse, on se heurt, on se fait mal.

C'est Manon qui nous raconte l'histoire, c'est elle l'aînée, celle qui ne pleure pas, celle qui est assez radical, qui "rentre dans le lard", dit ce qu'elle pense sans prendre de pincette.
"...Je sens qu'elle est sur ses gardes depuis que j'ai si crûment exprimé le fond de ma pensée, et je prends soin de ne pas entrer dans son jeu. Je réponds visite, ménage, courses et repas pour papa ; elle réplique que ça ne remplit pas une journée. Je réponds que c'est ce qu'on attend de moi, l'aînée ; elle me dit que c'est insupportable cette façon que j'ai de tout vouloir porter."
"Toujours cette méfiance dans sa voix. Mais qu'ai-je bien pu lui faire pour qu'elle me considère ainsi, comme une ennemie ? Qu'est-ce qu'elle trimballe que j'ignore ? Et quand cela a-t-il débuté ?" 
Et puis petit à petit, les semaines et les mois passant, la situation ne s'améliore guère, et certains secrets font surface, et chamboulent encore une fois les relations des uns et des autres.

Premier roman pour moi plutôt réussi, très bien écrit et très bien mené. L'histoire est assez "dur" et je me suis pas mal identifiée à Manon sur beaucoup de perspective, de façon d'agir/réagir/interagir.... parfois ce fut très troublant.
Ce livre a eu des résonances très particulières qui ont probablement fait qu'il m'a touché, qu'il m'a ému, qu'il m'a eu.

L'incipit nous jette directement dans le bain, de l'histoire et du style :
"Il y a peu de choses que je n'acceptais pas venant de maman. La voir mourir en faisait partie."
Je trouve cette première phrase très belle, en tout cas elle a beaucoup d'écho chez moi, et elle me trouble beaucoup.

Le traitement du rapport au corps, du vieillissement, de la perte d'autonomie, de la dépendance est vraiment intéressant. Ce dégoût de la peau flasque, de ce corps qui n'est plus celui de l'être aimé ou si peu. Beaucoup de questions naissent, d'interrogations sur ce que l'on ferait soi-même dans cette situation, des choix que l'on prendrait, ce que l'on ressentirait....
Mes petits bémols sont que j'aurais peut-être aimé que les personnages soient un peu plus fouillés, notamment le père, j'aurais voulu en savoir plus sur lui et son ressenti. C'est Manon qui nous raconte, c'est surtout elle que l'on découvre mais c'est vrai que son frère et sa soeur sont importants et particuliers et quelques éléments nous manquent sur leurs relations.

Flammarion, 191 pages.

mercredi 17 janvier 2018

❤️ "Encore vivant" de Pierre Souchon



Pierre Souchon est journaliste pour "Le Monde diplomatique" et "L'Humanité", avec "encore vivant" il écrit son premier livre qui est un récit autobiographique au cours duquel il nous raconte sa maladie.
En effet Pierre Souchon découvre vers 20 ans qu'il souffre de bipolarité, un diagnostic qu'il lui faudra reconnaitre, admettre, accepter afin de pouvoir vivre avec, vivre malgré.

Il vient de trouver un nouveau travail, s'est marié il y a quelques mois avec Garance issue d'une famille bourgeoise parisienne, mais tout bascule, il vit une phase maniaque intense au bout de laquelle il est récupéré à moitié nu en haut de la statue de Jean Jaurès mangeant du buis...
Hospitalisé en psychiatrie il aura de nombreuses visites de son père au cours desquelles il pourra évoquer son passé, ses origines cévenols paysannes, revenir sur les possibles raisons de son mal-être, enfin accepter sa maladie, son traitement.

En nous racontant cette hospitalisation, Pierre Souchon revient sur les débuts de sa maladie, les premières crises, la première hospitalisation, la peur de ce monde (de) fou. Et comment il est arrivé à enterrer son passé pour pouvoir avancer dans sa vie à lui.

Certes une fragilité génétique est largement reconnue dans les causes de la bipolarité, mais il y a aussi des "déclencheurs", et notamment pour Pierre Souchon, on comprendra qu'en plus des "declencheurs" classiques le secret, le poids du secret, a eu un impact énorme sur son histoire.

Il nous replonge dans la condition paysanne, le pays cévennol, son enfance où l'on parlait encore l'occitan, ses grands-parents qui ont eu la vie si dure...

Un premier livre vraiment très réussi. Pierre Souchon étant journaliste, il écrit depuis longtemps mais son besoin était d'écrire un livre, il l'a fait et très bien fait. Il manie la langue brillamment. Que ce soit à l'HP ou dans les châtaigneraies cévenols, il nous transporte avec tact et finesse.
Il y a aussi de la violence, parce que ce qu'il vit, ce qu'il ressent est violent, mais c'est un magnifique plaidoyer pour ces malades et leurs symptômes pas tout à fait comme les autres, lorsque le symptôme touche l'humeur, le comportement, nous autre avons tendance à "juger".... comme il l'explique très bien lorsqu'il parle des visites qu'il n'a pas reçu de sa famille et de ses amis alors qu'il était hospitalisé et toutes celles que sa soeur a eu pour une intervention sur un organe, une maladie avec de "vrais" symptômes; toute la nuance du jugement.

J'ai aimé sa manière de se livrer, sans retenu, simplement, j'ai aimé la relation avec le père, douce et tendre, complice. J'ai aimé sa sincérité, sa franchise.

« - Il faut jamais se vanter, Chichi. Il faut être humble. Tu sais d'où ça vient, "humble" ?        - Non ?                                                                                                                                   - De humus, la terre. Comme nous. »
« C'est très intéressant, les bibles. La charité, l'attention, l'amour de son prochain, dedans c'est tout expliqué, et le prochain peut méditer dans son asile, parfois pendant trente ans, ça laisse un peu de temps. »
 « La famille Claudel, de nouveau, vide un de ses membres à l'asile. Comme ce catholique clan confit de bourgeoisie avait condamné les fulgurances et les transgressions amours d'une artiste, la laissant agoniser de faim au bout de la longue nuit de l'internement, le voici, un siècle plus tard dressé tout entier pour détruire jusqu'à la trace d'un aliéné qui avait espéré, le temps d'une noce, s'incorporer dans leur sainte trinité - vanité des vanités ! Et que crève la différence, au fond d'une piaule dénudée ou au bout d'une corde, pourvu que l'honneur de la tribu soit préservé. »
La brune au rouergue, 248 pages.

mercredi 9 mars 2016

"La cache" de Christophe Boltanski

La Cache

PRIX FEMINA

L'histoire :

Christophe Boltanski revient sur l'histoire de sa famille, depuis ses arrières-grands-parents qui ont quittés Odessa jusqu'à nos jours. Une famille d'artistes et d'écrivains, une famille "refermée" sur elle-même, qui a peur de tout et se suffit, qui vit comme dans un cocon comme si le monde passait juste devant leur porte sans jamais s'arrêter.
L'idée de départ est plutôt originale puisqu'il raconte l'histoire de la famille en partant de chacune des pièces de la maison familiale, petit schéma à l'appui.

Mon avis :

Bon, bon, bon, l'histoire pourrait être intéressante ... et en même temps encore une histoire d'une famille immigrée, une famille juive qui fuit les pogroms, encore une histoire d'une famille un peu particulière... mais finalement ne sommes-nous pas tous issus d'une famille avec sa propre histoire particulière, ses propres démons, ses propres secrets ?

Du coup pour rendre "son" histoire de famille intéressante, il faut faire un petit effort d'originalité, de narration, de style ... ce que l'auteur a tenté de faire avec ses chapitres ayant pour titre chacune des pièces de la maison.
Là, ça n'a pas fonctionné pour moi même si je suis allée au bout. Je ne me suis pas spécialement ennuyée, mais je n'y ai trouvé aucun intérêt, les personnages ne sont absolument pas attachants (parfois même énervants), et le style de récit est très lourd, trop lourd pour moi. C'est un cafouillis sans nom, ça part dans tous les sens et on n'est pas beaucoup aidé pour s'y retrouver. Je n'ai jamais compris ce que l'auteur faisait si souvent chez ses grands-parents (y vivait-il à l'année ou ne parlait-il que de ses visites régulières ? ) Impossible aussi de faire un arbre généalogique compréhensif avant presque la fin du livre, donc j'ai passé mon temps à me demander de qui on parlait, quels étaient les liens, qui faisait quoi et où ...

J'avais vu une interview de l'auteur que j'avais trouvé plutôt intéressante, la journaliste avait l'air très enthousiaste, et notamment en parlant de cette fameuse "cache" dans laquelle le grand-père se repli dès qu'un danger s'approche pendant la seconde guerre mondiale, et c'est ce qui m'intéressait, malheureusement on ne parle de cette fameuse cache que loin dans le livre et peu de temps.

Fallait-il vraiment donner le "prix Femina" à ce roman ? Est ce parce que Boltanski est un nom célèbre ou parce que l'on y parle de la seconde guerre mondiale. Personnellement je pense qu'il y a bien d'autres romans qui auraient mérités ce prix. Mais encore une fois ce n'est que mon avis personnel !!